Oiseaux migrateurs

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Valérie Lépine
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Continuons de les protéger

Valérie LépineLe 20 mars marquera le retour du printemps. À partir de cette date, les oiseaux migrateurs reviendront peu à peu enchanter nos forêts, nos marais, nos lacs et nos champs.

On prend pour acquis que les bernaches, les oies blanches, les bruants et les parulines reviendront chaque année. Mais il a bien failli en être autrement. Jusqu’au tournant du XXe siècle, pensant que le nombre d’oiseaux était quasi illimité, la chasse n’était pas encadrée et leur habitat n’était pas protégé.

Ce manque de protection et de contrôle a causé la perte de plusieurs espèces (Tourte voyageuse (voir encadré), Grand Pingouin et Eider du Labrador par exemple) et a failli entraîner la disparition de plusieurs autres.

Le déclin dramatique de certaines espèces d’oiseaux a été le signal d’alarme qui a donné le coup d’envoi au mouvement de conservation et de collaboration internationale visant à protéger tant la faune que son habitat.

En août 1916 on signait un des premiers traités internationaux sur la conservation de la faune : la Convention Canada-États-Unis concernant les oiseaux migrateurs. En résumé, cette Convention établit que « compte tenu de la grande valeur des oiseaux migrateurs comme gibier et aussi parce qu’ils jouent un rôle dans la protection des écosystèmes contre les insectes nuisibles, la Convention vise à préserver les espèces utiles et inoffensives d’oiseaux migrateurs et à les protéger de la chasse sans discrimination. À cette fin, elle établit des saisons de chasse pour certaines espèces et interdit la chasse à d’autres espèces. »1 Aujourd’hui, grâce aux efforts de conservation, il y près de 400 espèces d’oiseaux migrateurs qui sont protégées. 2

Paruline

Espèces toujours en danger

Malgré les efforts de protection déployés durant les 100 dernières années, certaines espèces sont toujours en déclin. Au Québec, la Pie-grièche migratrice, le Pic à tête rouge, le Pluvier siffleur et la Paruline azurée, pour ne nommer que ceux-là, font partie des espèces menacées. Au total, 31 espèces d’oiseaux sont considérées comme vulnérables, menacées ou susceptibles d’être désignées menacées ou vulnérables. 3

Le document État des populations d’oiseaux de l’Amérique du Nord 20164 conclut que le tiers de toutes les espèces d’oiseaux de l’Amérique du Nord ont besoin de mesures de conservation d’urgence. Pour les zones qui touchent le Québec, 144 espèces sont menacées dans les forêts tempérées (22%), 73 dans les forêts boréales (19%) et 37% dans les zones côtières (164 espèces). Seulement dans les Laurentides, 5 espèces sont menacées de disparaître.

Comment poursuivre le travail

Les oiseaux pollinisent les plantes, dispersent les graines et mangent les insectes nuisibles. Ils ont un rôle important à jouer dans l’équilibre des écosystèmes et leur disparition peut avoir un impact négatif même sur les humains.

Il y a plusieurs moyens faciles de protéger la faune aviaire. En voici quelques exemples :

– Ne pas laisser son chat circuler librement à l’extérieur : Environnement Canada estime que 202 millions d’oiseaux meurent chaque année sous les griffes de nos petits félins.

– Sécuriser les fenêtres : En plaçant des marqueurs visuels qui indiquent la présence de vitres, on évite que les oiseaux se blessent ou meurent en se fracassant dans nos fenêtres.

– Éviter l’usage de pesticides et d’engrais chimique.

– Rendre sa cour accueillante pour les oiseaux en fournissant eau, nourriture et abri5.

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1 Source : Registre public des espèces en péril : http://www. registrelep-sararegistry. gc. ca/document/default_f. cfm?documentID=80

2 Pour un aperçu des efforts passés et futurs pour la conservation des oiseaux migrateurs, on peut consulter le document Célébrons 100 ans de conservation des oiseaux sur le site d’Environnement Canada (https://www. ec. gc. ca/nature/default. asp?lang=Fr&n=7DDD9435-1)

3 Source : http://www3. mffp. gouv. qc. ca/faune/especes/menacees/liste. asp#oiseaux

4Le document est disponible en ligne : http://fr. stateofthebirds. org/2016/

5 À ce sujet, voir les conseils d’aménagement sur le site de la Fédération canadienne de la faune : http://cwf-fcf. org/fr/notre-travail/decouvrez-la-faune/dans-la-jardin/jardinage-pour-la-faune/

La disparition de la tourte voyageuse :

Quand le nombre trompe sur la
capacité de résilience d’une espèce

En 1759, l’explorateur et botaniste  écrivait : « Au printemps 1749, venant du nord, il arriva en  et au  un nombre incroyable de ces pigeons [tourte voyageuse]. La nuée qu’ils formaient en vol s’étendait sur une longueur de trois à quatre  et une largeur de plus d’un mile, et ils volaient si serrés que le ciel et le Soleil en étaient obscurcis, la lumière du jour diminuant sensiblement sous leur ombre. » *

Le site Wikipedia rapporte que « la tourte voyageuse était présente en très grand nombre sur le continent  au début du  (espèce  de ce continent), ses effectifs étant évalués à trois voire cinq milliards d’individus, selon certaines estimations, rien que dans les  de l’Indiana, de l’ et du Kentucky. L’espèce fut anéantie en seulement quelques dizaines d’années principalement par les agriculteurs qui la considéraient comme nuisible pour leurs récoltes. […] La toute dernière représentante de l’espèce, une femelle baptisée Martha, [est] morte dans sa cage au  dans l’ le  [1914].

* Source : https://fr. wikipedia. org/wiki/Tourte_voyageuse

POUR LE SITE WEB DU JOURNAL :

Vidéo sur le centenaire de la Convention concernant les oiseaux migrateurs :

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