Parlons baroque…

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Yvan Gladu

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Yvan Gladu est impliqué dans le Journal des Citoyens de Prévost, Piedmont et Sainte-Anne-des-Lacs depuis sa fondation.Vice-président au conseil d’administration du Journal, il y est aussi membre du comité de correction depuis de nombreuses années. Parallèlement à ses fonctions au Journal, il est aussi président du conseil d’administration de DiffusionsAmal’Gamme depuis une vingtaine d’années et rédige les articles sur les activités présentées par le diffuseur prévostois.
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Avec Diffusions Amal’Gamme

Yvan Gladu- Comme le premier concert de 2017 présenté par Diffusions Amal’Gamme met en scène l’ensemble Rendez-vous-baroque-français, nous avons pensé rassembler quelques informations sur ce style qui occupe une place importante dans l’histoire.

Le baroque est un mouvement artistique qui trouve son origine en Italie dans des villes telles que Rome, Mantoue, Venise et Florence dès le milieu du XVIe siècle et se termine au milieu du XVIIIe siècle. Il débute aux alentours de 1580. Il touche tous les domaines artistiques, sculpture, peinture, littérature, architecture, théâtre et musique et se répand rapidement dans la plupart des pays d’Europe. Il se caractérise par l’exagération du mouvement, la surcharge décorative, les effets dramatiques, la tension, l’exubérance, la grandeur parfois pompeuse et le contraste, ce même contraste dont parlait Philippe Beaussant : l’époque baroque a tenté de dire « un monde où tous les contraires seraient harmonieusement possibles ».

Le terme « baroque » vient du portugais « barroco » qui signifie « perle irrégulière ». Il fut choisi pour qualifier, au début de façon péjorative, l’architecture baroque venue d’Italie. Le mot n’a été utilisé pour parler de la musique de cette époque qu’à partir des années 1950. Les idées germinales du baroque se retrouvent dans le travail de Michel-Ange.

Directement inspirée de l’architecture baroque, la période baroque en musique s’étend de 1600 à 1750. Le baroque couvre donc une large période dans l’histoire de la musique et de l’opéra de façon plus ou moins uniforme selon les pays. De façon nécessairement schématique, l’esthétique et l’inspiration baroques succèdent à celles de la Renaissance, apogée du contrepoint et de la polymélodie, et précèdent celles du classicisme.

L’ère de la musique baroque débute symboliquement en Italie avec l’opéra de Claudio Monteverdi (1567-1643), L’Orfeo (1607), et se termine avec les contemporains de Johann Sebastian Bach, de Georg Friedrich Haendel et d’Antonio Vivaldi. Jean-Philippe Rameau (1683-1764) et Georg Philipp Telemann (1681-1767), du fait de leur longévité, composent leurs dernières œuvres dans les années 1760, mais bien avant cette décennie, les compositeurs plus jeunes se sont tournés vers un nouveau style. Les deux pôles de la musique baroque sont l’Italie et la France, dont les styles sont fortement opposés malgré des influences réciproques. Cette opposition était telle que beaucoup de musiciens de l’une des écoles allaient jusqu’à refuser de jouer des œuvres provenant de l’autre.

Le style italien se diffusa largement hors d’Italie. La France est sans doute le pays qui résista le plus à cette domination, sous l’influence de Jean-Baptiste Lully (Italien naturalisé français), jusqu’à la Querelle des Bouffons, au milieu du XVIIIe siècle. Le classicisme, plus tard, aura pour ambition de « revenir à la nature ». La confrontation de ces deux idéaux trouve une de ses illustrations les plus célèbres dans la véhémente Querelle des Bouffons qui confronte, en France vers 1740 la tragédie lyrique à la française et l’opéra-bouffe italien (Rameau contre Rousseau). On parle alors d’« interprétation baroque », lorsque le chef d’orchestre décide de jouer une œuvre avec les instruments de l’époque, les rythmes dits de l’époque (plus rapides) et les diapasons supposés de l’époque.

Le style baroque se caractérise notamment par l’importance du contrepoint, puis par une harmonie qui s’enrichit progressivement, par une expressivité accrue, par l’importance donnée aux ornements, par la division fréquente de l’orchestre avec basse continue (qui est nommé ripieno), par un groupe de solistes (qui est le concertino) et par la technique de la basse continue chiffrée comme accompagnement de sonates. C’est un style savant et sophistiqué.

Le style baroque exprime aussi beaucoup de contrastes : les oppositions notes tenues/notes courtes, graves/aiguës, sombres/claires (un accord majeur à la fin d’une pièce mineure)… ou encore l’apparition du concerto (de l’italien concertar « dialoguer ») qui met en opposition un soliste au reste de l’orchestre (le tutti), l’opposition entre pièces d’invention (prélude, toccata, fantaisie) et pièces construites (fugue) ne sont que des exemples.

Quelques instruments sont spécifiquement liés à cette époque où ils atteignent leur apogée (de la facture comme de la littérature) avant de connaître le déclin, voire l’oubli complet du milieu du XVIIIe siècle jusqu’au début du XXe siècle ou plus tard. La tradition de facture s’étant perdue entre-temps a pu être restituée, au moins partiellement par l’analyse des instruments anciens qui subsistent, et l’étude des traités lorsqu’ils existent. Parmi ceux-ci, la flûte à bec et le cornet à bouquin, les clavecins, le luth et le théorbe, l’orgue qui est resté au XIXe siècle l’instrument privilégié de la liturgie, mais n’intéresse plus guère les grands compositeurs jusqu’à César Franck. La facture de l’orgue à transmission mécanique atteint son apogée, en France et dans les pays germaniques pendant les XVIIe et XVIIIe siècles, les violes de gambe qui ont connu leurs heures de gloire pendant trois siècles, de 1480 à 1780; le violon baroque, à partir du XIXe siècle, les violons ont subi des changements de caractère esthétique et sonore.

Les instruments de cette époque avaient besoin d’être accordés très souvent. Le diapason utilisé était variable en fonction des lieux, souvent déterminé par la longueur des tuyaux de l’orgue de l’église, eux-mêmes fonction de la richesse de la paroisse et du budget qu’elle pouvait consacrer à la fabrication de l’instrument. Le diapason, c’est-à-dire la valeur du « la » de référence pourra varier au-dessus ou en dessous du « la 440 Hz » de l’accord romantique.

Parmi les nombreux musiciens de la cour de Louis XIII,  Louis XIV et Louis XV, on peut mentionner : Louis Couperin (vers 1626–1661), Jean-Baptiste Lully (1632–1687), d’origine Italienne (Lulli), naturalisé Français en 1661, Marin Marais (1656–1728), Michel-Richard de Lalande (1657–1726), François Couperin (1668–1733), Jean-Philippe Rameau (1683–1764), Joseph Bodin de Boismortier (1689–1755).

Forts de ces informations, vous serez à même d’apprécier le concert du 29 janvier. http://www.diffusionsamalgamme.com/spectacle/rendez-vous-baroque-francais/

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