Articles by Valérie Lépine

Pendant ce temps…

Rompre avec le déni de la crise écologique Valérie Lépine – Oui, nous sommes tous tannés, frustrés, déprimés, fatigués, épuisés et peut-être même très malades. Omicron sape actuellement le moral et la santé de bien des gens. La pandémie de COVID-19 est une épreuve que nous n’avions pas vue venir. Mais saviez-vous que cette pandémie était prévisible ? Et saviez-vous que pendant que nous essayons de limiter les dégâts de cette nouvelle maladie, une autre pandémie sévit mondialement ? Les épidémiologistes la redoutaient depuis longtemps et savaient qu’elle allait survenir : une maladie issue d’une espèce animale sauvage qui allait mettre l’humanité à genou. Des sonnettes d’alarme avaient cependant retenti dans les dernières années. Des sonnettes dont l’écho nous est maintenant familier : VIH, dengue, Ebola, Zika, SRAS, H5N1, H1N1… Mais aucune n’a été aussi assourdissante que celle de la COVID-19. Augmentation des nouvelles maladies Les maladies humaines issues de la propagation de virus initialement hébergés par des espèces animales non humaines (appelées zoonoses) sont en hausse. Depuis 50 ans, les épisodes épidémiques dus à des zoonoses augmentent. Le nombre de nouvelles maladies infectieuses aussi. Depuis 1970, 1 à 5 nouvelles maladies sont enregistrées par année. Avant, c’était une tous les 15 ans….


Animaux adaptés à l’hiver

Leurs adaptations sont parfois surprenantes Valérie Lépine – On le sait : au Québec, les hivers peuvent être très rigoureux. Certains animaux, comme la plupart des oiseaux, choisissent de fuir les affres de la saison froide et de migrer sous de plus chaudes latitudes. D’autres se sont adaptés aux rigueurs de la blanche saison et réussissent à survivre au froid, aux changements drastiques de l’environnement et à la rareté de la nourriture. Leurs adaptations sont parfois surprenantes. Mammifères : dormir ou pas ? Les mammifères du Québec ont adopté diverses stratégies pour survivre à l’hiver. Plusieurs restent actifs comme le cerf de Virginie, le lynx et le lièvre. Pour poursuivre leurs activités même au froid, ces mammifères vont faire des réserves de graisse. L’évolution a aussi fait émerger certaines caractéristiques morphologiques particulières pour augmenter les chances de survie. Ainsi, le pelage s’épaissit et change parfois de couleur. Le lièvre devient blanc l’hiver. Les grosses pattes du lynx lui permettent de marcher sur la neige sans trop s’enfoncer et sa petite queue limite les pertes d’énergie et les engelures. La fourrure très épaisse du renard arctique lui permet de garder sa chaleur, même à -80 ºC! Certains mammifères, comme le tamia rayé, certaines…


Le CRPF en campagne

Pour aider à poursuivre sa mission de conservation Valérie Lépine – Le 14 novembre dernier, le Comité régional pour la protection des falaises (CRPF) a lancé une campagne de financement, sa deuxième depuis 2018. Son objectif : amasser 25 000 $ d’ici Noël pour l’aider à poursuivre sa mission de conservation. La mission principale du CRPF est d’acquérir des terrains pour les conserver à l’état naturel et, dans certains cas, y permettre la pratique d’activités récréatives. Dès sa création en 2003, l’organisme souhaitait graduellement protéger un territoire de 16 km2 situé autour des escarpements de Piedmont, Prévost et Saint-Hippolyte. À l’heure actuelle, environ la moitié est désormais préservée.  Gilbert Tousignant, président de l’organisme, a expliqué au Journal que le CRPF tente d’acquérir un terrain par année. Les terrains ciblés sont choisis pour leur valeur écologique et/ou pour leur capacité à lier entre elles les parcelles déjà acquises par l’organisme. En 2020, le CRPF a acheté un terrain à Piedmont et en 2021, il a acquis une propriété de 41 hectares située à Saint-Hippolyte. Pour 2022, le CRPF souhaite devenir propriétaire d’un terrain de 6,2 hectares situé à Prévost. Ce terrain a déjà fait l’objet d’une étude par la biologiste et coordonnatrice de l’organisme, Éricka Thiériot. Celle-ci…


