Jean-François Bélanger en spectacle

Élisabeth Giroux au violoncelle, Jean-François Bélanger au nyckelharpa, Bernard Ouellette aux percussions et Simon Marion à la guitare – Photo : Serge Pilon
Sylvie Prévost
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Les entrailles de la montagne… pour faire grandir les nains

Sylvie Prévost- Quand on creuse, on trouve des bibittes, des roches et de la boue, mais aussi des pierres précieuses…

C’est un spectacle fertile en découvertes qu’a offert Jean-François Bélanger. Il était déjà venu présenter son premier ouvrage, Les vents orfèvres, qui explorait, comme il nous l’a expliqué, le monde de l’esprit. Cette fois, il parcourt un territoire qui agit et nous fait agir à notre insu : des instincts, des souvenirs, des sentiments, tout ce qui peut paraître sournois quand on ignore sa présence. C’est une démarche complète à laquelle il nous convie, le prolongement artistique de sa vie de psychiatre. Toutefois, il n’y a rien d’ardu, rien d’emberlificoté dans les présentations très justes des pièces au programme. Et non seulement ses interventions sont-elles intéressantes, mais sa musique est superbe et accessible.

Le samedi 26 mai 2018 : Les entrailles de la montagne

Jean-François Bélanger, nickelharpa et contraharpa; Élisabeth Giroux, violoncelle; Bernard Ouellette, percussions; Simon Marion, guitare. Les eaux de l’oubli – Jökulhlaup, Les entrailles de la montagne – Le cœur en fanfare, Raukar – Drakkar, Pitou’s Trip to Norway, Les ogres de Barbarie, Valse militaire, Horreur boréale, La tiraille, Après la bataille, Suite celte et scandinave, Chant minéral, Polska, La gronde.

Il s’agit souvent de pièces qui s’apparentent à des danses, ou mieux, à des chants sans paroles. Évidemment, c’est ce qui convient aux instruments folkloriques qu’il a rapportés des pays scandinaves. La plupart des pièces ont une grande force d’évocation (Raukar – Drakkar, Chant minéral, Valse militaire, etc.) et toutes sont construites et arrangées avec finesse et rigueur. Nickelharpa et contraharpa sont uniques parmi les instruments à cordes et leur voix respective est fort agréable : un son boisé, avec un grain particulier. Au risque de me répéter, j’aurais bien aimé que ce spectacle ne soit pas amplifié, qu’on joue le moins possible avec le son. Le naturel, pour moi, a toujours meilleur goût.

Soulignons par ailleurs les présences discrètes, mais actives de la guitare et des percussions, et du violoncelle soutenant le tout. Ces trois musiciens se fondent et s’amalgament parfaitement au mouvement que Bélanger propose. Le percussionniste joue des timbres et des accents avec maestria. Le violoncelle prolonge la voix des instruments scandinaves. Parfois il les nuance, parfois il prend plus de place, dialogue ou monologue, et toujours il ajoute sa riche couleur à l’harmonie.

Ce fut une bien belle soirée, pleine d’images. Il est bien dommage que si peu de gens en aient profité…

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