Des femmes culottées

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Valérie Lépine
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Bonheur de lecture

Valérie Lépine – Des femmes hors du commun et souvent peu connues ont inspiré Pénélope Bagieu à concevoir un diptyque de bandes dessinées qui fait l’éloge de leur courage et de leur persévérance.

culottees_page_11Agnodice, gynécologue de la Grèce antique, Nzinga, reine de l’Angola du XVIIe siècle, Nellie Bly, première femme correspondante de guerre, Sonita Alizadeh, rappeuse afghane, Mae Jemison, première femme noire dans l’espace : elles étaient culottées ces femmes qui ont défié les règles établies pour réaliser leurs rêves. Pénélope Bagieu fait le portrait de toutes ces femmes et de plusieurs autres dans les deux tomes de Culottées : Des femmes qui ne font que ce qu’elles veulent parus en 2016-2017 chez Gallimard.

Bagieu, une illustratrice française de 35 ans, s’est toujours intéressée à la vie des femmes. D’abord la sienne, avec son blog Ma vie est tout à fait fascinante, et ensuite avec la bande dessinée California Dreamin’ sur la vie de Cass Eliott (chanteuse du groupe The Mamas & the Papas). C’est ensuite la vie de Katia Krafft, la première volcanologue, qui l’a inspirée à réaliser son projet de bandes dessinées sur la vie de femmes d’exception.

Dans Culottées, Pénélope Bagieu arrive, en quelques pages, à raconter de façon claire, fluide et sensible la vie de femmes fougueuses, passionnées et déterminées. L’auteure a su choisir les moments-clés de la vie de chacun de ses personnages et a su les illustrer de façon éloquente pour nous faire saisir la flamme qui les a animées et les obstacles auxquels elles ont été confrontées.

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Prenons l’exemple de Temple Grandin. Née en 1947 à Boston, « elle ne sourit pas, ne rit pas, crie quand on veut la prendre dans ses bras ». Dans ces années-là, les enfants autistes étaient relégués dans des institutions psychiatriques, mais la mère de Temple refuse catégoriquement de la « caser »; elle voyait que sa fille était différente, mais qu’elle était aussi très intelligente. Elle avait bien raison. Temple Grandin, malgré ses difficultés à vivre en société, a réussi à utiliser son ingéniosité et son empathie pour les animaux pour terminer un doctorat en sciences animales. Mais son parcours n’a pas toujours été facile.

Qu’à cela ne tienne : Temple Grandin a tenu bon et elle a révolutionné la façon de traiter le bétail. Ses aménagements sont aujourd’hui utilisés partout aux États-Unis. Bagieu termine cette biographie sur une note positive : « Le cerveau pas comme les autres de Temple (qui se considère comme une anthropologue sur mars […]) lui permet de comprendre des tas de choses qui échappent à la plupart des gens. C’est pourquoi elle affirme que pour rien au monde elle n’aurait voulu naître différente. »

Pénélope Bagieu nous offre une lecture étonnante et inspirante. Serez-vous assez culottés pour demander ses BD à votre bibliothèque préférée ?

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