Forêt Héritage

Campagne de financement de 300 000 $ Valérie Lépine – Au début du mois de septembre, l’organisme Héritage Plein-Air du Nord (HÉPAN) a lancé une campagne de financement pour acquérir, entre autres, un terrain de 25 hectares (0,25 km2) situé à Sainte-Anne-des-Lacs. En entrevue téléphonique, le président de l’organisme, André Lessard, a apporté quelques précisions sur cette collecte de fonds. HÉPAN espère amasser 300 000 $ d’ici le 31 octobre pour acheter plusieurs terrains dont celui de 25 hectares situés près de la rue des Moucherolles à Sainte-Anne-des-Lacs et qui comprend un réseau de cinq kilomètres de sentiers1. Monsieur Lessard affirme d’entrée de jeu que l’organisme veut acheter ces terrains, puisque la mission d’HÉPAN est de « protéger le réseau de sentiers pour les pérenniser ». « L’acquisition de terrain, c’est notre cheval de bataille », ajoute-t-il. HÉPAN a déjà conclu une entente avec les propriétaires actuels du terrain de 25 hectares : celui-ci leur est réservé pour encore quelques mois. Si l’achat du terrain de 25 hectares se concrétise, la transaction bénéficiera du Programme de dons écologiques, ce qui implique, selon le président d’HÉPAN, que le montant que l’organisme aura à payer pour l’acquisition du terrain sera plus bas. Toujours selon monsieur Lessard, les propriétaires n’ont pas émis de…


Nouvelle réserve pour le CRPF

Statut de réserve naturelle dans les prochains mois Valérie Lépine – La réserve naturelle du Parc-des-falaises, propriété du CRPF (Comité régional pour la protection des falaises), a été créée en 2011. Depuis cette date, l’organisme a fait l’acquisition d’autres propriétés qui recevront, elles aussi, le statut de réserve naturelle dans les prochains mois. Le CRPF a pour mission de protéger les propriétés dont il fait l’acquisition et d’en soutenir l’utilisation écoresponsable. À chaque fois que l’organisme achète un terrain privé, celui-ci devient automatiquement protégé à perpétuité. Dans ce contexte, on pourrait se demander qu’est-ce que le statut de réserve naturelle vient ajouter à la protection du territoire géré par le CRPF? Quand un territoire est désigné comme réserve naturelle, « c’est la Loi sur la conservation du patrimoine naturel qui vient le protéger », déclare Éricka Thériot, biologiste et coordonnatrice au CRPF. Certes, le CRPF peut très bien assurer la conservation des propriétés dont il a la charge, mais le statut de réserve naturelle vient renforcer cette protection. Dès que ses propriétés reçoivent ce statut, elles sont doublement protégées : à la fois par le CRPF et par le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MELCC). Comment obtient-on…


Demain c’est aujourd’hui

Nous pensions que nous avions encore du temps Valérie Lépine – Nous pensions que nous avions encore du temps. Nous espérions que les catastrophes seraient pour demain. Nous pensions pouvoir continuer à mener une vie paisible même si cette vie était basée sur une croissance économique démesurée, l’exploitation sans limites des gisements pétroliers et la destruction des milieux naturels. Nous nous trompions : nous subissons aujourd’hui les effets de notre aveuglement. Nous vivons maintenant sur une planète au climat déréglé dont les espèces vivantes disparaissent à un rythme effréné. Il est maintenant difficile d’ignorer les signaux d’alarme. Toutes les semaines, si ce n’est tous les jours, les journaux publient des articles qui démontrent comment notre mode de vie est en train de détruire l’environnement naturel dont nous dépendons. La faune aviaire a décliné de 29 % en Amérique du Nord depuis 19701 et 28 % des espèces vivantes sont menacées dans le monde2. On estime que le nombre d’insectes en Amérique du Nord et en Europe a diminué de 80 %3. Pour la grande région de Saint-Jérôme, la température annuelle moyenne projetée pour la période 2021 et 2050 est de 7,4 ° C (comparativement à 4,8 ° C entre 1951 et 1980)4. Quarante millions d’hectares de forêts ont disparu depuis…


Champ libre au cycliste?

Héritage Plein Air du Nord saura-t-il retrouvé l’harmonie? Valérie Lépine – Forêt Héritage : à sa création en 2015, plusieurs espéraient que ce parc de 2 km2 allait être une oasis naturelle que tout un chacun pourrait fréquenter paisiblement. Six ans plus tard, Forêt Héritage est, pour plusieurs, devenu synonyme de conflits d’usage, de sentiers non sécuritaires et de problèmes liés à l’achalandage. Ces nombreuses difficultés sont ressorties, le 27 mai dernier, lors de l’assemblée générale annuelle de l’organisme. Et l’issue des élections laisse planer le doute sur la capacité qu’aura l’organisme à rétablir l’harmonie entre les usagers tout en maintenant sa mission de conservation et de préservation de la biodiversité. Depuis quelques semaines, Héritage Plein air du Nord (HÉPAN) est la cible de plusieurs critiques. Certains énoncent l’état lamentable de certains sentiers; d’autres, le bruit généré par un achalandage sans précédent d’amateurs de vélos de montagne; d’autres encore, le manque de sécurité de certains sentiers aménagés exclusivement pour les cyclistes. Des personnes ont renoncé à fréquenter le parc à cause des dangers posés par certains cyclistes téméraires. Un reportage a même été diffusé au Téléjournal de Radio-Canada faisant état des lacunes au niveau de la sécurité1.  Malgré toutes ces difficultés, Catherine…


Aux Falaises on arrache!

