Madeleine Sherwood, une hippolytoise remarquable

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Article publié en avril 2008 dans le Journal Le Sentier

Joanne Clark – Traduction de Jacques A. Dufour

La vie de Madeleine Sherwood illustre à merveille ce que signifie une vie bien remplie .

Étés à St-Hippolyte

De son vrai nom Madeleine Thornton, elle est née en 1922, à Montréal et a été élevée principalement par Yvonne Villard Thornton, sa mère. Certains résidents s’en souviendront sans doute, quelques-uns parmi nous ont même vu le jour grâce aux bons soins de son grand-père, le docteur Paul Villard.  Celui-ci, huguenot français issu de la Sorbonne, a été professeur de français, à l’université McGill et, plus tard, médecin et même pasteur. On dirait sans doute aujourd’hui qu’il était un travailleur infatigable, dit Madeleine qui se souvient encore de lui avec grande affection.

C’est  à lui que l’on doit d’avoir amené sa famille dans les Laurentides et d’avoir bâti à Saint-Hippolyte une résidence que l’on peut encore admirer plus de 100 ans plus tard. Chaque été, le Petit train du nord amenait sa famille à Lesage, laquelle, à partir de là, montait en voiture à cheval, conduite par Alphonse Desjardins, jusqu’à la résidence du bord du lac. Maintenant, ses planchers usés ainsi que ses murs remplis de photographies témoignent de l’histoire locale tout autant que de celle de la famille. Son souvenir le plus cher est celui de la cueillette avec son frère, de framboises sauvages dans les prés du voisinage, alors que leur mère leur inventait des contes, sans doute inspirée par les nuages qui flottaient au-dessus de leurs têtes.

Son plus grand regret est celui de ne pas avoir appris le français, alors qu’elle était une enfant. Maintenant âgée de 86 ans, elle peine encore à l’apprendre.

Toute une comédienne

Durant les années de guerre, alors dans la jeune vingtaine, elle travaille comme secrétaire,. Sourire en coin, Madeleine admet volontiers que là, manifestement n’était pas sa force. Elle devient membre anglophone du Montreal Repertory Theatre,  avant de bifurquer vers la dramaturgie à  la radio de Radio Canada. Elle déménage ses pénates à New York, en 1949, pour y œuvrer à Broadway, en compagnie d’auteurs dramatiques aussi renommés que Tennessee Williams et Arthur Miller.

Au Québec, c’est alors qu’elle campe le rôle de la très sévère Mère supérieure dans la Soeur volante, que l’on se souvient le mieux d’elle, lorsqu’elle exaspère  »Sœur Bertrilllllllle », sa partenaire de jeu, dans le rôle interprété par Sally Field. Madeleine a joué ou a été la vedette de plusieurs séries et drames télévisés, ainsi que dans une quinzaine de productions  sur Broadway. Parmi ses réalisations cinématographiques ou théâtrales, on compte Cat on a Hot Thin Roof, ainsi que Sweet Bird of Youth.

Au cours des  années 70, elle fut une parmi le premières femmes à se voir appuyée financièrement par l’American Film Institute pour réaliser un court métrage, Good Night Sweet Prince, qu’elle a écrit et réalisé, en plus d’y avoir tenu un rôle, à titre de comédienne. En 1957, elle fait son entrée au prestigieux Actors Studio et en devient membre à vie.

Madeleine n’a jamais renoncé à sa citoyenneté canadienne. En 1992, elle revient à la maison familiale de St-Hippolyte ou elle réside désormais. Si vous avez le bonheur de croiser sa route, lors d’une de ses randonnées pédestres quotidiennes, ne manquez pas de la saluer : elle adore rencontrer de nouvelles gens.

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