Jessie Buckley

Lyne Gariépy
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Femmes en crise de milieu de vie

Lyne Gariépy et Joanis Sylvain – Lors des derniers prix Oscar, BAFTA et Golden Globes (entre autres), celle qui a ramené chez elle les statuettes de la meilleure actrice pour le film Hamnet, est l’excellente Jessie Buckley. Nous avons pu la voir dernièrement dans le film La fiancée, dans lequel elle incarne de manière intense et entière la fiancée de Frankenstein, que nous avions commenté pour vous en mars.
Celle qui a une magnifique (et tout aussi intense) voix, a débuté sa carrière à l’âge de 18 ans avec l’émission de talent de la BBC I’d Do Anything, où elle a terminé deuxième, se faisant ainsi connaître du grand public. Jessie Buckley est la première Irlandaise à avoir remporté le prix de la meilleure actrice aux Oscar, et elle n’a rien à envier aux actrices issues des grandes écoles, étant elle-même diplômée de la  Royal Academy of Dramatic Art. Chacun des personnages qu’elle a interprétés depuis se sont vu insuffler une âme grâce à ses talents.  Sa palette d’actrice est tellement vaste qu’elle est parfois difficile à reconnaitre d’un rôle à l’autre.

Pour poursuivre notre découverte de son œuvre nous avons hésité entre les films Scandaleusement vôtre et Womens Talking, mais avons choisi deux films disponibles en anglais, mais aussi en français, Le pouvoir du rêve et Hamnet, pour lequel elle a remporté les nombreux prix de ses pairs et du public.

Hamnet – Film 2025, drame, fiction historique, Royaume-Uni, États-Unis, 2 h 05 minutes, Amazon Prime. Réal : Chloé Zhao; interprètes: Jessie Buckley, Paul Mescal, Emily Watson.

Synopsis – Angleterre, 1580. William, un professeur de latin fauché, fait la connaissance d’Agnes, jeune femme à l’esprit libre. Fascinés l’un par l’autre, ils entament une liaison fougueuse avant de se marier et d’avoir trois enfants. Tandis que Will tente sa chance comme dramaturge à Londres, Agnes assume seule les tâches domestiques. Lorsqu’un drame se produit, le couple, autrefois profondément uni, vacille. Mais c’est de leur épreuve commune que naîtra l’inspiration d’un chef d’œuvre universel.

Ciné-fille – La réalisatrice sino-américaine, Chloé Zhao, qui nous avait donné le film Nomadland en 2020 (Oscar du meilleur film et de la meilleure réalisation), nous offre ici un film adapté du livre Hamnet, avec l’aide de son auteure, Maggie O’Farrell. Le titre ramène à Hamlet, œuvre phare de William Shakespeare. Et ce n’est pas un hasard. Dans ce film, on apprend à connaitre William et Agnès (que l’histoire a retenu sous le nom de Anne Hathaway) et on assiste à leur découverte l’un de l’autre, la naissance de leurs enfants, et le début de la carrière de Shakespeare. Mais c’est surtout le drame qui se produit concernant leurs fils, Hamnet, en 1596, qui inspire le Hamlet de Shakespeare paru vers 1600.

Car le film n’est pas tant une histoire d’amour, mais bien le récit de la perte d’un enfant, et de la manière que chacun des parents réagissent à la suite de cet évènement d’une infinie tristesse. Tout d’abord vécu à travers les yeux de la mère (excellente, intense et juste Jessie Buckley), le film s’oriente ensuite sur la façon qu’a l’auteur William Shakespeare (Paul Mescal, superbe) de transcender la douleur de sa perte par la création. Et de comment, deux parents qui se sont éloignés peuvent vivre leur perte au travers d’une pièce de théâtre. C’est, dois-je mentionner, une fiction historique, c’est-à-dire que l’auteure s’est inspirée de faits, mais que plusieurs évènements et sentiments ont été brodés autour.

