L’art d’être grands-parents

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Point de vue

Françoise Nicolas- En 1877, sous la plume de Victor Hugo, un enfant exprimait « l’art d’être grand-père » ainsi :  

« … Je n’ai pas peur de lui puisqu’il est mon grand-père.

Vois-tu, (grand-père) n’a pas le temps d’être en colère,

Il n’est jamais beaucoup fâché, parce qu’il faut

Qu’il regarde les fleurs, et quand il fait bien chaud

Il nous dit : N’allez pas au grand soleil nu-tête,

Et ne vous laissez pas piquer par une bête… »

(Du recueil, L’art d’être grand-père, Titre,  Et Jeanne à Mariette a dit)

En 1957, l’art d’être grands-parents, c’était… vouloir rassembler la famille autour d’une grande table, inviter sans compter, du cousin qu’on ne voit qu’une fois l’an au voisin d’à côté qu’on côtoie tous les jours, organiser le temps des fêtes avec  sa fille aux beignets et sa belle-fille aux tourtières, braver la boucane du salon et rappeler aux fils et aux gendres que l’eau de la vaisselle était chaude, c’était… pour un enfant, sans qu’on le lui explique, comprendre que la grande famille existait, que ses grands-parents étaient des exemples de vaillance, que son grand-père travaillait 12 heures par jour, que sa grand-mère lavait le linge avec du savon à plancher et, après leur grand départ, se rappeler que son grand-père à la main rugueuse était une légende et se souvenir que sa grand-mère au sourire affable avait le mot et le geste délicats.

En 2017, l’art d’être grands-parents, c’est… accueillir à temps plein dans son logement ou sa maison ses petits-enfants avec son fils ou sa fille qui vient de se séparer, être disponible à 7 h 30 pour emmener le petit au CPE et à 16 h pour prendre la grande à la sortie de l’école, être actif à temps plein avec les enfants de sa fille qui vivent en banlieue lors des congés pédagogiques et la semaine de relâche, puis aller au resto, au cinéma et dans les parcs la semaine suivante avec les enfants de son fils qui vivent en ville et qui n’ont pas la même semaine de relâche, être allé au tribunal pour se faire confier la garde de ses petits-enfants, offrir quelques sous à ses petits-enfants car le bas de laine est de moins en moins nécessaire, accepter d’avoir fait partie d’une étude qui a conclu que les grands-parents qui s’occupaient de leurs petits-enfants vivaient plus longtemps que les autres grands-parents.

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