Spectacle de Mathieu Cyr

Photo : Joanis Sylvain Lyne Gariépy (votre journaliste) et Mathieu Cyr
Lyne Gariépy
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Éloquent et sensible

Lyne Gariepy – Le 22 mars dernier, j’ai eu une belle surprise, alors que j’ai assisté au spectacle de l’humoriste Mathieu Cyr au Théâtre Gilles-Vigneault. Retour sur son show et sur l’intéressante entrevue qu’il m’a accordée.

Mathieu Cyr était venu nous présenter son premier spectacle, Le chaînon manquant. Auparavant, on a pu l’apercevoir, entre autres, dans Ma Première fois, pièce de théâtre qui traitait des premières fois sexuelles, où il était excellent. Il était aussi dans le Mike Ward show. Mathieu fait aussi les capsules « Le lift », dans lesquelles il parle de tout et de rien avec des artistes à qui il donne des « lifts », sur YouTube. Pour avoir vu plusieurs de ses capsules et numéros, je le trouvais intéressant, mais j’avais quelques craintes qu’il soit un peu « brut de décoffrage », avec des sujets moins élaborés. Mais ce fut tout le contraire. Même s’il est parfois cru, direct, il n’est pas vulgaire, ni déplacé, plutôt éloquent et même sensible.

En première partie se produisait Gabrielle Carron, humoriste aussi, très bonne, qui avait bien réchauffé la salle. D’ailleurs, à voir les spectateurs, Mathieu Cyr est un des humoristes qui attire une clientèle des plus diversifiée en âge, de l’ado au retraité, avec toutefois une majorité de 20 à 45 ans. Celui qui a été diplômé de l’École de l’humour, sur le tard, à 31 ans (il était snowboarder avant), cumule déjà plus de 10 ans de métier, et ça parait. Surtout dans son aisance à interagir avec les spectateurs.

Dans son spectacle, Mathieu aborde plusieurs sujets, comme son enfance, son trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), l’école à la maison, sa vie en coop avec une autre famille, et plus. Chaque numéro s’attache bien aux autres, les enchainements sont bien amenés, et même avec les allers-retours, dignes d’un TDAH, on suit bien son histoire. Car c’est ce que son spectacle est, en fin de compte : son histoire, sa vie. C’est ce qui fait la cohérence de son show. Même son explication pour le titre de son spectacle est charmante, mais je vous laisse la découvrir lorsque vous assisterez à son one man show, qui, soit dit en passant, mérite d’être vu.

Découvrons-le davantage

Le pourcentage de faits véridiques dans ton spectacle ? – 100 % vrai, mais romancés, donc peut-être 90 % ?

Justement, le pourcentage d’exagération ? – Environs 10 %. Par exemple, je n’ai pas fait autant d’écoles que je le dis dans mon show, des trucs comme ça.

Ce qui t’inspire ? – Ce qui m’arrive tous les jours. J’ai une vie atypique et les sujets me tombent dessus. Je n’ai pas besoin de m’arrêter pour chercher.

Ce qui te fait rire ? – Je suis bon public. J’aime l’humour politique, comme Bill Burr et Georges Carlin, mais j’aime aussi l’humour de Jackass. Mon humour se situe au milieu.

Ce qui te fait pleurer ? – Les gens qui se limitent par eux-mêmes, en se disant t’es trop vieux, t’es trop gros, etc. Le pire, ce n’est pas d’échouer, mais de ne pas essayer.

Clin d’œil à ton rôle dans la pièce : ta meilleure première fois ? – La première fois que j’ai mangé une torsade trempée dans le chocolat.

Le premier spectacle auquel tu as assisté ? – C’est pas un spectacle auquel j’ai assisté, mais une cassette VHS. Comme je suis vieux, je louais la cassette du show de Michel Courtemanche. Son numéro du samouraï était génialement drôle. J’écoutais son show en boucle.

Le dernier spectacle auquel tu as assisté ? – The Lumineers. C’était très très bon. C’est de la musique assez smooth. Le groupe était sur des pastilles qui tournaient à 360 degrés, et ils ont visuellement tiré le max de la scène. Mais avec deux jeunes enfants, n’importe quel spectacle est reposant et divertissant.

Ce qui te rend en colère ? – Ceux qui ne tiennent pas compte que les autres sont là, à petite ou à grande échelle. Si chacun prenait les décisions consciemment en fonction de la présence des autres et des générations futures, on n’aurait pas de problèmes avec l’écologie, par exemple.

Ta phrase ou ton expression préférée ? – YESSIRE ! Dans le sens de J’y vais, Chu game !

La phrase ou l’expression que tu détestes ? – « T’es pas game ! » Dans ce temps-là, je me dis, ouais, ben « tchèque moi ben aller ». J’ai fait du snowboard pendant 25 ans, et je suis amoché de partout. Je suis sorti de l’École de l’humour à 31 ans. Si je m’étais limité à « t’es pas game » je ferais pas ce métier.

Ta plus grande fierté outre tes enfants ? – D’avoir réussi ma vie, dans mon domaine.

Ta plus grande honte (ou ton plus grand « fail ») ? – J’ai été refusé au Cégep du Vieux-Montréal, et aussi à l’UQUAM. Comme aucun Cégep public ne voulait de moi, pour pouvoir poursuivre mon éducation, je me suis inscrit au collège privé. Mais pour être accepté, j’ai menti et dit que je jouais au football et que j’étais quarterback. Je ne savais même pas jouer. À la première pratique, je me suis planté devant toute l’équipe, et j’ai été renvoyé du collège.

Quelle question aimerais-tu te faire poser ? – Combien tu « bench »? Ou plus qu’hier, moins que demain !

Si tu pouvais rencontrer une personnalité, vivante ou disparue ? – Je rencontrais Hitler, juste avant qu’il soit refusé à l’école des beaux-arts, et j’essayerais de lui donner des conseils pour qu’il soit accepté, et ainsi éviter une tuerie.

Ton prochain objectif ? – Continuer dans l’humour; jouer dans un film. Être un comédien plus sérieux. Je me suis produit en France, en Belgique. Prochainement, je m’en vais à Las Vegas, je vais passer au Comedy Club, et en profiter pour suivre des cours d’acting.

Merci Mathieu.

Il sera en spectacle à Saint-Eustache le 20 avril, et au Mont-Tremblant le 25 mai.

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