Une pause dans l’espace-temps avec Ryan Kennedy

Photo : Élise Paquin; Ryan Kennedy en compagnie de la violoniste, Anne Elizabeth.Photo : Élise Paquin; Ryan Kennedy en compagnie de la violoniste, Anne Elizabeth.
Alexandra Girard

Alexandra Girard

Journaliste stagiaire 2015-2016 chez Journal des citoyens
Alexandra Girard

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Alexandra Girard – C’est avec une voix incomparable que Ryan Kennedy a capté l’attention d’une foule transportée par la beauté de ses compositions country-folk. Le chanteur, originaire de Morin-Heights, s’est emparé magnifiquement de la scène du Théâtre du Marais le 3 juin dernier avec la puissance et la sincérité que l’on reconnaît aux plus grands.

Photo : Élise Paquin; Ryan Kennedy et ses compositions country-folk ont enivré la salle du Théâtre du Marais le 3 juin dernier.

Photo : Élise Paquin;
Ryan Kennedy et ses compositions country-folk ont enivré la salle du Théâtre du Marais le 3 juin dernier.

Jeffrey Piton a signé tout en finesse la première partie du spectacle, sous un éclairage minimaliste, avec pour seul accompagnement sa guitare acoustique. Bricoler a plongé la salle dans un silence des plus complets laissant place à la douceur des notes, justes et enlevantes, et la poésie d’un cœur «usé et magané». C’est entre deux chansons aux sonorités indie-folk que l’auteur-compositeur-interprète a confié aux spectateurs avoir rencontré Ryan Kennedy au pub Olde Orchard, à Saint-Sauveur, mais également enregistré son tout premier album, La transition, à Sainte-Adèle. Comme quoi les Laurentides sont porteuses de rencontres fructueuses et de talents à couper le souffle.

L’entracte terminé, c’était le tour de Kennedy d’entrer sur scène, longue barbe et veste de cuir, fin prêt à interpréter ses plus récentes chansons tirées de Home Fires, mais également quelques nouvelles pièces musicales destinées à un prochain album. Avec ses musiciens doués, suivant le timbre singulier de sa voix capable de faire ressentir toutes les nuances du sensible, il a réussi à mettre de l’avant un country quelque peu revisité. Dans un élan énergique, les rythmes soutenus de la batterie, les mélodies entraînantes de la violoniste Anne Elizabeth, et les délicates harmonies vocales à la saveur folk fusionnaient dans un heureux mélange musical, singulier, nouveau.

Instant de vertige, lorsque le groupe a interprété The girl from the north country, de Bob Dylan, chanson qui sied à merveille au talent de Ryan Kennedy, qui aurait voulu en être l’auteur. Le temps a semblé s’arrêter, le classique des années 60 a pris une toute autre forme, le chanteur se l’est appropriée habilement pour le manier à sa manière, avec toute sa spécificité. Le résultat a laissé les spectateurs sans mot. De même pour l’interprétation de Rocket man, d’Elton John, qui a touché droit au cœur tous ceux qui se trouvaient dans la salle.

Au fil de la prestation, un invité spécial s’est pointé le bout du nez pour se joindre aux nombreux musiciens sur scène. Nul autre que Martin Goyette – et sa voix rauque de bluesman expérimenté – a donné une toute autre couleur aux compositions de Kennedy. Moment fort où les deux chanteurs ont amalgamé, durant un duo enivrant, l’harmonica, la guitare, le blues, le soul et le folk. Fébrilité dans l’air, la foule écoutait attentivement cette union particulière, de deux talents intrinsèquement distincts, qui s’approchait à grands pas de la perfection.

La soirée s’est terminée avec Honest song, des rythmes persuasifs, des sons enveloppants, réconfortants, et un Ryan Kennedy, généreux, vrai.

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