Un premier Noël

Le 17 décembre eut lieu une remise de cadeaux aux enfants ukrainiens et à ceux de milieu défavorisé. Cet évènement fut organisé par René Bourgeault, président de la Fabrique de Saint-Sauveur et membre du comité Ukraine Laurentides. D’ailleurs, on remarque que la tuque de père Noël lui sied à merveille. Viktor et Cristina étaient heureux de recevoir ces présents. – Photo : Curé André Daoust
Jacinthe Laliberté
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Pour les familles ukrainiennes

Jacinthe Laliberté  – Liudmyla Lysenko, une réfugiée ukrainienne, a pu fuir son pays, avec sa famille, vers un endroit plus clément : le Québec. Elle a bien voulu raconter cette épreuve, son intégration et son premier Noël parmi les membres de sa nouvelle communauté québécoise.

La famille de Liudmyla Lysenko-Viau, dont le mari est québécois, a vécu les horreurs de la guerre. Après avoir supporté des bombardements incessants, la famille a décidé de se réfugier en Pologne, munie seulement de leurs passeports, de médicaments, de quelques documents importants, d’un ordinateur et de deux précieuses icônes.

Les embûches furent nombreuses. Durant leur fuite, à un barrage de soldats ukrainiens, Alexandre, le mari, fut séparé de sa famille. Les soldats avaient l’ordre de réquisitionner les hommes pour le combat. Grâce à la vivacité de Liudmyla qui lança à son mari son passeport canadien, preuve de sa nationalité, l’ordre fut annulé. 

Arrivée au Québec, la famille Viau, composée des parents et de leurs trois enfants, a été accueillie par les parents d’Alexandre. Dû à des situations hors de leur contrôle, ils ont dû déménager. Leur chance fut de rencontrer le curé Daoust qui les a hébergés, gratuitement, dans son presbytère de Sainte-Adèle. 

La réalité de la famille Viau 

Les deux filles de Liudmyla, Maria et Eugénie, respectivement âgées de 12 ans et 10 ans, vont à l’école La Vallée à Saint-Sauveur tandis que son fils Gregory, 14 ans, est à l’école secondaire Augustin-Norbert-Morin de Sainte-Adèle. Le père qui est francophone, avant même que commence la scolarisation de ses enfants, leur parlait en français facilitant, ainsi, leur intégration.

Quant à Liudmyla, elle travaille à l’école de ses filles comme gardienne de dîner deux journées par semaine. Simulta-nément, elle étudie le français au Centre de formation des adultes de la Rivière-du-Nord. Pour Alexandre, la reprise d’un travail exercé en Ukraine, comme informaticien pour une compagnie européenne, se fait progressivement en télétravail.

Liudmyla considère important que ses enfants aillent à l’école pour leur permettre de socialiser et de se faire des amis. Ces deux critères sont d’importance puisqu’ils adoucissent les souvenirs des atrocités qu’ils ont vécues.  

Pour un futur meilleur

Personnellement, Liudmyla aimerait retourner en Ukraine. Sa fille Maria émet le même souhait. Toutes deux sont conscientes que la destruction presque totale de la ville et du pays où elles ont vécu rend pour le moment impossible la réalisation de ce rêve. 

Quant à Grégory, il est relativement bien adapté à sa vie québécoise. Sa scolarisation au programme basket-ball-études lui a permis une intégration tout en douceur.

Liudmyla est consciente de l’aide qu’elle a reçue et en sera toujours reconnaissante. Elle est confiante en l’avenir, puisque l’aide sera toujours possible pour elle et pour tous les autres réfugiés, car la communauté qui l’a reçue a comme fondements l’entraide et le partage.

Un premier Noël en sol québécois

Une fête a été organisée pour souligner le Noël orthodoxe des familles ukrainiennes qui ont été accueillies depuis le mois de mars dernier. L’évènement s’est déroulé dans le sous-sol de l’église de Sainte-Adèle. Ce dîner a permis, notamment, de fraterniser entre les membres des différentes familles ukrainiennes qui ne se côtoient pas nécessairement souvent et aussi avec les bénévoles et les organisateurs de la soirée. 

Chants et danses ukrainiens, chants québécois et rigodons, mets ukrainiens et canadiens étalés sur les tables avec la célèbre bûche de Noël, ont créé une ambiance extraordinaire, semble-t-il. Lorsque les membres des familles ukrainiennes ont entonné, à l’unisson, leur hymne national, aux dires de Liudmyla et du curé Daoust, l’émotion était palpable. 

Il n’y avait pas si longtemps…

Le Noël orthodoxe

Liudmyla explique les traditions rattachées au Noël orthodoxe nommé aussi La Nativité du Christ. Pour les Ukrainiens, cette fête est purement religieuse. Ainsi donc, le jeûne, la confession qui a lieu la veille au soir lors des vêpres, l’eucharistie et surtout la messe de Noël à minuit en sont les éléments forts.

Le curé Daoust, présent à l’entrevue en tant que traducteur, a usé de ses connaissances de théologien pour apporter des précisions. « L’église orthodoxe célèbre Noël, comme nous, le 25 décembre. La nuance est qu’il s’agit du 25 décembre de l’ancien calendrier julien1 ».

Il poursuit ses explications : « Le 7 janvier du calendrier civil (grégorien)2 correspond au 25 décembre de l’ancien calendrier julien que l’Église orthodoxe continue de suivre. Les orthodoxes russes hors pays qui ont subi la diaspora3 suivent les rites et les règles très strictes de cette religion ». 

Liudmyla a discouru longuement sur la période de jeûne de 40 jours qui est une préparation à la célébration de Noël autant pour le corps que pour l’âme qui se purifie par la prière et la lecture des évangiles. Il se termine à la levée de la première étoile. 

La réussite de cette fête a fait germer une idée dans la tête des organisateurs : se réunir lors de la prochaine fête orthodoxe russe : Pâques, fête aussi importante que celle de Noël.

Eugénie, Christina, Maria Roksolana, Viktor et Aura ont accepté, lors du souper communautaire soulignant le Noël orthodoxe, de se faire photographier. Un autre plaisir qu’ils ont pu réaliser au cours de la fête. – Photo : Curé André Daoust
Un moment très émouvant. Chaque membre des familles ukrainiennes, ont entonné, la main sur le cœur, leur hymne national. Même les enfants ont participé à ce moment très précieux de la soirée (Liudmyla Lysenko-Viau est la cinquième en partant de la gauche). – Photo : Curé André Daoust

1. Le calendrier julien est un calendrier solaire utilisé dans la Rome antique. Il fut introduit par Jules César en 46 av. J.-C. jusqu’à son remplacement par le calendrier grégorien. Le calendrier grégorien est aussi un calendrier solaire conçu à la fin du XVIe siècle pour corriger la dérive séculaire (à tous les cent ans) du calendrier julien. L’unique différence entre les deux calendriers réside au niveau des années bissextiles – source Wiképédia.

2. Un calendrier solaire est un calendrier dont les dates indiquent la position de la Terre sur sa révolution autour du Soleil – source Wiképédia..

3. Diaspora : Dispersion d’une communauté à travers le monde (dictionnaire Le Robert)

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