Certaines espèces doivent être éradiquées Valérie Lépine – Le mois dernier, le Journal vous invitait à ne pas cueillir les fleurs printanières. Ces mois-ci, le Journal vous rappelle que certaines plantes doivent malheureusement être arrachées et éventuellement éradiquées pour préserver la biodiversité de notre territoire. Espèces exotiques envahissantes : cette appellation fait dorénavant partie de notre vocabulaire. Moule zébrée, coccinelle asiatique, scarabée japonais, tortue à oreilles rouges, myriophylle à épis, berce du Caucase : toutes ces espèces ont été introduites au Québec et menacent maintenant notre flore et notre faune indigènes, la biodiversité en général et l’équilibre des milieux naturels.  Une autre plante a récemment été reconnue comme envahissante par les ministères et organismes de conservation : l’alliaire officinale. En effet, on commence aujourd’hui à reconnaître officiellement que l’alliaire est devenue un réel problème dans certaines régions du Québec. Cette plante, introduite par des horticulteurs européens au début de la colonisation, était utilisée comme condiment, car elle a un goût qui ressemble à celui de l’ail avec un arrière-goût de moutarde. On l’appelle d’ailleurs communément herbe à l’ail. Elle se retrouve sur le bord des sentiers et des pistes cyclables et même dans les jardins des particuliers. Elle préfère les sols fraîchement bouleversés…


Ne me cueillez pas

Ces petites merveilles qu’il faut laisser là! Valérie Lépine – Peu de temps après la fonte des neiges, les fleurs printanières commencent à égayer la forêt. Certains auront envie de cueillir ces petites merveilles. Ce geste est très humain – qui ne voudrait pas s’approprier la beauté ? -, mais il faut absolument apprendre à s’en abstenir. « Ni cueillir, ni transplanter, ni modifier son habitat » Ce leitmotiv se retrouve dans chacun des articles concernant les fleurs de sous-bois dans l’ouvrage Flore printanière de Gisèle Lamoureux. C’est dire comment ces fleurs sont fragiles. Les trilles, érythrones, maïenthèmes, sanguinaires, trientales et autres espèces de la flore forestière québécoise ont une croissance très lente. Leur bulbe (ou rhizome) prend environ 10 ans avant d’accumuler assez d’énergie pour fleurir. Pour la même raison, elles ne se répandent pas facilement – le bulbe prend du temps avant de pouvoir se dédoubler. Et depuis la colonisation européenne, il y a plus de 400 ans, ces fleurs, qui ne survivent qu’en forêt, ont vu leur habitat de prédilection se réduire considérablement. Pour qui serait quand même tenté de les cueillir, il est à noter qu’un bouquet de fleurs printanières pourrira très rapidement. Contrairement aux fleurs qui poussent durant l’été et à…


La fermeture des sentiers au printemps

Pourquoi la respecter Valérie Lépine – Les randonneurs printaniers se butent souvent à des affiches indiquant que les sentiers sont fermés durant la période de dégel. Impatients de profiter enfin des premières journées chaudes, certains seront tentés de contourner ces interdictions et de parcourir malgré tout les sentiers. Il vous est assurément déjà arrivé de plaindre un pauvre arbre qui a eu la malchance de pousser dans une partie escarpée d’un sentier et dont les racines émergent maintenant de la terre? Ou de déplorer que, dans le bas d’une pente, les plantes bordant le sentier ont été complètement piétinées par les randonneurs? Tous ces dommages ont probablement été causés par les marcheurs qui, par ignorance ou par indifférence, ont emprunté les sentiers durant la période de dégel. Les sentiers sont particulièrement fragiles au printemps. La neige qui les protégeait a fondu, mais les températures vacillent encore autour du point de congélation. L’eau contenue dans le sol prend de l’expansion lors des périodes de gel et crée des mares de boue lors des périodes de dégel. L’action du gel et du dégel, en plus de la pluie, réduisent la capacité de drainage du sol, ce qui rend les sentiers plus vulnérables…