Dessine-moi un mouton

À l’Île-aux-Moulins, le 3 septembre dernier, les moutons de la Bergerie de Falco ont fait la joie des enfants. Photo : Carole Bouchard.
Carole Bouchard
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Entretenir des espaces verts en broutant

Carole Bouchard – Il était une fois… par un beau matin ensoleillé de juin, Pic-pic et Poc-poc qui décidèrent d’aller se promener là où l’herbe était bien verte et bien bonne… à brouter. Ils sont ainsi les moutons, l’herbe est toujours plus verte de l’autre côté de la clôture !

Les brebis, Pic-pic et Poc-poc trouvent toujours le moyen de quitter le troupeau pour venir brouter près de la maison de Michèle et Jean-Luc. Photo : Michèle Côté

Pic-pic et Poc-poc sont deux brebis de la bergerie de Falco, à Prévost qui pourraient peut-être, un jour, se retrouver sur un terrain en friche de la région. Imaginez, plus besoin de machineries bruyantes ou de produits chimiques, mais plutôt la possibilité de choisir des moutons qui viendraient brouter ! Pas si bête pour entretenir des espaces verts. Un choix écologique qui permet aux moutons de redonner à la faune et la flore la possibilité de reprendre sa place… en plus que ceux-ci engraissent votre terrain.

Des moutons à Terrebonne

Dans le cadre d’un événement historique qui se tenait dans le parc de l’Île-des-Moulins à Terrebonne le 3 septembre dernier, Michèle Côté et Jean-Luc Chartrand de la Bergerie de Falco ont été invités à venir avec leurs moutons et leurs chiens bergers. L’idée étant d’intégrer des moutons en liberté au sein du village comme on pouvait les imaginer en 1800 et leur permettre de pâturer au cours de la journée dans cet immense parc. Michèle et Jean-Luc se réjouissaient à l’idée d’y participer puisqu’une telle activité correspond à leurs valeurs, celle de proposer une solution écologique soit l’écopâturage qu’ils pratiquent avec leurs moutons sur leur terre à Prévost.

Pâturer à Montréal

Depuis deux ans, le projet Biquette à Montréal permet à un troupeau de moutons de faire l’entretien d’un espace vert au parc Maisonneuve ainsi qu’au parc Pélican. Mais il fait aussi la joie des passants, parents et enfants qui viennent les visiter. La présence des moutons attire le grand public et permet de présenter d’autres alternatives pour l’entretien des parcs. Il ne faut pas croire que le mouton n’est là que pour agrémenter le paysage, il a son importance dans la protection de la biodiversité : sa présence fait revenir des insectes et par le fait même, des oiseaux qui s’en nourrissent. L’écopâturage présente une option différente à l’engraissement chimique d’une pelouse et redonne aux moutons une place dans le paysage urbain qui fait évoluer les mentalités.

Ranger votre tondeuse !

Se retrouver avec des moutons sur son terrain : la scène parait plutôt cocasse et pourtant il n’en est rien, car les moutons et autres animaux herbivores sont utilisés pour l’entretien d’espaces verts en France. « L’écopâturage séduit de plus en plus de collectivités pour la gestion de leurs espaces verts. Et pour cause, il présente de nombreux atouts : économique, cette technique d’entretien est rentable très rapidement; écologique, ce mode de gestion favorise la biodiversité aussi bien floristique que faunistique; et son bilan carbone positif permet de réduire les émissions de gaz à effet de serre. », de dire Damien Hédin, président d’ÖKOTOP*. Méthode ancestrale et encore utilisée pas seulement en montagne, mais dans plusieurs villages en Europe, les bergers offrent ce service de désherbage et de fertilisation naturelle pour les terrains en friche ou même chez les vignerons.

*www.okotop.com

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