Lutte contre les GES

Jordan Dupuis
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Changer ses habitudes de vie demande plus que du financement

Jordan Dupuis – Le Conseil régional de l’environnement (CRE) des Laurentides recevra une aide financière du gouvernement de 168 000 $ sur une période de trois ans pour la mise en place d’un projet de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) et pour sensibiliser les différents acteurs de la région aux impacts des changements climatiques.

Au total, c’est un investissement de 3 millions pour toutes les régions du Québec qui a été annoncé le 5 juin dernier au Regroupement national des conseils régionaux de l’environnement du Québec (RNCREQ) par le ministre du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, M. David Heurtel. Cet investissement est issu du Fonds vert et s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du Plan d’action 2013-2020 sur les changements climatiques, dont l’une des mesures vise à mobiliser le Québec dans la lutte contre lesdits changements en soutenant des initiatives de la société civile et des communautés. Il est à noter que chaque CRE au Québec recevra la même enveloppe budgétaire de 168 000 $, y compris Montréal et la Capitale nationale, pour la mise en œuvre de leurs projets respectifs.

Cet investissement permettra de faire avancer la réflexion, le dialogue et la mobilisation régionale autour des enjeux des changements climatiques et favorisera le rayonnement des pratiques exemplaires en matière de réduction d’émissions de GES et d’adaptation aux impacts des changements climatiques, nous dit-on dans le communiqué. Il sera alors question de concevoir et réaliser un projet visant la réduction des émissions de GES, de sensibiliser les acteurs du milieu à l’adaptation aux impacts des changements climatiques et de dresser un portrait de l’adaptation dans la région ainsi que de faire rayonner les pratiques exemplaires.

Concrètement, pour les Laurentides ?

Difficile encore de savoir quel sera le projet final concret pour les Laurentides, nous mentionne Isabelle St Germain, chargée de projet en développement durable et responsable des communications pour le CRE des Laurentides, lors d’une entrevue téléphonique avec le Journal. « Actuellement, on est en phase d’identification de ces actions concrètes, on a une table régionale de l’énergie dans les Laurentides qui regroupe des élus et représentants des MRC », renchérit Mme St Germain. Cependant, plusieurs avenues sont explorées, telles que faire l’inventaire des émissions de GES pour chaque MRC ou municipalités et de les accompagner dans la recherche de solutions durables, d’inviter le secteur touristique à compenser pour leurs émissions de GES par toutes sortes de solutions, « la réduction des GES passe beaucoup par les changements de comportement alors c’est sûr qu’il y a beaucoup d’information à chercher et de sensibilisation à faire auprès de tous les acteurs », nous dit-elle. Les priorités vont être différentes d’un CRE à l’autre « plusieurs vont travailler pour une meilleure gestion des matières résiduelles, et aider les Municipalités à détourner la matière organique de l’enfouissement », nous mentionne-t-elle.

La table régionale d’énergie entame actuellement les consultations afin de formuler un grand projet qui répondra aux priorités des Laurentides, « le projet final devrait être dévoilé dans la deuxième ou troisième année, » nous indique Mme

St Germain, mais pour l’instant un forum sera mis sur pied pour connaître les différentes pratiques qui existent déjà un peu partout dans le monde afin de réduire les émissions des GES. Un parc à chiens qui produirait sa propre énergie en serait un bon exemple, où les excréments seraient récoltés puis transformés en bio méthane pour alimenter en électricité l’éclairage du parc. Ce forum permettra donc de trouver des solutions plus vertes à des enjeux de tous les jours.

Questionné à savoir si le financement est suffisant pour la mise en œuvre de ces projets, le CRE des Laurentides veut « aller le plus loin possible, mais la notion des changements climatiques et de changement des habitudes de vie des gens va demander beaucoup plus que juste du financement, ça va aussi demander une volonté politique. Donc à savoir si c’est suffisant… c’est mieux que rien, on est content et on va faire un bout de chemin avec ça, puis on verra par la suite », nous explique Mme St Germain.

Lors d’un entretien avec le Journal, le député de Bertrand, Claude Cousineau, nous a informés que « les investissements sont les bienvenus, ça va donner de l’oxygène à nos organismes environnementaux qui travaillent très fort pour mettre en place des projets pour contrer les gaz à effet de serre ». Il reste quand même critique du fait que les subventions aient été arrêtées de 2015 à 2017, « on aurait dû continuer à injecter de l’argent en 2015 et 2016. Je trouve que trois millions à travers le Québec c’est peu, compte tenu des surplus faramineux que l’on voit actuellement », rajoute-t-il.

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