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La vocation tardive de Jean-Marie Gérard
Marie-Andrée Clermont et Suzanne Labrecque, amies de la bibliothèque de Sainte-Anne-des-Lacs – Jean-Marie Gérard est né en Belgique d’une mère musicienne et peintre, d’un père professeur de français et dessinateur occasionnel. Sa passion pour la randonnée en montagne l’a amené à en faire beaucoup, en autonomie complète, dans les Alpes et les Pyrénées. Mais il se disait : « Un jour, quand je serai vieux, je dessinerai… »
Psychologue de formation qui a fait carrière dans le monde scolaire, il est au Québec depuis 1972, à Sainte-Anne-des-Lacs depuis 1999, et à la retraite depuis 1997. Mais c’est seulement depuis trois ans qu’il s’est mis au dessin. Voici comment lui-même décrit sa démarche dans le cadre de l’exposition intitulée Regards et compagnie que l’on peut admirer à la bibliothèque de Sainte-Anne-des-Lacs jusqu’à la fin juillet.
J’ai commencé à dessiner récemment.
Après une année passée à faire des portraits au crayon noir, je me suis « attaqué » au dessin de portraits en couleur, à apprivoiser la couleur au crayon.
Par la suite, j’ai pris plaisir à découvrir et dessiner des fleurs et des paysages.
Actuellement, en cette troisième année d’activité et d’apprentissage autodidacte, je me diversifie, tentant d’inclure un peu de symbolique et d’imaginaire dans mes dessins.
À suivre…
Selon lui, il n’est jamais trop tard pour s’attaquer à de nouvelles passions. Il dessine par plaisir, et seulement des trucs qui lui parlent. Il souhaite que ses œuvres touchent les gens. Il dessine à partir de photos. Il aime les difficultés techniques que représente le dessin d’un visage. Il se donne pour défi d’aller chercher l’expression dans la frimousse des enfants et des bébés. Il commence par les yeux, qui doivent être réussis au poil près.
Faire du portrait, c’est relationnel, affirme-t-il. Il ne dessine donc que les gens qu’il connaît. Il cherche à établir un lien intime entre lui et son modèle, à rejoindre son âme plus que son visage. Il est heureux quand un dessin est réussi. Il est complètement autodidacte, peu conventionnel, ayant choisi de découvrir par lui-même les secrets de son art. Il veut démontrer qu’on peut dessiner juste avec des crayons. Et il a beau aimer les peintres surréalistes comme Dali et Magritte, il ne fréquente ni les musées ni les galeries.
Ce sont Véronique, adjointe à la culture et responsable de la bibliothèque, et Geneviève, commis aux prêts, qui l’ont convaincu d’y présenter ses œuvres. Geneviève a réalisé l’encadrement de ses dessins pour cette toute première exposition. Une exposition où Jean-Marie Gérard n’a aucune intention de vendre quoi que ce soit – il expose pour montrer son âme et faire connaître ses dessins et pour la seule satisfaction d’apporter quelque chose à son milieu. Vous reconnaîtrez d’ailleurs Véronique et Geneviève dans les portraits affichés aux murs au-dessus des étagères de livres.
Nous pouvons admirer les portraits de Jean-Marie Gérard jusqu’à la fin juillet. Il y a des messages dans les titres qu’il donne à ses œuvres. À nous de les découvrir !
