La politique en temps de crise

Gaudreau - Journal des citoyens de prévost

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Entrevue avec la députée de Laurentides-Labelle

Émilie Corbeil – Marie-Hélène Gaudreau, députée de Laurentides-Labelle, a généreusement accordé une entrevue auJournal en ces temps de tumulte. Désormais substitut au Comité permanent des finances, elle soutient que le Bloc a choisi d’adopter une attitude constructive et de mettre la partisannerie de côté. Des mesures exceptionnelles ont dû être prises en urgence dans l’intérêt de tous et les circonstances prêtent bien davantage à la coopération qu’à l’opposition systématique.

Le jeu de l’opposition

Madame Gaudreau en avait long à dire sur ce qu’elle a remarqué depuis son arrivée au Parlement. Victime d’injures et de fausses accusations de la part des conservateurs au sein du Comité permanent de l’accès à l’information, de la protection des renseignements personnels et de l’éthique (ETHI), elle a été bien déçue de les voir, encore une fois, tenter de mettre des bâtons dans les roues au Parlement, alors même que tous les efforts étaient faits afin d’adopter des mesures économiques de secours.

Son plus grand choc, depuis son arrivée en fonction, fut de comprendre que les conservateurs s’étaient donnés pour mission de déculotter tous les autres partis, au détriment du travail constructif qui pouvait être fait en Chambre comme au sein des comités permanents. 

Avant la crise, elle a dû refuser, au sein du Comité ETHI, une proposition des conservateurs visant une réouverture du Rapport Trudeau II, concernant les événements entourant l’affaire SNC-Lavalin. Ce refus, elle l’explique par le fait que la première priorité de son parti n’était pas de revenir sur ces événements, mais plutôt de travailler à protéger quelque 30 millions de Canadiens qui courent de grands risques, puisque leur identité est accessible.

Les conservateurs, qui brandissaient l’affaire SNC-Lavalin en Chambre suite à l’annulation du projet de sables bitumineux Frontier, ne l’ont toutefois pas entendu de la même manière. Ces derniers ont accusé le gouvernement Trudeau de protéger les emplois au Québec, mais pas ceux de l’Ouest. Ils ont par ailleurs allégué que le Bloc avait été « acheté » par le Premier ministre afin de voter contre la proposition.

La présidente du comité ETHI, une conservatrice, a même fait un appel aux partisans sur les réseaux sociaux afin que ces derniers contactent madame Gaudreau et la traite de corrompue. C’est Charlie Angus, un député NPD, qui est venu à la rescousse pour exiger des excuses de la part de la présidente du comité. Ce dernier a rappelé que les membres du comité étaient libres de leur vote et n’avaient pas à être intimidés par la présidente, qui n’est pas en droit d’agir de manière partisane au sein du comité.

Coopérer dans l’urgence

Sans surprise, madame Gaudreau nous a annoncé que les travaux visant à adopter les mesures économiques d’urgence en Chambre ont aussi fait les frais d’une opposition systématique de la part des conservateurs. Qu’à cela ne tienne, le Parlement a finalement pu faire adopter des mesures qui prennent habituellement des mois en seulement deux jours; et malgré qu’elles ne soient pas parfaites, elles permettront de porter secours à des millions de Canadiens dans le besoin. 

Madame Gaudreau soutient que le Bloc a adopté une position de coopération et que ses membres veillent au grain afin qu’il n’y ait pas de failles dans l’application des mesures annoncées. À titre d’exemple, c’est son collègue au Comité permanent des finances qui a soulevé l’importance de permettre aux pompiers volontaires de recevoir la Prestation canadienne d’urgence.

Une crise qui transforme

Madame Gaudreau souligne que la crise actuelle aura fait réfléchir bien des élus. Il est désormais clair qu’en temps de trouble, ce n’est pas le privé qui vient à la rescousse des citoyens, mais l’État. Ce simple constat, selon elle, aura des impacts importants sur les futures mesures fiscales et mettra un frein à la privatisation des services publics.

Les concepts de souveraineté alimentaire et de consommation durable devront être au cœur des préoccupations. Elle croit que dès l’été 2020, on verra un intérêt renouvelé pour les jardins potagers familiaux et communautaires, et que la population y prendra d’autant plus plaisir qu’elle en aura saisi l’importance.

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