La loi 122

Un enjeux aux élections municipales

Louise Guertin – La loi 122 qui a été proclamée par Québec en juin donne plus de pouvoir aux élus municipaux en reconnaissant le rôle d’un gouvernement de proximité, en leur offrant de nouveaux moyens. De plus, Québec a commencé à consulter discrètement les élus actuels parce qu’on prévoit renouveler les orientations en matière d’aménagement du territoire (OGAT datent de 1994). On devrait voir dans les 4 prochaines années une évolution significative dans la manière de gérer nos villages qui pourraient changer le paysage, influer sur la qualité de vie des citoyens et de nos communautés.

C’est d’autant plus important de mettre notre cynisme de côté; de poser aux candidats des questions, leur faire valoir nos points de vue citoyens sur les enjeux qui nous tiennent à cœur.

Urbanisme durable

Urbanisme durable, c’est la formulation de la Loi. Deux mots : urbain et durable. La Loi suggère d’inclure dans le plan d’urbanisme les nuisances sonores, la conservation des milieux naturels, ou encore les moyens d’améliorer le logement abordable, social et familial et plus encore. On donne aux élus plus de marge de manœuvre pour le règlement de zonage. La densification du périmètre urbain et une amélioration du transport en commun sont deux des points suggérés pour le renouvellement de l’OGAT.

Quels sont les engagements des candidats aux postes de maire et de préfet (pour la MRC des Pays-d’en-Haut)? Comment prévoient-ils appliquer le développement durable comme dans la MRC des Pays-d’en-Haut dont le « branding » s’inscrit dans les paysages et une économie récréo-touristique?

Finances

La Loi donne une plus grande marge de manœuvre dans la gestion des contrats, la taxation, la rémunération des élus. Comme citoyen l’on souhaite que ces responsabilités accrues s’accompagnent d’une imputabilité accrue, couplée de plus de transparence. Comment les candidats voient-ils les changements et comment prévoient-ils utiliser ces pouvoirs ?

Consultation et information

Il est dorénavant possible d’être exempté de l’approbation référendaire en urbanisme et de la publication des avis dans les journaux locaux. La Loi dit que pour changer la pratique présentement en vigueur il faudra « l’adoption d’une politique de participation publique » qui devrait « favoriser la diffusion de l’information, la consultation et la participation active des citoyens au processus décisionnel en matière d’aménagement et d’urbanisme ». L’information c’est davantage que les bulletins municipaux, c’est également la presse régionale capable de faire valoir des points de vue. Comment les candidats entendent-ils pratiquer la transparence et la reddition de compte ?

Orientations économiques

La Loi renforce les pouvoirs des municipalités en matière de développement économique et hausse le plafond d’aide aux entreprises de 100 000 $ à 250 000 $ pour nos MRC. L’économie se transforme rapidement sous l’impulsion de forces d’abord mondiales. Les candidats doivent nous présenter une vision qui rend compte des aspirations de tous les citoyens.

Culture et communautés

La Loi 122 n’y touche pas; l’éducation et la culture créent de la richesse, tissent des liens et assurent la qualité de vie des citoyens de 0 à 99 ans. Les communautés d’intérêts (parents, travailleurs, artistes, sportifs, les retraités, les proches aidants, les gens touchés par la maladie mentale, gens d’affaires, etc.) partagent des expériences, des préoccupations et créent notre identité locale. Quel est le degré d’ancrage des candidats dans leur communauté ? Comment suggèrent-ils faire la promotion de cette identité et appuyer l’éducation et la culture ?

Rôle et responsabilité des élus

J’ai assisté aux deux dernières rencontres du Conseil des maires de la MRC des Pays-d’en-Haut qui m’incite à faire une réflexion sur le rôle d’un préfet et des membres du Conseil de la MRC.

Le préfet élu ou le préfet suppléant a comme devoir de travailler au profit de la région. Il doit être capable de guider le conseil à dégager des priorités, à bâtir des consensus. C’est important de bien communiquer les enjeux, sans parti-pris et à veiller à ce que la prise de décision penche en faveur du bien commun, des citoyens qui sont également des contribuables. La MRC a une expertise qui lui permet d’appuyer les administrations municipales. Cette expertise permet une gestion plus professionnelle des enjeux.

Quand les maires siègent au sein du Conseil de la MRC, ils doivent, comme le préfet et le sous-préfet pratiquer la collégialité et mettre leurs connaissances au service de la plus grande collectivité. C’est un art que tous ne pratiquent pas avec la même aisance. Votez, ça compte !

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