C’est une œuvre très poétique, à la photographie sobre et pourtant envoutante, qui oscille entre l’ombre et la lumière, la tristesse et la joie. La réalisatrice, tout comme les interprètes Buckley, Mescal et Watson sont en pleine possession de leurs arts et de leurs talents. Ce qui permet au film de nous toucher droit au cœur. Impossible de rester les yeux secs, n’oubliez pas vos mouchoirs. 8,5 sur 10

Ciné-gars – La représentation de l’époque est réussie, et nous donne l’impression de se retrouver à ce moment de l’histoire. L’intérieur et l’extérieur des maisons y sont pour quelque chose.  Les deux interprètes des rôles principaux, William (Mescal) et Agnès (Buckley) sont tous les deux excellents. On croit aux émotions de leurs personnages. Les personnages des enfants ont une juste place dans le film.

La scène dans laquelle on assiste à la première de la pièce Hamlet de William est intéressante, parce que l’on voit les spectateurs découvrir la pièce et être captivés par celle-ci, comme si une réalité se déroulait sous leurs yeux. 7,5 sur 10

Le pouvoir des rêves – (v.f. Wild Rose) Film 2018,drame, comédie musicale, Royaume-Uni, Canada, États-Unis; 1 h 40 minutes, Amazon Prime. Réal. : Tom Harper; interprètes :  Jessie Buckley, Julie Walters, Sophie Okonedo

Synopsis – Tout juste sortie de prison, Rose-Lynn Harlan, une jeune écossaise originaire de Glasgow, mère célibataire de deux enfants, jongle entre son travail et sa famille. Cependant, Rose-Lynn a un rêve, elle veut devenir une star de la country aux États-Unis. Lorsque l’opportunité de partir à Nashville, dans le Tennessee, s’offre à elle, elle se lance dans un voyage qui va changer sa vie.

Ciné-fille – L’histoire d’une écossaise qui désire, plus que tout, réussir comme chanteuse country à Nashville, avait un petit quelque chose de différent qui a piqué ma curiosité. Tout comme le fait que Jessie Buckley interprète elle-même les chansons dans le film, ayant même fait paraitre un album du titre (anglais) du film, Wild Rose. Pour l’avoir auparavant entendu chanter à quelques reprises, j’étais curieuse de voir le film, car elle possède une voix forte et puissante, mais aussi douce et juste. Si vous avez trois minutes, je vous suggère d’aller sur Youtube, regarder sa version de la magnifique et poignante chanson Troy, de Sinéad O’Connor, accompagnée du RTÉ Concert Orchestra. Sa voix possède l’intensité et la force digne des chanteuses Irlandaises, dans la lignée des Sinéad et Dolores O’Riordan (The Cranberries). 

Le film est, comme le titre l’indique, sur le pouvoir de nos rêves. Malgré un départ jalonné de mauvais choix de la part de Rose-Lynn, cette dernière s’accroche à son rêve d’être une star de la musique country. Même si le film comporte des scènes plus dures, et nous présente le personnage de Rose-Lynn sans enjolivures, avec ses défauts, on veut que cette dernière réussisse. Le film soulève le fait que ce qui nous différencie des autres peut devenir notre force pour réaliser nos rêves et qu’il vaut parfois mieux être soi et différente parmi les siens, que seule parmi les étrangers.

La dernière partie prend parfois des airs de conte de fée, mais réaliste. Le film est sans longueur, l’intérêt est maintenu. La photo est excellente et nous fait bien réaliser que nous sommes en Écosse, et pas que dans les beaux quartiers.

Mais la vraie force du film est surtout le talent exceptionnel et le travail sans faille de Jessie Buckley dans le rôle principal de Rose-Lynn. Elle excelle autant dans le chant que dans son jeu d’actrice, ce qui en fait l’atout parfait pour un film de ce genre. Même si je ne suis pas habituellement une fan de musique country, j’ai apprécié le film, mais aussi la trame sonore, ce qui en dit beaucoup sur le talent de Jessie Buckley. 8 sur 10    

Ciné-gars – J’étais curieux de voir un film qui se déroule en Écosse. J’ai été surpris de découvrir que Jessie Buckley interprète elle-même les chansons dans le film, et d’entendre ses performances très réussies. Elle a beaucoup de talent et sait l’utiliser. 8 sur 10

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