Point de vue de l’ABVLACS
Continuer à polluer sans douleur ou…

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Jean Mssé – C’est assez ironique tout ça, parce que l’Office national de l’énergie, l’organisme fédéral chargé d’étudier ce dossier, n’a même pas voulu prendre en compte l’impact sur les changements climatiques du pétrole des sables bitumineux de l’Alberta qui sera produit pour alimenter cet oléoduc. Ironique parce qu’au lieu de soigner notre planète pour y préserver la vie qui y a élu domicile, on se demande comment continuer à la polluer et à la détruire sans douleur et sans que cela ne paraisse.

La mathématique est sans appel
La vaste majorité des scientifiques qui œuvrent dans le domaine du climat, les représentants des Nations Unies et la voix de millions de gens s’élèvent de plus en plus dans le monde pour que cessent ces assauts répétés. Parce qu’en bout de ligne, il faut bien se le dire, ce n’est pas la Terre que nous détruisons, elle en a vu bien d’autres, mais c’est nous qui nous détruisons en bousillant les écosystèmes qui nous permettent d’y vivre.

Même des multinationales de l’énergie et des chefs d’État se rencontrent derrière des portes closes avec des scientifiques pour discuter de la transition inéluctable que nos sociétés devront faire pour éviter ou à tout le moins réduire le plus possible les effets du réchauffement climatique que l’humanité a elle-même créé.

L’atmosphère terrestre qui est notre bien commun à tous peut absorber une certaine quantité de dioxyde de carbone en un temps donné2. Mais au rythme où vont les choses, nous sommes en train d’atteindre un seuil critique. Cette limite sera franchie sous peu (elle l’est déjà à plusieurs endroits dans le monde) et ce sont tous les peuples de la Terre sans distinction qui en souffriront.

Personne ne sera à l’abri
La solution est de se tourner vers les énergies renouvelables et durables. Nos gouvernements nous parlent de « transition » alors que dans les faits ils continuent de subventionner directement et indirectement les énergies fossiles. Selon le Fonds monétaire international (FMI), en 2015, les états de la planète verseront 5300 milliards de dollars à ce secteur3.

Oui, 5300 milliards de dollars, vous avez bien lu. « C’est davantage que ce que tous ces gouvernements paient en santé », rapportait lapresse.ca dans son édition du 25 mai 2015. Et c’est sans compter les centaines de milliards de dollars qui sont investis actuellement dans les énergies fossiles par les compagnies elles-mêmes.

Si on souhaite vraiment faire une transition, il nous faut un plan crédible et réaliste. Les technologies existent; l’Allemagne, la première économie d’Europe, est en train de faire ce virage, pas juste de le dire. Si les Allemands peuvent le faire, pourquoi pas nous ? Nous devons cesser d’investir ces milliers de milliards de dollars dans les énergies fossiles pour les réinvestir dans un plan de transition et dans les énergies renouvelables.

L’heure n’est pas à se demander comment nous allons faire pour continuer à répandre le « poison » sécuritairement à travers nos territoires, mais plutôt comment l’endiguer et comment le remplacer. Tel un alcoolique, nous sommes encore dans le déni et à tenter de trouver des stratégies qui nous permet-traient de continuer à boire, mais avec un peu plus de discipline et de pseudo contrôle. Il faut cesser de boire pour réussir à sortir de cet esclavage.

La clé n’est pas dans une fuite en avant comme nous le faisons actuellement, mais dans le regard lucide et bienveillant que nous pourrons porter sur notre monde, sur l’avenir et sur nous-mêmes. –Nous en sommes capables tous ensemble.

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