Rencontre avec Marie-Hélène Gaudreau

Mme Marie-Hélène Gaudreau, députée de Laurentides-Labelle

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Les défis qu’elle veut relever

Émilie CorbeilLe Journal s’est entretenu avec Marie-Hélène Gaudreau, députée de Laurentides-Labelle, afin de connaître ses priorités et d’en savoir plus sur les nombreux mandats qui lui ont été confiés. Le territoire de Laurentides-Labelle étant particulièrement vaste et les problématiques bien diverses, le défi est grand, mais MmeGaudreau se propose de le relever avec un enthousiasme particulièrement senti. Issue des milieux communautaires et des affaires, la députée dit se démarquer par sa grande débrouillardise.

Le logement et le développement économique

Mme Gaudreau a réservé sa première intervention en chambre au logement et au développement économique. Elle-même propriétaire de logements, elle souligne la présence d’une importante problématique relevant de la santé mentale, de l’éducation populaire et de la salubrité. Par ailleurs, au Québec, le manque à gagner s’établirait actuellement à quelque 75 000 logements sociaux ou abordables.

Aussi, une personne sur six dans Laurentides-Labelle vit sous le seuil du faible revenu. Pourtant, ce ne seraient pas les emplois qui manquent. Le centre du comté, à prépondérance récréotouristique, manquerait de main-d’œuvre : « On est victimes de ce qu’on a mis sur la table pendant des années en disant, c’est correct d’aller à l’école, mais il faut faire ce que tu aimes. C’est devenu une coutume », précise

Mme Gaudreau, mentionnant que peu de gens souhaitent occuper le poste de femme de chambre. Le problème tiendrait donc à un arrimage entre les besoins de main-d’œuvre et les aspirations personnelles des travailleurs. « Maintenant, même si on donne le double du salaire, pour des soins à domicile par exemple, les gens ne veulent pas faire ça. » Au niveau du développement social à Saint-Sauveur et aux environs, elle souligne « que nous avons un décalage en fonction du mouvement de la démographie » et aussi, qu’à cause des coûts de la vie, il est difficile, pour les travailleurs faiblement rémunérés, de trouver un appartement à proximité qui respecte leurs capacités de payer. Ces travailleurs ont également du mal à assumer les frais de transport inhérents au fait qu’ils n’habitent pas près de leur lieu de travail.

Des responsabilités importantes

Mme Gaudreau s’est vue attribuer des dossiers importants au Bloc, à savoir le vivre-ensemble et la laïcité, l’accès à l’information, la protection des renseignements personnels et l’éthique. Reconnue au sein du parti pour être rassembleuse et inclusive, elle a été nommée vice-présidente du caucus des députés du Bloc québécois.

À titre de responsable du vivre-ensemble, elle réitère d’abord que son premier cheval de bataille est d’empêcher le gouvernement fédéral de contester la Loi sur la laïcité, ou loi 21, adoptée par Québec en 2019. Pour elle, il est important de faire valoir les valeurs québécoises au Parlement canadien et elle insiste que son parti ira jusqu’au bout pour que la volonté du Québec de légiférer sur la laïcité soit respectée.

Mme Gaudreau précise par ailleurs que le multiculturalisme canadien, hérité de Trudeau père, doit être révisé en fonction d’une réelle laïcité de l’État. La lecture d’une prière au début de chaque séance de la Chambre en témoigne et n’a pas sa place à son avis.

Au sujet de l’accès à l’information, elle insiste sur l’importance du droit du citoyen à être informé et sur la grande complexité du travail qui consiste à mettre ce droit de l’avant tout en protégeant les informations personnelles, ainsi que tout ce qui ne doit pas être divulgué au public. Par ailleurs, d’importants travaux en comité auront prochainement lieu au sujet de l’identité numérique, un domaine où il est urgent d’agir afin de protéger tous les Canadiens.

Les comités n’ayant pas encore débuté leurs travaux au moment de notre entretien, Mme Gaudreau s’était déjà mises au travail afin de s’instruire des différents sujets qui y seront traités.

Assurer le respect des compétences provinciales et la suffisance des transferts fédéraux

La députée précise qu’elle veillera au grain en ce qui concerne les responsabilités provinciales et les transferts fédéraux qui, à titre d’exemple, ne s’établissent qu’à 3 % pour la santé et les services sociaux, alors qu’ils devraient être augmentés à 6 %. Heureuse d’avoir constaté la grande ouverture dont fait preuve le discours du Trône, elle est confiante que d’importantes améliorations seront apportées dans la prochaine année.

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