Entrevue avec Marguerite Blais

La députée élue dans Prévost, Marguerite Blais. Photo : Émilie Corbeil
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La bienveillance et l’humanisme

Émilie CorbeilUne semaine s’étant écoulée depuis son élection, Marguerite Blais ne rêve pas de se voir attribuer un ministère − Ce serait risquer la déception. Elle ne rêve plus de célébrité et ne nourrit pas davantage l’envie de richesse. Elle rêve d’une main tendue de l’État vers les quelques 1 665 000 proches aidants du Québec et a décidé de prendre la cause à bras-le-corps.

L’engagement et la victoire

C’est à la veille du déclenchement de la campagne qu’elle lançait son dernier livre De la proche aidance à la bienveillance ─ Témoignages et plaidoyer. Se qualifiant elle-même « d’acteur social », c’est au sein de l’assemblée nationale qu’elle trouve sa place, la « seule enceinte où il est possible de mettre de l’avant des politiques et des projets de lois ».

Sa victoire est avérée. Elle sait d’ores et déjà que le gouvernement en place portera les cinq mesures qu’elle juge efficaces pour assurer la dignité des aidés et des aidants :

  • instaurer une politique nationale sur les proches aidants
  • développer des maisons Gilles-Carle
  • développer la gériatrie sociale
  • briser l’isolement chez les personnes aînées
  • améliorer les soins et les services aux personnes hébergées en CHSLD.

C’est une femme montrant un vif esprit collectif que j’ai rencontrée. L’attrait d’un hiver en Floride n’aura pas réussi à l’empêcher de répondre à l’appel de l’engagement politique, engagement qu’elle prend d’abord envers sa circonscription. Un lieu qu’elle habite, qu’elle connaît, qu’elle aime. Et si son expérience lui a montré que « rien ne marche qui ne part pas de la base », il faudra la voir consulter les élus de proximité et la population, toujours à la recherche du consensus qui motive l’action.

Une finalité qui transcende toute allégeance politique

Questionnée au sujet de l’inclinaison économique du parti qu’elle a choisi, madame Blais est catégorique : « La CAQ n’est pas un parti de droite. C’est un parti dont l’hétérogénéité ne sert qu’à l’avancement des idées. Par ailleurs et, heureusement, cette diversité idéologique est présente au sein de tous les partis ».

Marguerite Blais a trouvé un allié accessible et à l’écoute en la personne de François Legault. Plusieurs élus du parti étant par ailleurs néophytes, elle précise que leur candeur n’est pas qu’un piège. Il s’est tissé des liens serrés entre eux tous en campagne et on trouve dans leurs rangs des candidats nourrissant le souhait réel de changer les choses. L’interdépendance inhérente à l’inexpérience laisse espérer un grand esprit de collaboration au sein du cabinet comme de la chambre. Sachant l’imbrication des mesures de progrès qu’elle propose avec de nombreux ministères, avant tout celui de la Santé et des Services sociaux, elle est confiante de trouver dans son nouveau gouvernement des ouvertures jusqu’ici improbables, sinon impossibles.

L’entièreté du programme de la CAQ, les ratés de la campagne et le débat actuel sur le port des signes religieux lui importent peu. Elle a choisi de servir sa circonscription et d’agir pour les aînés et les proches aidants. Rien dans son discours ne laisse à penser qu’elle aura choisi de se mettre des œillères. Seulement, elle aura peut-être compris que le fil d’arrivée du marathon qu’elle s’est donné pour mission de terminer viendra plus vite en courant en ligne bien droite.

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