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Gleason Théberge – Un certain vent concerne ces temps-ci les dictionnaires et d’autres ouvrages réputés. Des mots et des personnalités s’ajoutent, pendant que d’autres ne subsisteront que dans les éditions anciennes.
Le débat récent sur l’ajout du faque québécois, aussi prononcé fèque au Robert n’est pourtant qu’un épisode de divers emprunts souvent par la suite oubliés (sharp, fin) ou parfois intégré à tort ou à raison (marketing, mise en marché) ou comme le redingote, venu de l’anglais ridding coat (vêtement d’équitation). À mon avis, il est avantageux que les dictionnaires de France s’intéressent aux expressions d’autres pays européens, africains ou américains, comme le nôtre. Courriel y fait d’ailleurs déjà son chemin.
Mais cette fois, dans son édition québécoise chez Hurtubise HMH, le Bescherelle prend la peine de souligner (sans le recommander) que chez nous, il est envisagé de simplifier (encore!) l’accord du participe passé. Même chez des gens éduqués, nous entendons déjà souvent les promesses que j’ai fait ou les réponses que j’ai écrit, où le pluriel absent (faitesou écrites) rappelle pourtant l’essentiel du propos. Alors, imaginez l’effort à faire pour l’écrire, surtout quand dans les idées que j’ai eues, ce pluriel n’est jamais prononcé.
Le fait que certaines lettres soient muettes en parlant français ne se résume d’ailleurs pas au seul participe. Contrairement à l’espagnol, la provenance des mots n’a jamais été normalisée en français. Il est ainsi nécessaire que la manière de les écrire puisse servir quand l’auteur des propos absent ne peut répondre à de possibles demandes de précision.
La cane des canetons et la canne aidant à marcher; la balade en forêt et la ballade chantant son aventure, ce sont leurs lettres qui permettent de les distinguer. La pratique est d’ailleurs source de jeux de mots plaisants, de richesse en poésie et de nombreuses méprises permettant de nourrir l’action au théâtre.
Il n’est pas si grave qu’une conversation puisse devenir confuse parce que la connaissance de l’autre et le contexte de la discussion éclairent d’éventuelles imprécisions. Mais les incorrections dans un message transmis en affectent la cohérence et le rend désagréable à qui connaît mieux les usages.L’ignorance ou la recherche de la facilité ne sauraient être vraiment revendiquées par paresse ou au nom d’une liberté individuelle.
