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Valérie Lépine
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Comment parler d’un livre sans en parler

Valérie Lépine – Il y a de ces livres qu’on aimerait pouvoir entamer avec une pensée totalement vierge pour pouvoir les savourer pleinement, sans a priori. L’orangeraie de Larry Tremblay est un de ceux-là.

Idéalement, on aborderait chaque livre comme on entame une aventure merveilleuse : sans a priori, sans jugement, sans crainte. Bien souvent, malheureusement, le sujet du livre, les critiques qu’il a reçues ou la réputation de l’auteur viennent teinter notre expérience de lecture.

J’aimerais donc ne pas parler du livre L’orangeraie de Larry Tremblay, roman que tous les membres du club de lecture ont lu au mois de mars. J’aimerais laisser planer le suspens, faire appel à la curiosité des amoureux de lecture, à leur désir de s’imprégner d’une histoire.

Je vous enjoins donc à ne pas lire ce qui suit si vous n’avez pas encore lu L’orangeraie. Plongez dans cette lecture sans retenue.

* * *

Mais pour ceux qui ne peuvent s’en empêcher, voici ce qu’en ont pensé les membres du club.

L’écriture qui porte L’orangeraie est lumineuse, pleine de finesse et de poésie. L’auteur réussit avec très peu de mots à évoquer des images fortes, aux sens multiples. Le récit est un long crescendo dramatique qui se termine sur un point d’orgue pénétrant.

L’histoire qui y est racontée est cruelle et bouleversante. L’auteur la situe quelque part au Proche-Orient, où la chaleur est étouffante et le sol, pierreux et sec. La persévérance et le travail acharné d’un homme ont pourtant eu raison de la terre et il a réussi à créer un oasis de verdure et de vie : une orangeraie. Cette orangeraie est le symbole de l’importance de l’enracinement et de la transmission; elle est aussi porteuse d’espoir. Mais dans cette région aride, l’espoir n’est pas permis. Deux clans se détestent et s’entretuent. C’est la haine qui fait vivre les hommes.

Deux jumeaux se retrouvent au centre de ce conflit brutal et sans issu. Larry Tremblay met en scène ces deux frères pour aborder à la fois les thèmes du lien filial, de la dualité, du tiraillement et de l’impossibilité de choisir dans un contexte complexe de guerre.

Comment les gens prisonniers de leur haine, de leur ignorance et de leurs dirigeants-mercenaires peuvent-ils sortir du cercle vicieux de la violence ? Pour Tremblay, c’est l’art qui peut aider à transcender la haine et commencer la guérison de certaines blessures.

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