Un groupe hors normes

Guillaume Martineau, piano; Marie Neige Lavigne, violon; Éveline Grégoire-Rousseau, harpe; Jean Félix Mailloux, composition et contrebasse; Sheila Hannigan, violoncelle; et Mark Nelson, percussions - Photo Serge Pilon
Sylvie Prévost
Sylvie Prévost

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Sylvie PrévostConcert ou spectacle? Classique ou jazz? Debussy ou Mailloux? Il y a des hybrides fascinants…

Cordâme est un ensemble qui se consacre à la musique de Jean Félix Mailloux. Celui-ci s’abreuve à toutes les sources et il aime la musique classique. Je soupçonne d’ailleurs que c’est le cas de tous les musiciens de l’ensemble (dont Guillaume Martineau, pianiste bien aimé à Prévost).

Le samedi 13 octobre 2018 : Cordâme, Debussy impressions

Jean Félix Mailloux, composition et contrebasse; Éveline Grégoire-Rousseau, harpe; Sheila Hannigan, violoncelle; Marie Neige Lavigne, violon; Guillaume Martineau, piano; Mark Nelson, percussions. Plante caméléon, Impressions de Passepied, Nénuphar, La Sérénade interrompue, Orchidées chatoyantes, Fougères, Un morceau en forme de Poire, L’Égyptienne, La Danseuse aux crotales, Ondine, La Danse des lucioles, Dahlia, La Fille aux cheveux de lin, La Danse d’un faune, Debussy au Clair de lune, Autour de Gnossiennes.

Le fil conducteur de ce concert, au cours duquel on n’a pas eu le temps de s’ennuyer, était Debussy. Ça donne des choses comme un Debussy au Clair de lune qui débute dans un ruissellement de lumière sélène et se poursuit une nuit à New York. Ça donne un faune irlandais qui voyage en Espagne; une danseuse aux crotales pleine d’humour, digne des meilleurs films d’animation de l’ONF… Ce n’est pas l’imagination qui manque, ni les moyens du compositeur pour faire fructifier en plusieurs dimensions, et pour notre plus grand plaisir, les propositions de Debussy. Les orchestrations sont savantes et subtiles, les rythmes complexes. Il se passe toujours quelque chose dans cette musique et on ne sait jamais dans quelle direction la mélodie virera.

Ce qui ne manque pas non plus, c’est la qualité des musiciens de l’ensemble. Leur travail d’équipe est aussi remarquable que leurs qualités individuelles. Leur connivence et la concentration de chacun sont sans faille et elles s’établissent dans le plaisir. Un violoncelle particulièrement tendre et léger, une harpe dont le rôle n’est pas qu’accessoire et qui délivre des soli inspirés, une percussion discrète et toujours à propos, un piano bien à sa place (toujours parfait, ce Martineau) et, comme des bornes dessous et dessus, menant le tout avec brio, la contrebasse de Mailloux et le violon de Marie Neige Lavigne. C’est par elle que tout passe, c’est elle, la locomotive solide de ce train multiforme, étrange et captivant. C’est un plaisir de la voir endosser les différents habits dessinés par le compositeur. Sa présence, son jeu et son interprétation sont sobres, mais entiers, le tout dans une justesse parfaite.

Debussy avait une imagination débordante, nous a expliqué Mailloux… Disons que lui-même n’a rien à lui envier pour ce qui est du foisonnement des idées!

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