Radio fréquence

C’est dans la salle Saint-François-Xavier , à Prévost que le Dr Jean-Claude Desseau, de la Direction de la Santé publique des Laurentides a répondu aux questions. – Photo Michel Fortier
Michel Fortier

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Conférence sur les normes de radio fréquence

Michel Fortier – Relativement à la levée de boucliers de plus de mille citoyens concernant l’installation d’une tour de télécommunication au cimetière Saint-François-Xavier, le maire Paul Germain a proposé une conférence sur les effets potentiels des radio-fréquences (RF) sur la santé publique.

Le Dr Jean-Claude Desseau, de la Direction de la Santé publique des Laurentides, a ainsi présenté le 26 novembre dernier une conférence d’une vingtaine de minutes qui a été suivie par une période de questions de quelque 50 minutes. Le Dr Desseau s’est prêté à l’exercice avec patience et curiosité. Les questions parfois accompagnées de commentaires ont démontré que le sujet soulève encore bien des passions, mais aussi que plusieurs personnes étaient très documentées.

Code de sécurité 6

Le Code de sécurité 6 a pour but d’établir des limites d’exposition humaine aux champs de RF dans la gamme de fréquences allant de 3 kHz à 300 GHz. C’est Innovation, sciences et développement économique Canada (ISDE, anciennement Industries Canada) qui est responsable de faire respecter le Code de sécurité 6 auprès des entreprises qui ont des licences de distribution de radio- fréquences.

Il y a au moins deux normes reconnues dans le Code de sécurité 6, le DAS ou débit d’absorption spécifique et la densité de puissance. Le DAS évalue la quantité d’énergie absorbée par le corps et il est exprimé en watts par kilogramme. Le Code de sécurité 6 la limite à 1,6 W/kg. Cette mesure concerne les sources locales, émises à proximité des personnes, comme les téléphones cellulaires.

On mesure une source d’exposition environnementale en densité de puissance exprimée en watts par mètre carré (W/m2) et l’ISDE situe le niveau de référence du Code de sécurité 6 de Santé Canada entre 1,3 et 6,2 W/m2 pour les fréquences comprises entre 0,3 GHz et 4 GHz. Cette source concerne les émissions RF d’appareils tels que les fours à micro-ondes, les routeurs internet sans fil, les compteurs électriques dits intelligents, les antennes de radio, de télévision ou de téléphonie cellulaire.

Lyne Gariepy, collaboratrice au Journal a présenté une recherche du Dr Jean-François Bell, de l’Institut de médecine occupationnelle et environnementale, dans laquelle on a mesuré un cas où la puissance d’émission d’une antenne atteignait son maximum à mille mètres. Le

Dr Desseau a répondu que dans ce cas, la norme n’avait pas été dépassée et que c’est l’exposition totale à n’importe quel endroit qui ne doit pas dépasser la norme de 6 mille microwatts, incluant les objets connectés à la maison. Il rappelle que les téléphones cellulaires vont envoyer et recevoir plus d’ondes et dégager plus de chaleur dans une zone mal desservie par le réseau.

Le débat

Il faut souligner que le fait de posséder un téléphone cellulaire ou un routeur sans fil à la maison augmente de manière beaucoup plus importante l’exposition aux RF que le fait de se trouver à proximité d’une antenne. Quant aux limites d’exposition, elles sont largement débattues dans la communauté scientifique. Les normes actuelles considèrent que les RF n’ont d’effet qu’à partir du moment où elles causent un réchauffement des tissus. Plusieurs scientifiques ne sont toutefois pas de cet avis et certaines études tendent à démontrer que les RF ont un effet sur les processus biologiques bien avant de causer une augmentation de température.

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