Faisons briller l’autisme

L'autisme, journal des citoyens

«Je souffre d’une société qui n’est pas adaptée à moi »

Jacinthe Laliberté – La compréhension de l’autisme ou du trouble de l’autisme (TSA) a grandement évolué. Les personnes ayant un trouble de l’autisme sont de plus en plus intégrées grâce au travail attribué à un grand nombre d’organismes, dont la Fédération québécoise de l’autisme.

La Fédération québécoise de l’autisme (FQA) est, depuis 40 ans, la référence en TSA au Québec. Elle est un regroupement d’organismes et de personnes dont la cause commune est de veiller aux intérêts de la personne autiste et à ceux de sa famille et de ses proches1.

Le 2 avril, Journée mondiale de la sensibilisation à l’autisme est le premier temps fort de ce mois. Cette Journée a été déclarée ainsi par l’Organisation des Nations Unies en 2007. 

À chaque année et pour cause, il est nécessaire, voire indispensable, dans le cadre des activités de ce mois, de préciser les particularités de l’autisme. Au demeurant, la communauté autiste préfère de loin reconnaître ce trouble comme une différence neurologique ou un handicap plutôt qu’une maladie qui, dans sa définition propre, ne se guérit pas.

Ainsi, l’autisme fait partie de l’ensemble des troubles neurodéveloppementaux. Il se caractérise par des difficultés dans les interactions sociales et la communication et par des comportements et intérêts à caractère répétitifs, restreints et stéréotypés. De plus, c’est un état qui se manifeste différemment selon les personnes1. 

Avant le bleu, maintenant toutes les couleurs du spectre

À ce jour, la couleur bleue se voulait la couleur de prédilection de l’autisme. Ce choix s’expliquait ainsi : le bleu, une couleur calmante, se voulait aussi un indicateur formel de la prévalence de l’autisme chez les garçons (1/43) comparativement à celle chez les filles (1/189).

Depuis quelque temps, selon la Fédération québécoise de l’autisme, de nombreux commentaires ciblaient l’utilisation exclusive du bleu dans le cadre des activités du 2 avril. Seize associations régionales se sont jointes à elle pour réagir à ce nouveau mouvement de pensée. Il fut proposé d’adapter ce slogan. Toutes les couleurs du spectre de l’arc-en-ciel feront, dorénavant, référence au terme « Spectre » de l’autisme. L’important, selon la FQA, est de faire briller l’autisme dans toute sa diversité, faisant promouvoir une société plus inclusive pour les personnes autistes.

Les activités du mois de l’autisme

La Fédération a conçu cette année trois campagnes de sensibilisation et d’information.

La campagne no1 offre la possibilité de se démêler et de réaliser à quel point les idées préconçues constituent l’obstacle à l’inclusion des personnes autistes en faisant la lecture des « OUI » et des « NON ». En voici un exemple : « Non, l’autisme n’est pas un handicap. Ce qui est handicapant, c’est qu’on puisse le penser. » « Oui, l’autisme nécessite des services et des accommodements. Obliger les personnes autistes à s’adapter n’est ni un service ni un accommodement.1 » 

Pour la campagne no 2, une jeune étudiante autiste en arts graphiques a souhaité parler de son autisme. Elle a dessiné quatre affiches personnelles dont l’universalité s’applique à la cause particulière de l’autisme au féminin, souvent invisible et mal compris.

La campagne no 3 a été pensée sous le signe d’une invitation à une marche collective le 30 avril, dernier jour du mois de l’autisme. Ce rassemblement veut rendre visible une condition parfois invisible. 

Toute personne désireuse d’obtenir de plus amples informations peut visiter le site de la Fédération québécoise de l’autisme pour connaître toutes les facettes de ces campagnes. 

Une intégration réussie à Prévost

À la Maison d’entraide de Prévost, un projet d’intégration a été créé à l’automne 2021. Trois jeunes ayant une déficience intellectuelle ou un trouble de l’autisme, âgés de 20 et 21 ans, y réalisent un stage sous supervision.

Étant scolarisés à l’école Horizon Soleil, leur parcours scolaire les amène vers différents stages qui sont un tremplin à l’intégration dans la communauté. 

Sylvie Morin, éducatrice spécialisée depuis 35 ans auprès de la déficience intellectuelle et du Trouble envahissant du développement (TED), une branche de l’autisme, les soutient dans cette intégration. 

« C’est une belle intégration pour ces jeunes hommes. Les bénévoles qui travaillent à la Maison d’entraide autant que la clientèle qui la fréquente, participent à cette intégration et sont, ainsi, de plus en plus sensibilisés à la cause de ce qui est ma principale préoccupation », d’expliquer Sylvie Morin.

Le souhait de cette éducatrice et de la directrice Lyne Bérubé est la poursuite de ce projet d’inclusion sociale.

  1. Fédération québécoise de l’autisme
L’autisme vu par Serena Bennett une jeune étudiante en arts graphiques
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