Exposition à Montréal
Le Génie de Rodin et son atelier

Adam (pourLa porte de l’Enfer), Auguste Rodin (1840-1917). (Photos : Lise Pinard)
Lise Pinard
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Le Musée des Beaux-Arts de Montréal nous offre les Métamorphoses dans l’Atelier de Rodin. On y expose plus de 120 sculptures et des dessins et croquis. Chacune des pièces décrit un mouvement ou une attitude du corps humain qu’il a immortalisés en y introduisant les sentiments que ce soit la joie, la colère, l’amour ou la douceur, on ne peut que rester bouche bée devant cette œuvre gigantesque.

Issu d’une famille modeste, il raconte son éveil à l’artiste en devenir en ces mots : « Mes trois années à la Petite École furent ma période de germination. C’est là que ma personnalité s’est implantée sur des bases solides, sans aucun obstacle, que les graines de mon évolution ont été semées; et c’est ici que j’ai bénéficié de la seule instruction de ma vie ». Son passage, entre autre à l’École des Beaux-Arts n’a pas été apprécié des professeurs de l’époque. Toutefois, il ne s’en laissait pas imposer, ses traits de caractère doublés d’une stature imposante, l’ont projeté vers sont objectif qui était de renouveler l’art de la sculpture.

C’est d’abord par le dessin qu’il s’introduit au domaine des arts, puis voulant leur donner forme il utilise les moules de plâtre, puis du plâtre au marbre ou au bronze. Les pièces d’abord minuscules sont devenues de plus en plus grandeur nature et même de vrais monuments, utilisant le nouvel instrument soit le pantographe, pour reproduire le plus exactement possible le petit plâtre en format plus grand et dans un matériau durable.

C’était bien un atelier que Rodin dirigeait, il était le maître d’œuvre. Né en 1840 il a vu la montée en puissance du chemin de fer, du télégraphe et par la suite, de la photographie et du cinéma, c’était la révolution industrielle qui a eu ses retombées dans le domaine des arts. Visionnaire passionné et minutieux, il a su apprécier le génie de toute personne, dans ce monde en ébullition, qui s’intégrait à son équipe, que ce soit en introduisant un matériau ou une invention qui améliore l’objet de sa création tout en maintenant le cap de son idée maîtresse. On peut dire que ses projets on prit forme grâce à des modèles, des artisans, des assistants et collaborateurs, tous animés par cette époque effervescente.

Décédé en 1917, il a côtoyé tout au long de sa vie des écrivains ou artistes de tout acabit. C’était un personnage, un génie, qui a donné ses lettres de noblesse à l’art de la sculpture.

À l’affiche au Musée des Beaux-Arts de Montréal jusqu’au 18 octobre prochain. Il faut souligner le magnifique travail du muséologue qui a su mettre en valeur toutes ces pièces en exposition.

Info : 450 285-2000 – 1339, rue Sherbrooke Ouest, Montréal.

 

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