FASS
De la sensualité plein la vue

Salle de Nouvelles

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Alexandra Girard

1er août, 20 h, chuchotements dans la salle, un public attend avec impatience le début du spectacle où il sera possible de voir à l’œuvre Les ballets jazz de Montréal dans le cadre du Festival des arts de Saint-Sauveur (FASS). Une soirée toute montréalaise entamée par Tentacle Tribe compagnie émergente spécialisée en hip-hop contemporain et danses de rue.

« C’est comme un mystère », a confié Guillaume Côté le directeur artistique du FASS en parlant de Tentacle Tribe, cofondé par Emmanuelle Lê Phan et Elon Höglund, également chorégraphes et interprètes. Leur plus récente création, Nobody likes a pixelated squid, a précédé la prestation des Ballets jazz de Montréal durant vingt minutes, où le temps a semblé s’arrêter. Les deux danseurs sur scène ont complètement fasciné par leur fluidité hors du commun, par leurs corps qui s’entremêlaient au son de la musique. Une symbiose parfaite entre deux mouvements, celui d’un homme et d’une femme, qui se suivent et s’unissent au point de n’être qu’un.

Ils ont opté à plusieurs moments pour la danse que l’on nomme « liquide ». Les corps coulaient comme de l’eau, glissaient d’un mouvement à l’autre et enivraient par leur sensuelle douceur. Ces moments plus calmes étaient suivis de chorégraphies plus intenses, plus saccadées, où le duo amalgamait popping et hip-hop contemporain au rythme de la musique. Les bras toujours à la recherche du corps de l’autre livraient à la perfection l’image d’un amour infini.

À la suite de l’entracte ce fut le tour des Ballets jazz de Montréal d’entrer sur scène avec le spectacle Zero in on chorégraphié par Cayetano Soto. Dans une atmosphère totalement intimiste, un duo homme-femme habillé de la tête au pieds de blanc a capté l’attention de tout un chacun. Chaque mouvement s’alliait parfaitement aux montées vertigineuses d’une composition de piano de Philip Glass, The opening. L’élégance à son meilleur.

C’est ensuite Night box chorégraphié par Wen Wei Wang qui a laissé les spectateurs totalement sans mot. Une musique électro a donné le ton pendant que tous les danseurs, accoutrés de tenues noires, avançaient à la file indienne d’une démarche presque sectaire. Ce spectacle en perpétuel changement alternait à la fois chorégraphies de groupes, trios, duos et solos assez osés à la frontière de l’érotisme. Des danses langoureuses laissaient deviner une tension entre les corps totalement envoûtante.

Il n’y a aucun doute; Wen Wei Wang s’est inspiré de la vie urbaine pour élaborer Night box. On évoque le mouvement incessant de la ville, la présence d’une boîte de nuit, d’un bar, d’une ruelle. Tout était à l’image de la sensualité qui anime la ville passé minuit. De ce spectacle se dégageait une atmosphère industrielle qui racontait en quelques pas de ballet contemporain le récit de la vie citadine nocturne. D’un magnifique troublant.

C’est Closer de Benjamin Millepied qui a clôt cette soirée enlevante. Le duo Céline Cassone et Alexander Hille a dansé aux sons de la mélodieuse composition Mad Rush de Philip Glass. Une chorégraphie tout en romance et délicatesse, où Céline Cassone est soulevée à plusieurs reprises dans les airs avec passion. Fin d’un spectacle, mais début d’une ovation chaleureuse pour une soirée plus que mémorable.

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