Un patrimoine photographique

Mon grand-père Maurice amène toute sa famille passer des vacances à Lambton. D’après mon père, tout excès de vitesse pouvait entraîner un chavirement dramatique de la remorque. Les crevaisons étaient aussi chose ardue et fréquente à cette époque.
(Photographe inconnu - Été 1933)Mon grand-père Maurice amène toute sa famille passer des vacances à Lambton. D’après mon père, tout excès de vitesse pouvait entraîner un chavirement dramatique de la remorque. Les crevaisons étaient aussi chose ardue et fréquente à cette époque. (Photographe inconnu - Été 1933)
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Les photos de famille

Ma grand-mère Jeanne avec cinq de ses enfants dont mon père Guy, âgé maintenant de 93 ans. Mon père, c’est celui qui regarde l’objectif photographique avec un petit air coquin.

Ma grand-mère Jeanne avec cinq de ses enfants dont mon père Guy, âgé maintenant de 93 ans. Mon père, c’est celui qui regarde l’objectif photographique avec un petit air coquin.

Diane Brault – Jamais dans l’histoire de l’humanité, nous n’avons produit et conservé autant d’images de nos familles et maintenant, de nous-mêmes. Dans nos sociétés occidentales, la photo de famille a remplacé le portrait peint au cours des siècles passés comme façon de ponctuer le cycle de la vie.

Classiques, insolites, originales, kitsch, rigolotes, retouchées ou encadrées, posées chez le photographe ou spontanées, numérisées, dématérialisées, les photos de familles conservent, malgré les générations qui se succèdent, cette dimension iconographique et symbolique nécessaire dans la première moitié de notre vie. Cette première moitié étant pour la plupart du temps reliée à des événements qui nous bouleversent et nous transforment parce qu’ils sont nouveaux et intenses comme le fait de se mettre en couple ou d’avoir des enfants, de vivre sa vie en quelque sorte.

Avec l’âge, l’adoption et l’utilisation de nouvelles technologies pour élaborer des images peuvent devenir parfois plus difficiles ou moins intéressantes. Ceci peut exiger possiblement des investissements de temps et d’argent considérable pour se mettre à jour dans la nouveauté. Il est possible aussi que l’on sente moins le besoin d’enregistrer tous les moments de nos vies de famille, en images. On peut conclure avoir un inventaire photographique suffisant pour nourrir notre mémoire familiale.

Moins s’investir dans la prise de photos de famille n’est pas nécessairement négatif. Quand nous abordons la seconde portion de notre vie et que nous nous préoccupons davantage des images que nous avons produites qu’à celles que nous pourrions encore produire, nous contribuons à un important travail de transmission en conservant nos productions. Nous commençons à espérer laisser une trace, une empreinte de notre passage en ce monde. Nous espérons léguer à quelqu’un, notre patrimoine photographique.

Nos albums familiaux peuvent être d’excellents outils pédagogiques. Ces outils peuvent nous aider à amorcer un dialogue avec les très jeunes. Nous pouvons les aider à réfléchir, regarder, cadrer, et choisir consciemment ce qu’ils veulent vraiment transmettre d’eux et des autres, en images sur les multiples plateformes et médias sociaux. Il y a l’instant présent d’une photo, mais il y a aussi le futur et la continuité dans le temps de la parution de cette photo dont il faut tenir compte.

Les photos de famille que nous avons créée et conservée de manière matérielle ou immatérielle demeurent des registres précieux contenant des contextes environnementaux, des thèmes, des événements évolutifs. Nos albums de famille peuvent fournir un excellent point de départ pour qui veut reconstituer la grande histoire des individus, des sociétés, voire de l’humanité.

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