Pour une école secondaire à Prévost

Émilie Corbeil

Journaliste stagiaire chez Journal des citoyens

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Séminaire sur l’école de proximité

Émilie CorbeilSamedi 19 janvier dernier, l’organisme Pour une école secondaire à Prévost réunissait élus, experts et citoyens afin de définir le concept d’école de proximité. Cette rencontre faisait par ailleurs suite à la recommandation formulée par la Commission scolaire Rivière-du-Nord à l’effet de produire une étude de faisabilité pour une école secondaire à Prévost; étude devant être déposée avant juin 2019.

 

Marguerite Blais, députée de Prévost et ministre responsable des Aînés et des Proches aidants, a livré un discours enthousiaste. – Photo : Émilie Corbeil

Des élus engagés dans le projet

Marguerite Blais, députée de Prévost et ministre responsable des Aînés et des Proches aidants, a livré un discours enthousiaste, réitérant son engagement et son soutien au projet d’école secondaire. Paul Germain, maire de Prévost, a d’abord tenu à souligner l’importante implication citoyenne dans ce dossier. C’est à cette mobilisation continue que l’on doit l’avancement du projet. Il a par la suite expliqué à l’auditoire toute la portée structurante que pourrait avoir un tel projet pour la municipalité.

En effet, sise dans le parc régional de la Rivière-du-Nord, secteur Prévost, l’école aurait d’abord pour avantage de permettre aux citoyens de se réapproprier l’endroit, plutôt laissé à l’abandon. M. Germain précise qu’un boulevard devrait être construit afin d’accéder à l’école sans augmenter indûment le trafic dans certaines zones résidentielles. Ce boulevard, à lui seul, deviendrait également un atout important pour la ville. Plus encore, la vétusté de la bibliothèque, tout de même fortement fréquentée, pourrait être réglée en transférant le service au sein de la nouvelle école. Le besoin d’espaces de rencontres et d’une salle de spectacles y trouverait aussi réponse.

Des invités inspirants

En avant-midi, quatre experts ont été invités à partager leurs connaissances avec l’auditoire. D’abord, M. André Goulet, spécialiste en aménagement des territoires naturels et en gestion de projet. M. Goulet a démontré comment et à quelles conditions un tel projet pourrait avoir des impacts positifs tant au niveau environnemental qu’aux niveaux humain et économique. En effet, la construction d’une école au sein d’un milieu naturel présente des avantages importants pour la qualité de vie des élèves et les possibilités pédagogiques offertes par un tel lieu sont nombreuses. En lui-même, le contact avec la nature sensibiliserait à sa conservation. Il est d’ailleurs possible, en aménageant intelligemment, de fortement diminuer l’impact de la présence d’une telle école dans un milieu naturel.

C’est ensuite madame Rollande Deslandes qui fut invitée à prendre la parole. Chercheure réputée au Centre de recherche et d’intervention sur la réussite scolaire (CRIRES) et professeure au département des sciences de l’éducation de l’Univer-sité du Québec à Trois-Rivières, elle possède plus de 25 années d’expérience en recherche reliée à la collaboration école-famille-communauté. Pour elle, il est clair que l’école de proximité facilite grandement l’implication familiale et communautaire; deux facteurs prépondérants de la réussite scolaire.

En troisième lieu, monsieur Christian Yaccarini et madame Hélène Blanchet, de la société de développement Angus, sont venus raconter leur expérience quant à leur projet de construire une école de proximité dans leur quartier. À ce niveau, il ne fait pas de doute que l’obstacle principal qui a été identifié réfère à la structure de gouvernance scolaire que l’on connaît à l’heure actuelle. On souligne qu’il est particulièrement difficile pour la communauté de s’impliquer au niveau de l’éducation; cette dernière étant la chasse gardée traditionnelle des commissions scolaires, qui hésitent fortement à céder certains pouvoirs.

Finalement, Marc-André Carignan, bachelier en architecture, animateur, auteur et chroniqueur en politique, affaires municipales et développement urbain, est venu présenter quelques-unes des conclusions de son essai Les écoles qu’il nous faut. Il montre comment, par une architecture renouvelée en fonction des modèles actuels de l’apprentissage, le lieu physique de l’école peut favoriser la réussite et prévenir le décrochage scolaire, en plus de desservir toute une communauté.

La parole aux citoyens et aux jeunes

En après-midi, les participants ont été invités à se faire entendre sur leur définition d’une école de proximité située en pleine nature. Les jeunes ont fait le même exercice et se sont réunis pour le présenter en mots et  en image. Il s’agit d’ailleurs d’une étape cruciale dans l’avancement d’un projet comme celui-ci : on sait que la consultation citoyenne est un facteur déterminant de l’acceptabilité sociale et qu’elle permet d’aller chercher de précieux indices quant aux obstacles à venir.

L’organisme Pour une école secondaire à Prévost  s’appuiera sur les savoirs et les conclusions apportés par l’exercice pour poursuivre son étude de faisabilité.

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