Carignan et Abrinord testent la rivière du Nord

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Alexandre Cayla, août 2007 – Pour être capable de reconquérir les usages d’une rivière, la première étape est d’effectuer un portrait de sa santé globale. Toutefois, depuis les années 1990, le nombre de stations d’échantillonnages du MDDEP sur la rivière du Nord a été réduit à trois. Pour pallier au manque d’information qui en découle, Abrinord et l’équipe du Dr. Richard Carignan ont décidé de prendre le relais et d’échantillonner mensuellement l’ensemble du cours d’eau.

D’entrée de jeu, il faut mentionner qu’il ne s‘agit pas d’un partenariat, les deux parties ayant choisi de travailler de manière complémentaire. L’équipe du Dr. Carignan prendra la majorité des échantillons cependant comme ceux-ci devront être évalués selon plusieurs paramètres, Abrinord allègera leur tâche en se chargeant de l’analyse de la concentration en coliformes fécaux de 9 points sur un total de 22. Pour s’assurer d’avoir un portrait le plus fidèle possible de la rivière, et ce, du Lac Brulé jusqu’à Sainte-Agathe, ces points seront disposés à intervalle régulier et toujours en aval de lieux dont l’impact est mesuré.

Observer pour mieux comprendre

Lorsque le Journal a contacté le Dr. Carignan pour avoir plus de détails sur le projet, sur ses objectifs et ses hypothèses de départ, celui-ci a rapidement clarifié les choses : «Il ne s’agit pas d’une recherche, ce que nous faisons, c’est de l’observation, nous recueillons de l’information sur la qualité de la rivière. En ce qui concerne les hypothèses de départ, comme c’est du ‘monitoring’, il n’y en a pas. Par contre, ce que nous savons, c’est que la rivière du Nord est dans un état lamentable et que la qualité de l’eau se détériore dans les zones peuplées, particulièrement après Saint-Jérôme».

Un travail nécessaire, pas révolutionnaire

Il est à noter que ces activités de «monitoring» ne sont pas financées par le gouvernement, mais par les deux parties qui doivent piger à même leurs budget pour financer ce suivi. C’est d’ailleurs ce qui explique l’échantillonnage fait selon une fréquence mensuelle plutôt qu’hebdomadaire.

«Vous savez, rajoute le Dr. Carignan, je suis financé pour faire de la recherche originale. Évaluer la qualité de l’eau de la rivière n’est pas très original, c’est un travail de ‘monitoring’ de base, il faut donc que je pige dans mes fonds de recherche pour envoyer mon équipe échantillonner une fois par mois. Ça s’apparente plus à un service à la population et ça me coûte très cher, alors je ne peux pas tout faire».

Toutefois, lorsque la question concernant la responsabilité du MDDEP face aux prises d’échantillons est abordée celui-ci se garde bien les blâmer. Selon lui, le problème ne vient pas tant d’un manque de volonté que d’un manque d’argent.

«Avec tous les mandats qui lui ont été attribués, il faudrait sextupler ses budgets pour que le MDDEP puisse faire son travail convenablement. Le ministère de l’Environnement de l’Ontario a trois fois plus de budget et a quand même de la difficulté, on ne peut pas s’attendre à des miracles».

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