À la mémoire de Roland Gariepy

Roland Gariépy, en 2015
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Mon père ce conteur invétéré

 

Lyne Gariepy – Roland Gariepy, mon père, est né à Lachute en 1937, mais Shawbridge était son village. Pour y avoir eu quatre restaurants, une entreprise de peinture et une salle de billard, entre autres, il a aidé à dessiner le paysage de Prévost. Tristement, il est décédé à Sainte-Agathe le 7 avril dernier à l’âge de 80 ans. Portrait de mon père, Roland Gariépy, surnommé Bosco.

Arrivé à Shawbridge à l’âge de 15 ans, avec ses parents, ses frères (Marcel, Michel, René, Richard, Yvon, André) et sa sœur Denise, Roland s’intègre rapidement à la vie du village, jouant dans la ligue de ballon-balai. Quelques années plus tard, il habitera un « shack » dans la montagne, avec son comparse, Roger Girard. Il travaillait alors chez Eaton à Montréal, et l’hiver, il descendait de la montagne en ski par la piste du MOC pour aller prendre le train, qui était encore en fonction à l’époque. Un citoyen éco-responsable !

Roland fut marqué par la perte de ses deux frères, Michel et André, dans un accident automobile sur la 117. André venait de marier Rita et d’avoir une fille, Marie-Élène. Roland étant célibataire, il prit bien soin de Marie-Élène et de sa mère, venant jouer avec la petite le soir, payant d’avance l’huile pour le chauffage (anonymement alors qu’il travaillait chez Pagé !), bref, selon ces dernières, il s’occupa d’elles comme personne d’autre à l’époque, et ne coupa jamais le contact.

Après avoir vécu sa vingtaine sur le mode séducteur (à ce qu’on m’a dit !), et avoir démarré son entreprise de peintre, Roland a rencontré Diane Saint-Louis, qui allait devenir ma mère (et sa femme !), aux Quilles. Les quilles, comme le golf, furent les deux sports préférés de mon père. Jusqu’à sa dernière semaine, pendant laquelle il remporta la partie de quilles de sa ligue, et qu’il alla «frapper » des balles de golf. Le camping, en couple, avec enfants, ou avec ses amis Monique et Robert Doré, occupa longtemps ses étés. Il prenait même des contrats de peintre près du camping choisi pour l’été. Il construisit aussi, avec son ami René Fournel, un camper en bois, ancêtre des micro-maisons !

Roland et Diane ont eu trois enfants, Lyne, Martin et Chantal. À la même époque, il créera son restaurant/billard devant le bureau de poste, suivi de trois autres, tous à Shawbridge ! Peu importe le nom des commerces, ils finissaient tous par s’appeler « Chez Bosco » ! Il travailla aussi au Boy’s farm jusqu’a sa retraite (!), parfois simultanément à ses commerces, dormant trois heures par nuit, et travaillant au restaurant sur son heure de dîner !

Après le décès de ma mère, mon père s’est impliqué dans divers organismes, dont le ciné-club de Prévost. Il rencontra ensuite, un 24 juin, toujours à Prévost, une autre Diane (Pelletier). Pour celle-ci, c’est son souvenir préféré de Prévost avec son homme qu’elle qualifie de généreux et leur mariage en 2005.

Ces dernières années, mon père foisonnait encore de projets. En 2015, il a eu un champ de pratique de golf. Peu importe l’activité que Roland faisait, ce qui le caractérisait, c’était son dynamisme, son enthousiasme et sa sociabilité. Mais, par-dessus tout, son côté conteur. Car Roland pouvait vous raconter des histoires invraisemblables, parfois véridiques. Nous, ses enfants, avions pour principe de ne croire que 60 % de l’histoire ! Comme le dit si bien ma sœur Chantal : «Je ne peux passer à côté de ses histoires rocambolesques. Enfant, on croit tout ce qu’il dit, on aime ces histoires. À l’adolescence, on a des doutes sur leur provenance et on critique tout. À l’âge adulte, on fait la part des choses, on sait que le fond est vrai, qu’il a embelli la réalité. Il y a mis de sa magie.»

Jusqu’à la fin, il a fréquenté ses vieux amis, fidèle en amitié comme en amour. Ce qui revient le plus souvent, quand les gens parlent de lui, outre son talent de conteur, c’est qu’il voulait toujours rassembler sa famille, et ses amis, et qu’il était toujours là pour eux. Il tenait ses promesses et n’avait qu’une parole. D’ailleurs, sa sœur Denise dit de lui : « Roland, c’était un homme au cœur grand comme la Terre. Il m’a protégée et ne m’a jamais lâchée dans les épreuves, il a toujours été là pour moi et ma famille. Il n’y en a pas d’autre comme lui, que des éloges pour lui. » Un sentiment que beaucoup de gens interrogés pour ce texte semblent partager.

Personnellement, c’est bien sûr son côté raconteur et sa bougeotte continuelle dont je me souviens en premier. Il parlait beaucoup, mais s’épanchait peu. Avec le temps, j’ai découvert l’homme qui se cachait derrière ces aspects de sa personnalité, et ses preuves d’amour. Celui qui, lorsqu’il pensait à vous et voulait vous dire qu’il vous aimait, vous cuisinait un bon plat et vous l’apportait; vous apportait et déchargeait trois cordes de bois, pour que vous n’ayez pas froid; celui sur qui vous pouviez toujours compter; celui qui nous a laissés, ses enfants, libres de faire nos propres choix. Le son de ses pas, gravissant les marches de ma galerie, accompagné de son sifflotement distinctif, me manque déjà.

Diane Saint-Louis et Roland Gariépy vers la fin des années 60.

Diane Saint-Louis et Roland Gariépy vers la fin des années 60.

I remember Roland Gariepy

Gary Selby

In all of us there lives a dream, a hope for our future. As children these dreams come naturally. As a child we are very lucky in life if we know someone who will become a light that shines bright and allows us to know that this dream that lives in us can become real. This is what I think of when I think of my good friend and mentor Roland Gariepy. Born on March 25, 1937, during the height of the Great Depression that engulfed the entire world. In Quebec everyone was poor. Every family like Roland’s struggled to survive from day to day. It was as a boy he received his nick name Boscoe. He was one of the older children in the family; it was his job to help each one of his brothers and sisters in the home and he had to go to work early to support them. There was little hope for a boy born in 1937 yet Roland would become a great success as a husband, a father and in the business world.

This is Rolland’s spirit. This is what he leaves us. I will miss him. I will miss our long talks and the lessons that he taught me. I will look for him in everything that I do. I will always follow my dreams and in every goal that I set for myself he will be there. This is what life is all about. Roland Gariepy taught me this.

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