Pourrons-nous éviter le mur ?

Odette Morin

Odette Morin

Originaire de Prévost, Odette Morin collabore bénévolement avec le Journal des citoyens depuis 2004. Dès le départ, elle a proposé à l’équipe de rédaction de publier des recettes dans les pages Journal, une idée qui fût reçue avec enthousiasme. Depuis, cette passionnée de cuisine signe chaque mois la chronique Pour le plaisir du palais. Elle réalise également le mot croisé et le mot perdu, tout en s’occupant du concours DÉFI depuis 2006. À l’occasion, elle rédige des textes d’opinion, qui témoignent de sa grande sensibilité environnementale. Odette Morin est avant tout horticultrice, mais elle perçoit l’écriture comme un cheminement personnel qui lui permet de s’évader et de formuler sa pensée.
Odette Morin

Les derniers articles par Odette Morin (tout voir)

Faits divers et entrefilets

Le mois de novembre aura été chaud, non seulement sur le plan climatique, mais aussi médiatique. Les déplorables attentats de Paris auront accaparé toute l’attention et pour cause, on souhaite tous que plus personne n’ait à subir ce genre de carnage. Triste coïncidence que celle des catastrophes environnementales au Brésil et en Indonésie. Celles-ci auront été ignorées par les grands médias. Entre les pubs, le sport, les pubs, le terrorisme, les pubs et les tueries chez nos voisins, il ne semble plus y avoir de place pour autre chose. Les chaînes d’information en continu omettent de nous parler de ces événements incroyablement importants pour comprendre vers quel impitoyable mur nous nous dirigeons. Si leur mission était vraiment l’information, ils auraient à cœur de conscientiser la population sur les effets néfastes de cette société de consommation pour ne pas dire de gaspillage. Moins de sport, plus d’environnement. On peut toujours rêver !

L’Indonésie brûle

L’Indonésie, un pays de forêts tropicales humides, est en train de brûler dans la plus grande indifférence de l’Occident. La cause de ces incendies : la culture sur brûlis de palmiers à huile. L’huile de palme, omniprésente dans la nourriture du commerce a remplacé les gras trans; elle fait aussi partie de la recette de certains biocarburants. Les grands de l’industrie agroalimentaire se sont lancés sans réserve dans cette culture on ne peut plus lucrative. Ils vont même utiliser des crédits carbone pour la financer faisant croire, par quelques entourloupettes, qu’il s’agit de développement durable. De plus, la corruption et le laxisme des autorités et des industriels sont bien documentés. En 2015, la pollution a atteint des niveaux 300 fois supérieurs à ce qui est considéré comme dangereux. Depuis le début de l’année, les incendies ont émis 600 millions de tonnes de CO2, soit l’équivalent des émissions (annuelles) de l’Allemagne. Les maladies respiratoires rendent malades des dizaines de milliers d’Indonésiens et tuent des milliers d’enfants.

Catastrophe au Brésil

Quant au Brésil, il a connu la pire catastrophe environnementale de son histoire. Dans la province de Minas Gerais, la rupture d’un barrage de l’entreprise Samarco retenant les résidus d’une mine de fer a provoqué une coulée de boue toxique de plus de 50 millions de tonnes. En plus d’avoir ravagé le village de Bento Rodrigues y faisant au moins 13 morts, elle a tué des milliers d’animaux, dévasté des zones de forêt tropicale protégées et privé d’eau plus de 280 000 habitants. Des milliers de personnes se retrouvent privés de leur gagne-pain, surtout ceux qui vivaient de la pêche et du tourisme. Chargée entre autres d’arsenic, de plomb et de chrome, la coulée s’est déversée dans la rivière Rio Dolce y tuant tous les poissons. Sur internet, on peut voir plusieurs photos aériennes dont celle du Rio Dolce, chargé de boue toxique se jeter dans l’Atlantique. L’entreprise et ses partenaires ont nié la présence d’éléments toxiques dans cette boue disant qu’elle ne contenait que du sable et de l’eau.

COP 21

Malgré le climat de tension post 13 novembre, les décideurs de ce monde flanqués d’une multitude de lobbyistes des énergies fossiles, se réunissaient à Paris pour décider de l’avenir de la vie sur terre. C’est bien de cela dont il est question, non ? Lidy Macpil (de Global Campain to Demand Climate Justice) affirme que cette entente est nettement insuffisante et qu’en réalité, elle va mener à une augmentation de 3 degrés, car avant que de réelles mesures soient prises, les émissions de GES vont continuer à augmenter. Selon elle, l’entente ne mérite pas toute cette excitation et ce battage médiatique. Elle ajoute que les médias ne font que la promotion du discours des riches gouvernements et des corporations lesquels ne veulent pas changer le système en profondeur, ce qui serait la seule façon de s’attaquer aux changements climatiques.

Une vidéo, pour plus d’information

https://www.facebook.com/newint/videos/10153277662438461/?theater

Imprimer