Marguerite Blais en entrevue

Valérie Lépine
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« J’aime beaucoup l’idée de l’identité régionale »

Valérie Lépine – L’entrevue avec Marguerite Blais s’est déroulée le 31 mai. Voici ses réponses aux questions du Journal.

Comment se présente-t-elle à ceux qui la connaissent peu ?

Après 30 ans à la télévision et à la radio et huit ans en politique1, Mme Blais considère qu’être dans le public fait partie de sa vie. « Les gens viennent vers moi et je vais vers eux ». Bien des gens aujourd’hui connaissent donc son parcours professionnel et même un peu sa vie personnelle. Elle ne croit donc pas qu’elle doive se présenter « outre mesure ».

« Par contre, ce que les gens ne comprennent peut-être pas, c’est pourquoi je retourne dans l’action politique à ce moment-ci de ma vie ».

Donc, pourquoi a-t-elle décidé de retourner à la vie politique?

Marguerite Blais a quitté la vie politique il y a trois ans pour s’occuper de son mari qui souffrait d’un cancer virulent. Elle a été proche-aidante et s’est épuisée à l’être. Après le décès de son mari, elle a écrit un livre (Les lieux de mon cœur) et a fait une tournée de conférences. Elle a constaté à quel point les proches-aidants sont démunis, qu’ils ne savent pas où trouver les services et qu’ils manquent d’heures de répit. Sa conclusion : « Ça prend une politique nationale des proches-aidants. »

Le hasard a fait qu’elle a été approchée par le gouvernement actuel et par François Legault pour se joindre à leurs rangs. « Je suis arrivée avec cinq points qui m’importaient » et c’est François Legault qui les a tout de suite endossés.

Quels sont ces cinq points ?

D’abord élaborer une politique nationale des proches-aidants sur cinq ans. Ensuite, développer des maisons de répit, développer le domaine de la gériatrie sociale, briser l’isolement des aînés et finalement, arriver à faire mieux dans les CHSLD. Pour

Mme Blais, ces cinq points doivent être portés dans la sphère publique. « Maintenant qu’on parle d’une politique nationale des proches-aidants, quel que soit le gouvernement, il va être obligé d’en faire une. Parce qu’il va être talonné. […] Les proches-aidants ne peuvent pas partir avec des pancartes et aller manifester à l’Assemblée nationale! », conclut Marguerite Blais avec passion.

Toujours au sujet de son retour en politique, Mme Blais ajoute qu’elle n’est pas à la recherche d’une carrière. Après un parcours professionnel bien rempli, elle se dit sereine. « Je cherche maintenant à améliorer les conditions de vie des citoyennes et citoyens de Prévost en particulier, mais aussi à continuer le dialogue que j’ai depuis 19792 [sur la question des personnes âgées]. […] J’ai toujours été dans ces questions-là ! »

Pourquoi a-t-elle décidé de quitter le parti libéral ?

Mme Blais n’a pas senti la même ouverture de la part de M. Couillard face à ses cinq points. Par ailleurs, on ne lui proposait pas un comté où elle habite, contrairement à la CAQ [elle possède une résidence à Saint-Hippolyte depuis 1989 et y habite de façon permanente depuis six ans].

Certaines personnes classent la CAQ comme un parti plutôt à droite. Est-ce qu’elle se perçoit aussi à droite ?

« Pas du tout! » Mme Blais a assisté à son premier congrès national de la CAQ (qui se déroulait les 26 et 27 mai derniers) et elle dit être « tombée à la renverse » parce qu’elle y a rencontré des anciens des Libéraux et du PQ. « Pourquoi ? Parce que la CAQ a six ans. […] François Legault a fait un discours de mieux faire, mieux faire avec les jeunes familles, mieux faire avec les aînés, les proches-aidants, c’est de ça dont il a parlé. Ça, c’est pas du tout à  droite ».

Sur quels enjeux va-t-elle miser durant sa campagne ?

Bien qu’elle dise que sa campagne ne débutera officiellement que le 28 août et qu’elle affichera ses couleurs ultérieurement, Mme Blais dit qu’elle ne se « lancera pas à droite et à gauche », qu’elle va focaliser sur quelques enjeux. Mais pour tout de suite, elle considère que le projet d’école à Prévost est fondamental, qu’il est important d’avoir une bibliothèque à Piedmont, qu’il doit y avoir un pôle santé à Saint-Jérôme, que le transport collectif doit être amélioré et finalement, qu’on considère la problématique de l’environnement à Sainte-Sophie (elle fait référence au dépotoir à ciel ouvert).

Elle veut surtout porter les enjeux qui seront amenés par les élus municipaux et travailler de « connivence » avec eux.

En rafale, quelles sont ses opinions sur… – L’éducation publique ? « Il ne faut pas confronter le public et le privé. […] Il faut valoriser le rôle des professeurs dans le public et les soutenir, en les payant mieux et en diminuant les ratios professeur/élèves ».

– Les finances publiques ? « Un bon gouvernement est un gouvernement qui fait attention aux finances publiques et qui protège les plus vulnérables de la société. [Pour y arriver], il faut alléger les structures. […] Moi j’aime beaucoup quand on pense petit milieu de vie […], j’aime beaucoup l’idée de l’identité régionale. Quand on est capable de prendre des décisions à l’intérieur même d’un petit milieu, près de la prise décisionnelle, c’est plus facile. »

– Le système de santé ? « On est dans le curatif actuellement. […] Le préventif par contre ça sauve des vies, c’est par la prévention qu’on améliore la qualité de vie des gens. »

– Sa vision du Québec ? « Il faut s’occuper des plus vulnérables dans une société. […] Une société qui ne respecte pas ses personnes vieillissantes est une société qui ne se respecte pas, point. »

 

  1. Marguerite Blais a été députée pour le Parti libéral du Québec pendant huit ans et ministre responsable des aînés.
  2. Déjà à 29 ans, elle était responsable d’une chronique quotidienne sur les personnes âgées à la radio de Radio-Canada.
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