Valérie Blais à En Scène
Tout sur Valérie (ou presque) !

Photo :Joanis Sylvain-Lyne Gariépy en compagnie de Valérie Blais
Lyne Gariépy
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Chaque génération associe Valérie Blais à un projet différent. Une partie de la génération Y la connaît pour son rôle de Rafi, sympathique ratonne dans l’émission pour enfant Cornemuse. Ses contemporains de la génération X l’ont appréciée dans la série télé Tout sur moi, avec Macha Limonchik. Les baby Boomers l’identifient à Home dépôt, dont elle était la tête d’affiche des publicités, ou au théâtre. Mais à partir de maintenant, tous ceux qui ont vu son spectacle, en particulier son numéro sur les générations, se rappelleront une actrice qui est aussi une humoriste à part entière, n’ayant rien à envier aux vieux du métier.

Vous connaissez l’adage qui dit qu’une actrice veut être aimée à tout prix? Eh bien, dans ce cas, Valérie Blais est une très bonne humoriste, car on sent qu’elle veut nous faire rire, sans se préoccuper qu’on l’aime ou pas. Dès son premier sujet (les gros), elle n’a pas peur des malaises, et elle affirme ses opinions. S’ensuivent la maternité tardive, les « cheaps », la grâce pour culminer avec les générations, où elle en dessine un portrait ressemblant de celles-ci, tout en nous faisant rire. Une étude sociale humoristique ! Ses expériences d’actrice se font sentir dans le rythme, dans sa présence sur scène, et c’est tout à son avantage.

Au final, un spectacle bien serré, où tout s’enchaîne. C’est intelligent, vif, divertissant, mais surtout très drôle. Une femme entière et honnête, qui nous présente un spectacle tout aussi complet et honnête.

J’ai eu le plaisir de la rencontrer avant sa représentation du 7 novembre, à Saint-Jérôme, présentée par En scène. Je vous laisse découvrir cette femme intéressante par vous-même.

Le premier spectacle auquel tu as assisté? – Michel Fugain et le Big Bazar, en 1973, à la place des arts. J’avais 5 ans.

Dernier spectacle auquel tu as assisté ? – Frédéric Dubé, un jeune humoriste.

Ce qui te fait rire? – Ce qui me fait vraiment rire, c’est les gens qui se pensent et se présentent comme étant ouverts et altruistes, mais qui, en réalité, sont fermés et centrés sur eux-mêmes, complètement en contradiction avec ce qu’ils veulent paraître.

Ce qui te fait pleurer? – Les enfants. Ils ont une authenticité qui me fait pleurer de beauté.

Une autre époque où tu aurais aimé vivre ? – J’aurais aimé connaître les années folles, entre 1920-1925. Ou sinon, j’aurais aimé découvrir les années 1960-1970, mais en ayant 30 ans, pour en profiter, car en 1970, je n’avais que deux ans.

Un autre pays où tu aimerais vivre ? – N’importe lequel pays nordique européen, comme la Suède, le Danemark ou la Finlande. Je m’identifie aux valeurs qu’ils véhiculent, comme l’égalité homme-femme, leurs choix de société, etc. Et le climat est aussi semblable au nôtre… C’est d’ailleurs ce qui me fait sentir une proche parente de ces pays ! Sans farce, c’est un climat que j’apprécie.

Ta plus grande qualité ? – Ma générosité.

Ton plus grand défaut? – Mon impatience, ma colère.

Donc, ton personnage dans Tout sur moi, était vraiment proche de toi ? (Son personnage était quelqu’un de direct, de colérique, qui s’emportait facilement, mais qui était très généreux, et fidèle en amitié.) – Oui, c’était du copier-coller de ma personnalité.

Si tu pouvais changer une chose chez toi ? – Si je pouvais savoir ce que l’avenir nous réserve, je pourrais le prévenir. Mais si devais choisir, je resterais jeune plus longtemps et je doublerais mon espérance de vie. Je suis ronde, et même si, pour des raisons de santé, je suis contente de perdre quelques livres, tant que je suis active et en forme, je suis heureuse. Être ronde ne m’a jamais empêchée de devenir actrice, d’avoir de beaux amoureux, et de faire ce que je veux.

Si tu pouvais changer quelque chose dans le monde ? – Je rendrais les gens plus altruistes. Je suis convaincue que ça améliorerait la société.

Ce qui t’inspire ? – Les gens qui ont un rêve, qui ont une vision, qui voient loin. Bref, les visionnaires!

Une personnalité, vivante ou disparue, que tu aimerais rencontrer ? – Anton Tchekhov, un dramaturge
russe extraordinaire qui était aussi médecin. Il était très prolifique, car en 20 ans, il a publié plus de 600 œuvres !

Une personnalité à qui tu refuserais de serrer la main ? – (Sans hésitation) Stephen Harper! Il nous a collectivement volé 10 ans de notre vie, et pas seulement pour les artistes, mais pour l’écologie, la recherche, etc. Quand on pense au bâillonnement des scientifiques, ça n’a pas de sens ! Je suis certaine qu’on va découvrir un jour qu’il était un robot tellement il a l’air froid !

Ta plus grande peur sur scène?– Avant, j’avais peur de faire de l’humour, et j’y suis arrivée. Mais je n’ai pas vraiment de peur sur scène. J’ai plus peur dans le monde. Sur scène, je me sens bien, je me sens à l’aise, je me sens chez moi. Chaque moment passé sur scène est un moment de pur bonheur.

La fois où tu as eu le plus honte sur scène ? – J’ai déjà ri à un endroit où je ne devais pas rire, parce que mon collègue était entré au mauvais moment, et j’ai eu le fou rire tout le restant de la pièce.

Ce qui te rend la plus fière? – Ma fille de 4 ans.

Lorsque tu seras très âgée, pour quelle raison voudrais-tu qu’on se souvienne de toi? – J’ai la chance d’avoir marqué une génération d’enfants avec mon rôle de Rafi, dans Cornemuse. C’est un grand privilège d’avoir fait partie de leur enfance, et je serai fière qu’on se souvienne de moi pour ça.

Le pourcentage d’autobiographie dans ton spectacle ? – 100 %. Des fois, on a un peu brodé, mais tout est parti de ma vie.

Ce qu’il te reste à accomplir pour être comblée ? – C’est drôle que tu me demandes ça, parce que dernièrement, j’y pensais. Je suis rendue à un point dans ma vie, où j’ai eu des rôles qui m’intéressaient, j’ai eu un enfant, j’ai mon spectacle d’humour. Je suis heureuse de tout ça. Mais j’aimerais bien présenter mon spectacle en Europe. Pas pour faire carrière là-bas, car je suis trop âgée, mais juste pour le plaisir de fouler les planches de l’autre côté de l’Atlantique!

Merci, Valérie, de ta grande générosité !

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