Le Hameau de Prévost

Émilie Corbeil

Journaliste stagiaire chez Journal des citoyens

Les derniers articles par Émilie Corbeil (tout voir)

Changer l’art de vivre

Émilie CorbeilLe 9 décembre dernier, une étape de plus était franchie pour la coopérative de propriétaires Le Hameau de Prévost. Quelques 70 personnes se sont déplacées pour en apprendre davantage sur l’architecture, le financement, le recrutement et les valeurs qui y seront mises de l’avant.

Les 19 membres actifs de la coopérative s’affairent depuis maintenant plusieurs mois à faire avancer le projet. En outre, un terrain boisé a été trouvé entre l’école des Falaises et la rue de la Voie du Bois; terrain qui permettra la construction, à partir de 2020, d’une trentaine d’unités d’habitation allant de 750 à 1200 pieds carrés, ainsi que d’espaces communs.

Le vivre-ensemble

Côté architecture, on nous promet un éco-quartier esthétique et des semi-détachés de construction supérieure, pensés pour être solides, durables, confortables et bien isolés. Ces habitations entoureront un terrain commun où un bâtiment collectif tiendra la place centrale. On y installerait des espaces de stockage, une cuisine et une salle communautaire. À ce sujet, toutes les propositions sont bienvenues. La communauté bénéficierait-elle d’une salle de jeux et d’un lavoir ? Ce sera aux membres de décider, entre eux, de ce qui leur sera le plus utile. On souhaite par ailleurs construire, un peu plus loin, un garage-atelier qui permettra de partager outils et savoir-faire.

On remarquera ici que l’accent est toujours mis sur le vivre-ensemble. Le Hameau n’est pas une commune, mais bien la réalisation d’une communauté de partage où chacun bénéficiera de son espace privé.

Si le projet de départ était pensé pour les 50 ans et plus, la réflexion s’est rapidement transformée. Il est maintenant question de profiter de la richesse d’une communauté intergénérationnelle et multiculturelle. C’est l’aspect social qui teinte tous les choix qui sont faits, et on souhaite ainsi proposer une nouvelle manière de vivre, moins individualiste, moins consumériste.

La question de l’accès à la propriété

Considérant que la spéculation immobilière pose un défi particulier à l’accès à la propriété, les résidences proposées, dont le coût devrait avoisiner les 200 000 $, seront de 20 % à 30 % moins chères que le prix du marché pour une qualité de construction similaire. Les propriétaires devront en outre défrayer certains frais mensuels relatifs à l’entretien des espaces communs. C’est la coopérative elle-même qui fixera le prix des unités mises en vente en fonction de certains indicateurs du coût de la vie, évitant de ce fait les prix d’augmenter de manière déraisonnable.

La sociocratie : un fonctionnement qui n’admet pas le pouvoir

Les membres actifs du Hameau, inspirés des initiatives de quartiers communautaires déjà existantes, ont choisi d’apprendre la sociocratie et d’en faire leur mode de fonctionnement. Cette forme de gouvernance n’admettant aucune forme de pouvoir centralisé, les décisions sont prises en communauté, dans le respect de chacun et en fonction d’objectifs partagés. De l’aveu de plusieurs, il s’agit d’un système pour lequel on a peu de compétences.  Notre culture étant basée sur la hiérarchie et la compétition, il est difficile de coopérer et de faire confiance à l’intelligence collective. Qu’à cela ne tienne, il s’agit là d’une occasion formidable d’enrichir ses relations et d’apprendre à penser autrement. Les valeurs qui sont en tout temps mises de l’avant sont le partage, l’écologie, la simplicité, l’entraide, le respect, la laïcité et l’égalité.

Des intéressés ?

Nul doute que le projet devient, pour de nombreuses personnes, une formidable occasion d’accéder à la propriété et de vivre au sein d’une communauté d’entraide. Seulement, avec entre 30 et 32 unités à être construites, les places sont limitées.

On invite ainsi les personnes qui souhaitent se joindre à l’aventure, à amorcer une importante réflexion sur leur désir et leur capacité réelle à vivre en communauté. À une dame qui proposait de réserver une partie du quartier pour les gens âgés et une autre pour les familles, la réponse fut catégoriquement négative. Souhaiter vivre au Hameau signifie souhaiter vivre à proximité de personnes de tous âges et de toutes provenances. Dehors, on entendra des enfants qui jouent. On devra également tolérer les chiens en laisse et les chats. Le bon voisinage sera le mot d’ordre, et on sait qu’à un moment ou un autre, tous devront mettre de l’eau dans leur vin au nom du bien commun.

Imprimer