Un coq, plutôt un pigeon !

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Lyne Gariépy
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Spectacle : Je4n-Michel Anctil

Lyne Gariépy-Malgré une blessure à la jambe, Jean-Michel Anctil a offert à son public une excellente performance le 12 novembre dernier à Saint-Jérôme. La représentation de son quatrième spectacle d’humour, Je4n-Michel Anctil, n’a en rien souffert de cette blessure. Contrairement à l’humoriste, qui, malgré son professionnalisme, ne pouvait parfois pas cacher sa douleur. Retour sur un show à voir, une présentation En Scène.

Photo : Joanis Sylvain; Jean-Michel Anctil et Lyne Gariépy.

Photo : Joanis Sylvain; Jean-Michel Anctil et Lyne Gariépy.

D’entrée de jeu, Jean-Michel Anctil nous avoue s’être blessé à la jambe lors d’un enregistrement de l’émission Les recettes pompettes , d’Éric Salvail. Ce dernier a eu l’idée de demander à Jean-Michel de faire le grand écart (ce qu’il fait habituellement), mais en patin à roulettes. L’humoriste a tenté l’exploit, mais la vitesse de descente avec les patins a causé la blessure en question. Malgré tout M. Anctil a offert un spectacle dans lequel il a mis le meilleur de lui même.

Parlant du meilleur, Jean-Michel Anctil nous parle aussi du pire, par le biais de ses défauts, dont il fait l’énumération. « Des défauts dont je pensais, à la base, que c’était des qualités… À partir de quand une qualité devient-elle un défaut? Si t’es déterminé, tu deviens tête de cochon! » nous dit-il. Plusieurs spectateurs viennent d’ailleurs se confier après les spectacles, sur les similitudes de leurs défauts (ou ceux de leur tendre moitié), et les défauts avoués par Jean-Michel. Comme quoi il n’est pas seul!

L’humoriste, qui vient de tourner un film dramatique Nous sommes les autres, et qui joue dans la série télé Mes petits malheurs, doit avoir une vie bien occupée. Il nous encourage tout de même à savourer les moments parfaits « Ceux dont on ne réalise pas quand ils sont là, dont on ne profite pas assez. Ceux qui nous font dire : Wow ! À cet instant, je ne voudrais pas être ailleurs ». Comme humer l’odeur du bacon, ou comme il l’appelle, « le pot-pourri pour garçon ». Il traite aussi de l’importance que l’on accorde au regard des autres. Par exemple, en décoration, où la phrase « il t’en faut un » peut devenir un signe de danger. Tout comme « ça va être correct », est souvent annonciateur du contraire dans la vie courante.

Les premières fois sont aussi abordées dans son spectacle, qu’elles soit chastes (premier coup de foudre) ou sexuelles (sa première fois). Bref tous ces moments qui rythment une vie. Plusieurs autres sujets sont présentés, reflet d’un homme doué pour l’observation et l’introspection, autant que pour rire de lui même. Comme lorsqu’il nous avoue qu’il a cru longtemps être un coq, pour finalement découvrir qu’il était plutôt un pigeon. Un moment d’humour délicieux.

Pour conclure ce très bon spectacle, Priscilla et Râteau sont apparus à tour de rôle sur scène, en version dépouillée, mais toujours aussi drôles.

Jean-Michel Anctil est aussi un homme fidèle, comme en témoignent ses 27 ans d’amour avec la même femme, mais aussi le fait qu’il aime s’entourer des mêmes comparses pour créer ses spectacles. La mise en scène de Je4n-Michel Anctil, a été faite par Dominic Anctil, travail qu’il avait déjà assumé à l’époque de Tel Quel, le précédent spectacle de son frère. L’humoriste a aussi travaillé avec les mêmes auteurs que pour ce dernier spectacle, soit Simon Cohen, Martin Petit et Pierre-Michel Tremblay. Un gage de qualité !

Voici l’entrevue qu’il m’a accordée après le spectacle, avec beaucoup de patience, malgré sa blessure qui l’obligeait à rester debout.

Quel est le pourcentage d’autobiographie dans ton spectacle ? – Un bon 80 %, certain.

Ce qui te fait rire ? – Je suis bon public. Les gens qui sursautent me font rire.

Ce qui te fait pleurer ? – Les moments touchants parents/ enfants. Mais des moments vrais, pas fakes.

Le premier spectacle auquel tu as assisté ? – Celui de Jean Lapointe au grand théâtre de Québec. J’étais jeune et j’ai dit à ma mère : « Un jour tu vas venir ici, et c’est moi qui serai sur scène ». Et c’est ce que j’ai fait.

Ton média préféré ? – Un peu de tout, chacun a son point fort. Pour la scène, c’est la liberté de contrôler le temps. La télé, c’est l’équipe. Au cinéma, c’est le côté gang. Je tournais dernièrement dans un film, nous sommes les autres, qui est un drame, et entre les scènes on déconnait pour désamorcer. À la radio, c’est l’instantanéité : je parle, l’auditeur m’entend.

Ce qui te rend triste ? – La bêtise humaine.

Ce qui te rend en colère ? – La circulation.

Ce qui t’adoucit ? – La musique.

Mot ou phrase préféré ? – Papa. J’aime entendre ce mot par mes filles.

La fois où tu as eu l’air le plus fou/ où tu as eu honte ? – Ado, j’ai fendu mes culottes en arrivant au salon Pepsi jeunesse. J’ai passé toute la visite avec mon chandail de laine attaché autour de la taille. Là où c’était encore moins intéressant, ç’a été de me rendre à l’autobus en t-shirt, en hiver.

Si tu pouvais changer une chose ? – Je reculerais aux recettes pompettes et je refuserais de mettre les patins à roulettes pour faire le grand écart.

Ta meilleure première fois ? – La première fois où je suis monté sur scène.

Quelle question aimerais-tu te faire poser ? – Si tu avais le choix d’inviter qui tu veux pour souper, qui serait autour de la table? Coluche, René Lévesque, Yvon Deschamps, Mélanie Maynard.

Ce qu’il te reste à accomplir pour être comblé ? – Maintenant que j’ai goûté à l’expérience du cinéma, j’aimerais bien faire un autre film.

Merci Jean-Michel. Il sera à Sainte-Agathe pour quatre représentations à la fin août et au début septembre 2017.

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