Une rivière à partager

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Fécaux, malgré un débit trop élevé. Il est vrai que le nombre moyen de coliformes fécaux respecte les exigences environne-mentales très peu sévères établies par le ministère de l’Environnement, soit de 2 000 UFC/100 ml en été et 20000 UFC/100 ml en hiver. Toutefois, il est nécessaire de préciser qu’en situation de surverse, les eaux usées se déversent directement dans la rivière du Nord et donc qu’un débit trop élevé augmente le risque d’accroître le nombre annuel de surverses. «On analyse toutes les options possibles : ériger des remparts plus haut pour augmenter le débit maximal ou bien trouver un emplacement pour un cinquième étang», a spécifié le greffier.

Mise en opération en 1997, l’usine d’épuration de la ville de Saint-Sauveur utilise un système d’étangs aérés pour traiter ses eaux usées. Située sur le territoire de Piedmont, l’usine est constituée de deux bassins divisés en quatre étangs aérés par une toile noire spécialisée. La gestion de l’usine repose sur une entente intermunicipale entre Piedmont et Saint-Sauveur; son budget annuel est de près de 800000$. «La régie d’assainissement des eaux usées de Piedmont et Saint-Sauveur a opté pour un système d’étangs aérés tout simplement parce que c’est le moins coûteux », a affirmé M. Patrice. Le MAMROT affirme toutefois que les stations de type «étangs» (EA et ERR) sont celles dont l’effluent possède le potentiel toxique le plus élevé en raison des concentrations supérieures d’azote ammoniacal durant l’hiver. Sur le site, une douzaine d’aérateurs d’oxygène sont en place afin d’accélérer le processus d’aération. Questionné sur le bris mécanique d’un des aérateurs, M. Patrice nous a indiqué que chaque aérateur coûte entre 50000$ à 60000$ et qu’un aérateur de moins n’engendrerait aucun problème au niveau de la performance de l’usine. L’hiver, cinq aérateurs sont suffisants pour respecter les normes en vigueur, la concentration d’azote n’étant toutefois pas évaluée. Actuellement, il n’y a que cinq stations au Québec qui sont assujetties à une exigence de rejet pour l’azote ammoniacal.

Volonté politique

Contrairement aux municipalités voi-sines, la rivière du Nord ne fait que contourner la ville de Saint-Sauveur et donc la municipalité ne profiterait pas directement de son potentiel récréatif. «Pour Saint-Sauveur, la rivière est loin de nous», a affirmé M. Patrice tout en men-tionnant cependant que la Ville se préoc-cupait de l’état de la rivière du Nord, car les puits des résidents utilisent son eau. Malgré qu’en 2013, lors de la saison esti-vale, la Municipalité respectait la règle-mentation effective aux usines d’épura-tion des eaux, le taux de coliformes fécaux présents dans l’eau était tout de même de 633 UFC/100 ml, ce qui équivaut à trois fois plus que le taux recommandé pour la baignade, alors que les villes de Prévost et Saint-Jérôme, qui sont situées en aval de Saint-Sauveur, atteignent la norme pré-conisée pour la baignade avec des taux respectifs de 27 UFC/100 ml et 90 UFC/100 ml. La participation active de Saint-Sauveur, au projet d’accès à la rivière du Nord, repose donc uniquement sur une volonté politique des élus de collaborer conjointement dans le but de faire de la rivière du Nord un bien collectif via-ble. Après tout, nous y sommes bien par-venus pour le parc linéaire.

Amener les municipalités à collaborer

Pour qu’un jour la rivière du Nord redevienne accessible aux baigneurs et qu’elle retrouve les attraits récréatifs qu’elle a déjà connus par le passé, un effort commun doit être déployé. En fait, redonner les lettres de noblesse à la rivière qui sillonne les Laurentides, n’est pas une mince affaire.

Abrinord, l’organisme de bassin versant de la rivière du Nord, est partie prenante de la solution. Ce dernier couvre l’une des 40 zones de gestion intégrée de l’eau par bassin versant, qui ont été découpées au Québec par le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs en 2009. Un organisme de bassin versant est présent dans chaque zone et a pour mission d’élaborer, de mettre à jour, de promouvoir et de mettre en œuvre un Plan directeur de l’eau (PDE). L’ensemble des efforts est effectué dans le but de protéger la ressource en eau. Par son principe de gestion intégrée, l’organisme tente d’amener les Municipalités à travailler en collaboration, plutôt que de pointer du doigt celles qui polluent davantage la rivière. Xavier-Antoine Lalande, président d’Abrinord, et Alexia Couturier, chargée de projet, sont d’avis qu’il faut sensibiliser les élus et les amener à faire de l’enjeu de la rivière du Nord une volonté politique.

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