Piedmont sans ses enfants, c’est non!
« Ça prend tout un village pour élever un enfant »

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Plusieurs parents préoccupés par l’impact de la décision de la Commission scolaire des Laurentides (CSL) du transfert de leurs jeunes enfants de Saint-Sauveur à Sainte-Adèle dès septembre prochain essaient de faire entendre leur désarroi aux élus de la CSL répétant de toutes les manières l’adage « Ça prend un village pour élever un enfant ».

Leurs préoccupations touchent à l’importance du lien entre l’école et le milieu social (le village) et la qualité de l’enseignement. Il semble que la CSL reste sourde et les parents demandent aux citoyens de Piedmont, mais également à ceux de la MRC des Pays-d’en-Haut de se faire entendre. Les citoyens de Piedmont sont invités à signer une pétition d’appui aux parents et aux écoliers.

Le regroupement, Piedmont sans ses enfants c’est non, tenait le 10 mars une réunion citoyenne pour partager leur démarche et leur frustration afin de se faire entendre par les élus et la hiérarchie scolaire. Ils ont présenté un survol du dossier et ont commencé à définir les interventions à venir.

La CSL a tenu sa consultation auprès des parents du 10 décembre au 27 janvier, en plein congé des Fêtes. Consultation réelle ou apparente ? « Consultation cosmétique », disent les parents. Ils parlent ici de l’absence de délais suffisants, d’information erronée et manquante. Le regroupement des parents considère que « la CSL n’a pas respecté son devoir de véritable consultation ». Ils ont dû recourir à la Commission d’accès à l’information pour obtenir des réponses partielles à plusieurs questions. Ainsi, ils ont appris que la décision initiale d’agrandir l’école Marie-Rose à Saint-Sauveur a été modifiée pour l’agrandissement de l’école Saint-Joseph par un simple échange de courriels. La décision de la CSL a été prise à huis clos. Les parents n’ont pu obtenir de réponses quant aux paramètres ayant guidé cette décision.

Parmi les facteurs reconnus de la réussite scolaire, on retrouve la longueur du transport en autobus, la taille de l’école et l’ancrage de l’école dans son milieu. De toute évidence, ces facteurs ont un impact sur tous les élèves et parents de la MRC, dont plusieurs enfants de l’ouest de la MRC qui subissent tous ces déterminants.

Pour les parents de Piedmont, leur « village », leur milieu de vie est Saint-Sauveur avec la bibliothèque, le parc Molson, sa patinoire, ses sentiers pour le vélo et autres activités; une réalité différente, mais similaire pour les enfants d’autres villages dans les Laurentides.

L’OCDE (organisation de coopération et développement économique) publiait en 2014 une étude* faisant une revue des travaux de recherche sur l’utilisation efficace et efficiente des ressources en milieu scolaire. On s’intéresse en particulier à la tendance dans les années 80 à augmenter la taille des écoles se basant sur la prémisse que de plus grands ensembles peuvent offrir des programmes pédagogiques variés. Par contre, on y indique que le décrochage est moins important dans les petits établissements démontrant que ces élèves ont fait des études plus longues et leur salaire est plus élevé. On y suggère que les programmes d’études particuliers peuvent aider à contrebalancer le désavantage des plus grosses écoles. Une des demandes des parents de Piedmont est un ou de nouveaux programmes arts/sports/langues études ouverts à tous les élèves de la CSL.

Au Conseil de la MRC des Pays-d’en-Haut, tenu en mars, des aînés de Wenworth-Nord ont demandé aux élus de démontrer plus d’engagement relativement à la culture et à l’éducation. Le maire de Lac-des-Seize-Îles leur a répondu que le Conseil prévoit rencontrer les représentants de la CSL sous peu pour partager leurs préoccupations. L’éducation est une question qui touche toutes les générations, au cœur de la vitalité économique et sociale du milieu.

* OECD Education Working Papers No. 106

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