Point de vue des médias écrits communautaires du Québec

Yvan Noé Girouard, directeur général de l’Association des médias écrits communautaires du Québec.Yvan Noé Girouard, directeur général de l’Association des médias écrits communautaires du Québec.
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Réflexions sur la transmission de l’information « hyperlocale »

Yvan Noé GirouardLes représentants de 44 médias écrits communautaires étaient réunis en congrès à Québec le week-end du 22 au 24 avril dernier sous le thème « 35 ans d’information locale ». Au cœur de leurs préoccupations, l’écriture journalistique, la déontologie, l’actualité locale et le virage Web, autant d’éléments qui peuvent permettre de desservir adéquatement la population locale.

D’entrée de jeu, la conférence de monsieur François Demers aura donné le ton en décrivant l’évolution de la presse alternative et communautaire depuis les années 60 et 70, une presse communautaire qui, depuis, a pris sa place dans les petites municipalités et quartiers de ville. Les mini-conférences de clôture, menées par des représentants de journaux provenant de Cookshire-Eaton, Trois-Pistoles et Témiscaming, auront démontré le rôle nécessaire d’une presse hyperlocale non seulement comme transmetteur d’information, mais aussi comme acteur principal de l’évolution de certains dossiers.

Information locale

L’Association des médias écrits communautaires du Québec compte 87 membres répartis à la grandeur du Québec. La majorité des personnes qui écrivent dans ces journaux communautaires le font bénévolement. Il faut savoir que, bénévoles ou pas, les journalistes de la presse communautaire sont soumis aux mêmes règles que ceux des grands médias. Outre la déontologie journalistique à respecter, le journaliste de la presse communautaire doit aussi se demander de quelle manière il doit rédiger ses textes afin de bien servir ses lecteurs.

La proximité est un gage d’intérêt, car une nouvelle provenant du milieu que couvre le journal communautaire concernera davantage les lecteurs.

Virage Web inévitable

Fait inévitable, la transmission de l’information hyperlocale se doit d’exister. Toutefois, la question qui semblait préoccuper les congressistes est de savoir si cette information doit continuer d’être transmise par le journal imprimé ou si elle doit l’être par le Web. Nouveau dilemme. Pour l’instant, les deux moyens de diffusion doivent être complémentaires. Les plus âgés tiennent à leur édition papier tandis que le Web serait l’occasion idéale pour attirer une nouvelle génération de lecteurs. On n’a pas le choix, on s’en va dans cette direction. De toute façon, grâce aux subventions accordées par le gouvernement du Québec dans le cadre du Plan culturel numérique, la majorité des journaux de l’AMECQ ont pu entreprendre ce virage sans pour autant laisser tomber la version papier de leur journal.

Le Web constituera-t-il la nouvelle façon de traiter « l’hyperlocal » ? Permettra-t-il d’agrandir le lectorat au-delà des limites territoriales en permettant, par exemple, à des personnes ayant déjà vécu dans un village ou une municipalité de garder des liens étroits avec leur ancien lieu de résidence ? Tout est possible. Le fait est que les artisans de la presse écrite communautaire doivent se tourner vers les nouvelles technologies.

Une presse libre et engagée

Majoritairement, les journaux communautaires membres de l’AMECQ desservent de petites localités. Ces journaux se doivent de demeurer libres face aux administrations municipales. La presse communautaire se doit de publier des textes qui auront une influence auprès de la population. Si ce ne sont pas les journaux communautaires qui transmettent l’information hyperlocale, aucun autre média ne le fera. C’est donc aux citoyens eux-mêmes de prendre en main l’information de leur milieu. Une information citoyenne ! Une information engagée !

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