Le député Claude Cousineau

Mathieu Pagé

Mathieu Pagé

journaliste et photographe chez Journal des citoyens
Étudiant en économie politique au département de Science politique à l'Université de Montréal
Mathieu Pagé

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20 ans de vie politique sans interruption

Mathieu Pagé – Le 4 juin dernier, le Journal s’est entretenu avec Claude Cousineau, député de Bertrand, pour un retour sur sa carrière. Après 40 ans de vie politique, celui-ci termine son dernier mandat à l’automne, énonçant le besoin de prendre du temps pour lui et sa famille. Voici le portrait du travail d’un homme politique qui s’est toujours impliqué dans sa communauté, permettant six réélections successives depuis 1998.

La carrière de M. Cousineau a débuté lorsqu’il a déménagé de Montréal pour s’installer avec sa famille à Sainte-Agathe-des-Monts. Il désirait sortir de la ville et élever ses filles en dehors du béton montréalais. La région l’a immédiatement charmée et ils s’y sont installés pour de bon.

Sa carrière politique s’est développée conjointement avec sa carrière dans le système scolaire. Il a d’abord été responsable académique au même moment que d’être conseiller municipal. Son implication dans le système scolaire a culminé alors qu’il occupait le poste de directeur général de l’Académie Laurentienne en même temps que d’occuper le poste de maire et de préfet de la MRC des Laurentides. C’est cette implication diversifiée qui lui a permis d’acquérir une profonde compréhension de la région, des citoyens et surtout des besoins de ceux-ci.

Un politicien humaniste

La carrière de M. Cousineau peut être considérée comme un succès par le fait qu’il a gagné chacune de ses élections, sur 20 ans, que ce soit comme gouvernement mandataire ou dans le parti de l’opposition officielle. Ce qui explique sa réélection continue c’est son respect pour tous les gens qu’il rencontrait. Se considérant lui-même comme humaniste, il a identifié trois aspects essentiels pour bien réussir le travail d’un député. Il est crucial pour lui de respecter les gens, au-delà des différences, que ce soit la couleur politique, que leur provenance ou l’âge. Ensuite, c’est d’avoir de l’empathie envers les citoyens de sa communauté. Puis, finalement, toujours regarder dans les yeux, ne jamais adopter de supériorité en regardant d’en haut vers le bas.

M. Cousineau s’est démarqué par son travail acharné pour que la région des Laurentides soit reconnue à son plein potentiel par les habitants et les visiteurs. Pour lui, le Québec un bijou : « je n’en ai rien à foutre des Rocheuses, même si c’est beau les Rocheuses, au Québec, on a le plus beau coin de pays au monde ». Il a donc toujours travaillé à ce que les besoins des citoyens soient reconnus. Lorsqu’interrogé sur ses accomplissements comme député, il mentionne d’abord les infrastructures physiques qui se sont bâties dans la région, qui sont souvent des projets émergents de demandes citoyennes. Il nomme notamment le centre professionnel de Saint-Agathe, où ce sont des professeurs qui ont plaidé leur cause et fait état de leurs besoins à M. Cousineau. Un autre projet dont il est particulièrement fier, c’est le terrain de soccer synthétique de Sainte-Adèle, où après sept ans de travail acharné avec les citoyens, celui-ci est finalement terminé. M. Cousineau a affirmé au Journal : « Il faut toujours avoir en tête le bien-être de ceux qu’on veut servir ». Cela se traduit notamment en accueillant les projets de ses citoyens, d’ouvrir les portes nécessaires dans le gouvernement et guider ceux-ci au travers des dédales bureaucratiques de la fonction québécoise.

Toutefois, le projet principal d’un député, selon Claude Cousineau c’est le bien-être des citoyens. Ce caractère fondamentalement personnel d’un député s’illustre par la manière dont il a réglé les dossiers personnels tout au long de son mandat, des dossiers qui ne peuvent pas être affichés sur la place publique parce qu’ils sont du domaine privé. C’est aussi accompagner des gens complètement démunis, qui n’arrivent pas à se défendre dans les dédales de la fonction publique et de l’État. Pour lui, un député doit dire à ces citoyens : « On va vous accompagner jusqu’au bout, et si au bout ça ne marche pas, ça ne sera pas parce qu’on n’aura pas essayé ». Claude Cousineau affirme que le travail ne peut être efficace que s’il travaille avec et pour sa communauté.

Départ de la vie politique

Claude Cousineau a confié au Journal que les raisons de son départ de la vie politique sont diverses. Il mentionne la difficulté d’obtenir de l’argent pour des services qui sont essentiels à la population. En référence au sommet des G7 qui aura coûté 605 millions aux contribuables, il se dit tanné d’avoir à quêter des petits montants aux ministres pour, par exemple, les CHSLD, alors que « l’argent, à coup de centaines de millions, va être garroché ici et là ». C’est une des raisons pourquoi il quitte. Toutefois, la raison principale est de s’occuper des petits-enfants, et de lui-même aussi.

Lorsque le Journal lui a demandé ce qu’il souhaite pour le comté de Bertrand, et la région des Laurentides, il croit qu’il faudra un député qui saura poursuivre son travail dans le respect et la compréhension des citoyens et leurs besoins. Pour lui, la région regorge de potentiel économique, culturel, académique, touristique et social. Monsieur Cousineau tient aussi à remercier les citoyens et citoyennes qui l’ont accompagné et supporté durant ses 20 années comme député de Bertrand. Il restera actif comme bénévole, pour offrir son expérience aux conseils d’administrations, mais plus de poste électif pour lui.

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