Christine Tassan

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Une créativité hors du commun

Carole Trempe – Samedi 6 avril 2019, à la salle de spectacles Saint-François-Xavier de Prévost, Diffusions Amal’Gamme présentait, Christine Tassan et les imposteurs dans un spectacle intitulé Entre Félix et Django.

Depuis 2003, ce quatuor féminin transcende le milieu du jazz manouche et de la chanson revisitée. En tant que guitariste solo, chanteuse, compositrice et arrangeure Christine Tassan assure la direction musicale et le pôle rassembleur du groupe. Martine Gaumond, violoniste, chanteuse et arrangeure, est une musicienne de haute voltige qui manie l’archet magistralement bien. Blanche Baillargeon, contrebassiste, chanteuse, compositrice et arrangeure assure avec aisance les assises rythmiques du groupe tout en y allant avec des solos bien sentis. Lise-Anne Ross, guitariste rythmique, chanteuse et arrangeure, était absente lors de cette prestation. Elle a été remplacée par Jeffrey Moseley guitariste assurant la fondation rythmique avec brio.

Avec audace, virtuosité et humour ce groupe marie la poésie en inventant un dialogue musical magique entre le mythique Félix Leclerc et Django Reindhart, guitariste de jazz né en 1910 en Belgique, dont le style de jazz et de composition a été suivi par de nombreux adeptes et a donné naissance à un style de jazz manouche. Tout le concert repose sur une histoire imaginaire née d’une réelle amitié entre Félix et Django. On raconte qu’en 1951, lors de la première tournée française de Félix Leclerc, lui et sa famille auraient été hébergés dans le même hôtel que Django et sa femme, dans le quartier Saint-Germain-des-Prés. Django aurait joué de la guitare toute la nuit et Félix aurait dit à sa femme : qu’est-ce qu’il joue bien ! Django inspiré par la musique tzigane, Félix par la liberté, le voyage, les grands espaces. Et s’ils avaient fait de la musique ensemble ? La réponse est dans le concert de Christine Tassan et les imposteures auquel nous avons assisté le samedi 6 avril 2019.

On entend bien que ce style de jazz constitue une discipline dure et contraignante et pourtant, les musiciens affichent une aisance, un aplomb et une créativité hors du commun. Le sourire, la complicité et l’énergie qui se dégagent de chacun d’eux sont contagieux. On a vraiment envie d’être avec eux ! La poésie se retrouve dans l’univers de chaque pièce interprétée. Nous passons de P’tit Bonheur à Minor Swing, de Tears à Notre Sentier, de La Mouche à feu à La pêche à la mouche. À chaque fois, on a le droit à une adaptation libre visant l’esprit de la musique avec des harmonies raffinées et des sonorités modernes. Du talent et encore plus ! Prix Opus 2017 album de jazz de l’année !

Des musiciennes versatiles qui, dans certaines pièces, ajoutent leur voix aux arrangements déjà luxuriants. Un concert qui dépoussière ! Quelle belle soirée ! Que d’émotions ! Chapeau !

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