Projet pilote au lac Ouimet
Pour mieux comprendre les variations du niveau de l’eau

Photo aérienne ABVLACS 2015-06-26. Yves Pelletier, Jean Thuot et Jean Massé.Photo aérienne ABVLACS 2015-06-26. Yves Pelletier, Jean Thuot et Jean Massé.
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Jean MasséIl s’agit d’un projet pilote qui devrait débuter au printemps 2016 pour s’échelonner sur trois années consécutives. Les acteurs principaux de ce projet sont les résidents du lac Ouimet eux-mêmes. Après une quinzaine d’années à tenter de rallier la Municipalité à leur cause, ces citoyens ont vu cette année les élus acquiescer à leur demande, du moins en partie. 

Il s’agit d’un projet porteur au plan environnemental et également au niveau de l’implication citoyenne. Il met en scène plusieurs acteurs, soit le collectif du lac Ouimet, la municipalité de Sainte-Anne-des-Lacs, le Centre régional en environnement des Laurentides (CRE Laurentides), l’Agence des bassins versants de Sainte-Anne-des-Lacs (l’ABVLACS) ainsi que le chercheur et professeur réputé Richard Carignan.

Cette recherche a pour but d’étudier les variations du niveau d’eau du lac Ouimet (un des plus beaux lacs de la région), d’en mesurer les impacts sur l’environnement, et le cas échéant, de mettre de l’avant des solutions durables dont le but central est de protéger la santé de ce plan d’eau unique. Pour convaincre les élus de passer à l’action, le collectif du lac Ouimet a déposé en juillet dernier une pétition de 84 noms auprès du conseil municipal. Cette démarche citoyenne a vraisemblablement convaincu la mairesse et les conseillers qu’il existait une inquiétude réelle au sein de ces résidents quant aux effets négatifs des variations de niveau d’eau qu’ils observent de façon empirique depuis plusieurs années.

De son point de vue, le collectif du lac Ouimet soupçonne le barrage actuel et son exutoire d’être la cause principale des variations du niveau d’eau du lac. Mais pour être en mesure de poser un diagnostic juste, l’approche scientifique constitue la meilleure avenue. C’est ce sur quoi le collectif et les élus se sont entendus en acceptant d’être partenaires dans ce projet.

Cette recherche a pour but d’étudier les variations du niveau d’eau du lac Ouimet (un des plus beaux lacs de la région) [et] d’en mesurer les impacts sur l’environnement. 

Ainsi, la municipalité a prévu dans son budget 2016 une somme de 8 230 $ pour faire l’acquisition des équipements hydrologiques nécessaires pour mener une telle étude. Lorsque le travail de cueillette de données sera complété, les équipements municipaux pourront servir aux citoyens d’autres lacs aux prises avec ce type de problématique. Comme il s’agit d’un partenariat, le collectif du lac Ouimet a accepté en contrepartie de défrayer les coûts de l’étude ainsi que l’accompagnement social et environnemental liés au projet, et ce, au moyen d’une campagne de financement volontaire. Les dons des résidents du lac Ouimet seront acheminés à l’ABVLACS qui agira à titre de gestionnaire financier.

L’étude sera effectuée sous la direction du Dr Richard Carignan dont les travaux menés dans le domaine de l’environnement sont bien connus, notamment ceux réalisés sur de nombreux lacs des Laurentides. Pour ce faire, il pourra compter sur l’implication et la participation du service de l’environnement de la municipalité et de sa directrice, Mme Jacqueline Laporte.

Quant au CRE Laurentides, il aurait pour principal mandat d’accompagner sur le plan social et environnemental les résidents du lac Ouimet. À cet égard, il verra à exposer aux résidents les enjeux et les effets des variations de niveau d’eau ainsi qu’à faire œuvre de pédagogie sur ces matières. De plus, il animera un forum de discussion axé sur le partage de l’information et la résolution de problèmes. Ce lieu de discussion servira également à répondre aux inquiétudes des résidents et, le cas échéant, à construire un large consensus au sein des partenaires sur les solutions qui pourraient être mises de l’avant par cette étude scientifique.

Il est heureux de constater que des solidarités peuvent se construire entre les citoyens, les élus, les scientifiques et les organismes environnementaux. Ce type d’initiative ne peut cependant s’élaborer qu’à partir d’une participation citoyenne, d’une implication des décideurs politiques et des spécialistes ainsi que de la collaboration communautaire. Pour reprendre une pensée inspirante d’un organisme des Laurentides*, je dirai que : « Tout seul on va peut être plus vite, mais ensemble on va plus loin ».

*Section Laurentides de la Société canadienne de la sclérose en plaques.

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