Vivre mieux avec moins

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Valérie Lépine
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Valérie Lépine – La planète et ses habitants sont malades. Les symptômes? Événements climatiques violents, disparition alarmante des forêts primaires, perte de biodiversité, flambée des prix en alimentation, crises économiques à répétition, épidémie d’obésité… Certains voient la cause de ces fléaux dans la sacro-sainte idéologie de la croissance économique à tout prix. Et ils nous proposent une autre façon de voir nos sociétés.

L’accident de l’Exxon Valdez et la guerre en Irak a complètement changé la vie de l’Américain Jim Merkel. Au vu de ces catastrophes, il a radicalement son mode de vie. Il vit maintenant de façon très modeste, a écrit le livre Radical Simplicity, Small Footprints on a Finite Earth et dirige l’organisme Global Living Project. 1

Merkel fait partie d’un mouvement mondial appelé Mouvement de la décroissance (degrowth en anglais) qui réunit des gens qui veulent trouver des alternatives au mode de vie capitaliste qui n’est tout simplement plus viable aujourd’hui. L’exploitation sans borne des ressources limitées de la terre et l’accumulation de biens matériels compromettent notre avenir.

Un mouvement en évolution

Bien que les idéaux de décroissance aient influencé la pensée de bien des philosophes dans l’histoire, on attribue la naissance du Mouvement de la décroissance à Nicholas Georgescu-Roegen qui, dans son livre The Entropic Law and the Economic Process sorti en 1971, tente de secouer les paradigmes économiques dominants. Se basant sur la 2e loi de thermodynamique, il rappelle que « le processus économique matériel ne peut se répéter et s’accroître indéfiniment dans un monde où l’énergie […] et les matières premières sont limitées »2 Le livre The Limits to Growth publié en 1972 par le Club de Rome est aussi à l’origine de ce mouvement.

Le Mouvement a réellement pris son envol en 2001 en France. Il a depuis pris de l’ampleur, notamment en Europe, où des partis politiques et des revues inspirés de ces principes ont vu le jour. La décroissance est aussi au cœur de la philosophie de plusieurs disciplines et courants de pensée mondiaux tels que l’agroécologie, la justice environnementale et les écovillages.

Montréal a été l’hôte de la troisième conférence du Mouvement en 2012 et, en 2006, le Mouvement québécois pour une décroissance conviviale a vu le jour avec comme slogan « Moins de biens, plus de liens ». 3

Principes fondateurs

Le site de Research and Degrowth4 définit la décroissance durable comme une réduction de la production et de la consommation entraînant davantage de bien-être et de justice et améliorant les conditions écologiques de la planète. Le Mouvement de la décroissance plaide en faveur d’un futur dans lequel les sociétés vivent selon leurs moyens écologiques, soutiennent les économies locales et distribuent les ressources de façon plus équitable à travers de nouvelles formes d’institutions démocratiques. Dans de telles sociétés, le principe de « croître ou mourir » ne serait plus valide et l’attrait de l’accumulation matérielle ne sera plus prépondérant dans l’imaginaire collectif. Et le calcul de la mesure de la croissance économique tiendrait aussi compte de l’impact environnemental des moyens de production et du bien-être de la population.

On observe que le Mouvement de la décroissance fait de plus en plus d’adeptes à travers le monde. Les mesures d’austérité imposées par différents gouvernements et le taux de chômage élevé de certains pays ont incité beaucoup de gens à revoir les principes qui sous-tendent la société capitaliste actuelle.

À voir et à lire aussi sur des sujets connexes :

Le livre This changes everything (Tout peut changer) de Naomi Klein qui traite de l’influence de l’idéologie capitaliste sur les changements climatiques.

Le documentaire Requiem for an American Dream de Peter D. Hutchison dans lequel Noam Chomsky démontre comment la richesse et le pouvoir aux États-Unis ont été transférés à une poignée d’individus.

Le documentaire Demain de Cyril Dion et Mélanie Laurent qui énumère des solutions pour mitiger notre empreinte écologique (voir l’article Ciné-gars/Ciné-fille à ce sujet)

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