Mieux budgéter le traitement des eaux usées

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Isabelle Schmadtke, juillet 2009 – Pour certains, le jugement contre la ville de Sainte-Agathe dans le dossier de la rivière du Nord peut sembler sévère.  Après tout, selon les statistiques, ce n’est pas la ville de Sainte-Agathe qui en est le plus gros pollueur. Les chiffres du SOMAÉ (Suivi des ouvrages municipaux d’assainissement des eaux) accordaient même à la Ville de Sainte-Agathe une note parfaite dans son rapport de performance. 

Nonobstant tout cela, des lacunes existaient. Système de racloir pris dans la glace, moteurs qui gèlent par froid intense, enregistreur de débordement défectueux, nous raconte le maire Laurent Paquette, de Sainte-Agathe, lors d’une entrevue qu’il a accordée au Journal le 1er avril. Ceci ne convenait pas aux normes et c’est ce qui a en partie mené au jugement. Le maire s’en est d’ailleurs dit surpris, car les notes du SOMAÉ ne laissaient pas présager un tel bilan.

Depuis, M. Paquette nous a précisé que plusieurs éléments défectueux ont été corrigés, tel : un toit installé au-dessus du racloir pour mieux le protéger du froid, des lampes UV près des moteurs pour empêcher le gel, la calibration de l’enregistreur des débordements effectuée afin que les données soient captées selon les normes.

Pour nous permettre de mieux comprendre la situation actuelle de sa ville, le maire nous fait un historique rapide. La ville de Sainte-Agathe s’est beaucoup développée de 1900 à 1960.  L’urbanisation s’y est faite relativement rapidement, ces infrastructures sont donc aujourd’hui vieillissantes et certaines doivent être changées à grands frais. Au fil des ans, les administrations municipales se sont succédé avec chacune leurs stratégies, certaines faisant des coupes budgétaires, histoire de ne pas augmenter les taxes, ne corrigeant malheureusement pas les problèmes. Ces temps-là  sont terminés.  Le maire dit qu’il se serre la ceinture depuis quelques années et qu’il a également dû augmenter les taxes. Plusieurs projets ont été menés à bien, dont l’installation d’un capteur de sédiments au lac des Sables, ainsi que la revitalisation de ses berges. Un nouveau site de neige usé a aussi été retenu et aménagé, en plus de ce qu’il fallait dépenser pour comprendre, étudier et surveiller le phénomène des algues bleues. Le maire dit : « Quand on fait tout cela dans une année, on ne règle pas tous les problèmes… On a même essayé de ne déneiger qu’un trottoir sur deux pour économiser; pas populaire comme initiative, j’en reçois encore des échos ! »

Prendre conscience de nos déversements

Le maire Paquette mise aussi sur la sensibilisation de la population à la surconsommation d’eau : « Avons-nous vraiment besoin de faire couler l’eau pendant que nous nous brossons les dents ? Devons-nous évacuer chaque caillou et grain de sable de notre entrée de garage, à l’aide d’une laveuse à pression ? » Il accueille favorablement le programme écolier poisson jaune de sensibilisation à la qualité de l’eau (Yellow Fish Road proGram). Grâce à ce programme, les résidants prennent conscience des produits domestiques qui pénètrent dans les égouts pluviaux par des tuyaux souterrains et qui se déversent directement dans les rivières, les cours d’eau et les lacs. Les substances chimiques que renferment ces produits risquent de contaminer l’eau potable en plus de nuire à la vie aquatique. Les jeunes peignent des symboles de poissons jaunes sur les collecteurs d’eaux pluviales (bouche d’égout) afin de rappeler aux gens la destination finale de tout ce qui pénètre dans le collecteur. Le maire adhère fermement au principe de ne pas faire aux autres ce qu’on n’aime pas qui nous soit fait, et parle donc de cheminement graduel pour l’amélioration des infrastructures de sa ville, faute de moyens pour y arriver plus rapidement.

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