Télédiffusion du Conseil municipal

Une quinzaine de citoyens ont manifesté dans les rues de Sainte-Adèle pour réclamer le retour de la télédiffusion des séances du Conseil municipal. - Photo : Jonathan Genois-Cartier

Émilie Corbeil

Journaliste stagiaire chez Journal des citoyens

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Arrêt temporaire de la télédiffusion des séances du Conseil de Sainte-Adèle

Émilie CorbeilDepuis quelque 35 années, les séances publiques du conseil de ville de Sainte-Adèle étaient télédiffusées, et ce, pour le plus grand bien de la démocratie. La récente décision du Conseil de cesser la captation pour un temps laisse donc perplexe.

Malgré l’annonce de la mairesse à l’effet d’un retour à la normale dès le début du mois de janvier, le conseiller indépendant Pierre Lafond et un collectif citoyen ont organisé une manifestation le 24 novembre dernier. Pour les personnes qui y étaient présentes, il est clair que les élus cherchent à cacher certaines choses à la population. Mais quoi ?

Beaucoup de bruit pour rien?

Le moins qu’on puisse en dire, c’est que le conseiller Lafond n’économise pas les efforts pour démontrer ses insatisfactions, utilisant toutes les tribunes pour semer un doute quant à la probité des autres membres du conseil en place.

Ce dernier a fait grand bruit dans les médias nationaux, en mai dernier, pour avoir organisé une fausse manifestation en opposition au choix du site pour la construction d’un centre sportif voué à desservir toute la MRC des Pays-d’en-Haut. Suivi de quelque six jeunes en réinsertion qui n’avaient aucune idée de ce pour quoi ils manifestaient, monsieur Lafond n’a pas été en mesure d’expliquer à la journaliste de NousTV pourquoi le choix unanime du Conseil des maires, s’étant arrêté sur le site adjacent à l’école A.-N. Morin, en était un mauvais.

Un peu plus tard, le 25 juillet, M. Lafond se voyait retirer son accès à son courriel de conseiller pour en avoir fait un usage abusif. Plusieurs plaintes auraient été déposées à son encontre suite à de nombreux envois de courriels non sollicités. Le dernier en date, envoyé malgré les avertissements et intitulé « Mesmer et Houdini : un duo allégorique explosif  !  » a poussé la direction générale à intervenir.

Utilisant désormais son adresse personnelle, M. Lafond a tenté d’alerter de nombreux médias ainsi que l’UPAC, les sommant d’intervenir en l’absence de quelque élément de preuve que ce soit à l’appui de ses demandes.

Des allures de siège

Se disant victimes de menaces et de harcèlement, la mairesse Mme Brière et les membres du conseil ont choisi de cesser la télédiffusion des séances, devenues inutilement houleuses et paralysées par la redondance de questions auxquelles on juge avoir répondu adéquatement à moult reprises. Mme Brière a par ailleurs précisé à CIME FM que la captation semblait exacerber l’agressivité de certains participants. Depuis mai 2018, un gardien de sécurité est présent lors des séances du conseil et la Sûreté du Québec mène actuellement enquête concernant les menaces qui auraient été faites à la mairesse.

Toujours sur les ondes de CIME FM, Christian Fournier, directeur de la programmation à NousTV Laurentides, mentionne comprendre le choix du Conseil et apporte les précisions suivantes : « Moi, je trouve ça dommage pour toute la démocratie que ce ne soit plus télédiffusé. Je trouve ça dommage que des gens en profitent pour passer leur message. Ce n’est pas la place du conseil. On est là pour poser des questions aux élus et on attend leur réponse; c’est tout. Puis, tout doit se faire dans le respect. S’il n’y a pas de respect, c’est comme dans n’importe quoi, quand il y en a qui abusent de quelque chose, on se le voit interdire à un moment donné. »

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