La MRC vise un développement harmonieux

Comment conjuguer croissance économique et développement harmonieux en respectant les paysages qui ont, c’est prouvé, un pouvoir d’attraction pour les touristes et les nouveaux résidents, un atout majeur pour l’indus-trie récréotouristique et le commerce? C’est un défi majeur que veulent relever les élus de la MRC des Pays-d’en-Haut.

Le poids du commerce
Le commerce au détail compte pour environ 15 % de l’économie de la MRC. C’est une vitrine sur la santé de notre économie et un secteur fragile, le premier à subir les contrecoups des fluctuations du marché. Il faut également considérer que c’est un secteur en plein chambardement à cause, entre autres, de l’évolution rapide du commerce en ligne et des tendances mondiales.

L’étude regorge d’informations. Elle évalue l’offre et la demande d’aujourd’hui ainsi que les besoins en 2036. On y tient compte du contexte régional (pôles de Saint-Jérôme et Sainte-Agathe, etc.). Les dix municipalités de la MRC sont regroupées en trois régions, chacune ayant sa ville pôle que sont Morin-Heights, Sainte-Adèle et Saint-Sauveur aussi appelé « des-sertes de proximité ».

Démographie et consommation
Entre 2015 et 2036, on prévoit une augmentation de la population (résidents) de 24 %, à 52 000 habitants. À ce chiffre s’ajoutent les touristes. En 2014, ils comptent pour 7 % de la population. La demande en biens de consommation s’élève à 614 143 881 $, dont 17, 9 % sont attribuables aux touristes et autres visiteurs. En 2036, les dépenses de consommation devraient augmenter de 24 % pour un total d’environ 763 millions. Ce sont des chiffres impressionnants qu’il faudra analyser avec attention.

En effet, l’étude parle de fuites commerciales récupérables ou non des achats faits à l’extérieur de la MRC. Le rapport fait l’analyse des fuites dans plus de 70 catégories de biens. Pour certains secteurs, il pourrait être difficile d’inverser les tendances lourdes.

Par exemple, on évalue à 91 mil-lions les fuites commerciales pour les véhicules. Dans les faits, on retrouve les concessionnaires, qui ont préféré se regrouper, à Saint-Jérôme et à Sainte-Agathe. Est-ce possible ou même souhaitable de récupérer ce genre de commerces dans la MRC?

Autre exemple, le rapport indique que la fuite pour les librairies et marchands de journaux est de plus de 3 millions. Le seul kiosque à journaux Les Presses du Monde, à Saint-Sauveur, a fermé récemment à cause de la restructuration du marché.

Gérer la croissance
Le rapport donne des pistes de solutions pour gérer la croissance sans vider nos villages qui sont des centres de commerces et de rassemblements communautaires.

On y suggère de regrouper les villes par « territoire d’affinité » ce qui est décrit comme un assemblage de municipalités autour d’un concept de bassin de vie. À mon avis, c’est dans cette perspective qu’il faut analyser le tableau des fuites commerciales ou d’opportunités par municipalité. À titre d’exemple, on indique que Saint-Sauveur a une offre commerciale excédentaire alimentaire de plus de 41 millions. Les besoins à Sainte-Anne-des-Lacs sont de 12, 4 mil-lions et à Piedmont de 10, 6 mil-lions. Si à court ou à moyen terme, on décidait d’ouvrir une nouvelle épicerie à grande surface sur le territoire d’une de ces deux municipalités, il faudrait probablement en fermer une à Saint-Sauveur.

L’étude souligne l’importance d’une masse critique de consommateurs pour penser attirer une plus grande variété de commerces. On y suggère d’analyser l’effet des bannières qui préfèrent les grandes surfaces « leur permettant de créer des zones étanches de marché où les concurrents ont de la difficulté à survivre. » Pour la croissance du marché de la MRC, on suggère d’attirer des commerces dont l’offre est inexistante ou ceux qui permettent de réduire les fuites importantes, là où il y a encore une marge pour la croissance.

Parmi les nombreuses recommandations, l’étude propose de favoriser les déplacements piétonniers sécuritaires, de restreindre l’étalement commercial, de mettre en valeur le noyau villageois, préciser une offre de villégiature ou encore améliorer l’esthétique de l’architecture de nos bâtiments.

Arbitrages difficiles et nécessaires
Dans les prochaines semaines, le directeur du développement éco-nomique, M. Stéphane Lalande présentera l’étude aux élus et un comité dirigé par le préfet, M. Charles Garnier sera au travail. L’étude entre les mains de nos élus devrait faire l’objet d’analyses poussées. Un arbitrage éclairé par les élus sera nécessaire pour déterminer les orientations et les priori-tés qui permettront d’appuyer les commerçants actuels et encadrer la croissance future pour le bien-être des citoyens.

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