Portrait de David Graham

Emma Guerrero Dufour
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« Je suis vraiment un gars des régions »

Emma Guerrero Dufour – Natif de Sainte-Agathe-des-Monts, le député de Laurentides-Labelle, David Graham se définit comme un gars « d’ici, pour ici ». Entrevue avec le député sortant qui travaille sous le parapluie du Parti Libéral du Canada.

« Je ne suis pas le représentant du Parti Libéral en région, je suis le représentant des régions au Parlement », affirme David Graham dans une entrevue accordée au Journal des citoyens en juillet dernier.

« Je ne pourrais pas être député en ville, je suis vraiment un gars des régions », ajoute le député, qui croit qu’il est plus difficile de rester proche des gens quand on est député d’une circonscription urbaine.

David Graham, qui termine son premier mandat à la tête d’une circonscription fédérale, est derrière la création d’un caucus rural, qui, au sein du caucus libéral, a pour mandat d’assurer que les préoccupations des régions soient mieux représentées.

Sous le parapluie du Parti libéral du Canada

« C’est impossible d’être toujours en accord avec les décisions du parti », affirme le député, qui soutient faire partie de l’aile gauche. « Le Parti Libéral, c’est le parapluie sous lequel je travaille », explique-t-il.

En revenant sur les divergences entre ses idées et celles du parti, Graham se remémore le vote sur le retour au travail forcé des employés de Poste-Canada à l’automne 2018, auquel il s’est publiquement opposé. « Pour moi, le droit de grève d’un syndicat doit être en pierre », soutient-il.

Membre de quatre comités au total, Graham croit que le vrai pouvoir se situe au caucus et dans les comités. « On a 166 heures par semaines pour dire que le gouvernement est bon et deux heures par semaine pour parler de tous ses échecs », explique-t-il en riant.

Il soutient que tout se joue au caucus, au moment où les députés ont la liberté exprimer leurs désaccords. « Les débats en chambre, c’est du théâtre ! » plaisante-t-il.

L’accès à internet

En mars 2016, le gouvernement fédéral annonçait 500 millions $ sur cinq ans afin d’améliorer le service d’Internet à haute vitesse (IHV) dans la région. En début de mandat, Graham avait dit vouloir « emmener le comté au 21e siècle », en assurant à toutes les municipalités un accès à l’IHV.

Cet objectif n’a toutefois été que partiellement atteint, puisque ce ne sont que la moitié des Villes visées qui ont pu y avoir accès. Alors que la MRC Antoine-Labelle sera entièrement branchée d’ici 2021, ce n’est pas le cas pour la MRC Les Laurentides où quelques projets seulement ont été mis à exécution entre autres à Labelle et à La Minerve. Pour Les Pays-d’en-Haut, il n’y a que la Municipalité d’Estérel qui a obtenu du financement du fédéral.

Plusieurs obstacles ont été rencontrés sur ce dossier, raconte le député. Il déplore notamment l’inaction des compagnies de télécommunication lorsque les projets n’étaient pas assez rentables à leurs yeux, en raison du nombre peu élevé d’habitants sur le territoire. M. Graham affirme toutefois que son expertise en informatique – il été pendant quelques années journaliste spécialisé en informatique – l’a aidé à faire avancer ce dossier auprès des compagnies.

« Si c’est essentiel au fonctionnement de notre société, ça doit être public », soutient le député, pour qui les infrastructures technologiques devraient appartenir à la communauté.

La campagne électorale de 2019

« Les conservateurs sont très bons en politique, mais pas très bons pour gouverner. Nous on est très bons pour gouverner, mais pas super bons en politique », plaisante le député Graham qui ne prend toutefois pas à la légère le pouvoir d’attraction des conservateurs. « Il n’y a rien d’acquis en politique », soutient le député sortant.

Graham se dit préoccupé par les enjeux électoraux potentiels des conservateurs, en particulier ce qui a trait au droit à l’avortement. Ce sujet a fait couler beaucoup d’encre depuis la criminalisation de ce droit en Alabama en mai dernier. « Si on en fait un enjeu électoral, on donne des chances aux conservateurs de se servir de cela », croit le député, qui s’inquiète de la progression des groupes anti-avortement au Canada.

Le député est tout de même confiant pour la campagne qui s’amorce, mais ne sous-estime pas le travail à faire. « Quand j’ai gagné en 2015, beaucoup de monde pensait que ce n’était pas possible », confie-t-il. « Un anglais, dans une région qui n’a jamais été libérale… »

Le député souligne l’importance du travail de terrain dans une campagne électorale. « En 2015, j’ai cogné à des portes où les gens n’avaient jamais rencontré de politiciens d’aucun palier de gouvernement », raconte-t-il.

Objectifs

Ses objectifs pour un éventuel prochain mandat ? Continuer le travail sur le dossier de l’accès à internet. « Je vais continuer à travailler jusqu’à ce que tout le monde soit branché », affirme le député sortant.

L’enjeu de la protection des lacs, ainsi que le financement des infrastructures interpellent également le député.

Les investissements du fédéral dans les infrastructures sont basés sur les résidences permanentes. Or, selon Graham, beaucoup de municipalités sont des endroits de villégiatures où la majorité des gens quittent lorsque l’hiver arrive. « Ces communautés ont des besoins qui n’arrivent pas à être comblés parce que le financement en infrastructures n’est pas suffisant », soutient Graham.

Le comté de Laurentides-Labelle, dont le territoire presque aussi grand que l’État du Vermont comprend 43 municipalités, et trois MRC.

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