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Une conférence du maire Paul Germain
Michel Fortier – Le maire Paul Germain ne cache plus, depuis plusieurs années, sa volonté de faire des enjeux climatiques un véritable sujet de réflexion citoyenne. Loin du simple discours administratif, il multiplie les occasions d’expliquer les mécanismes du réchauffement climatique à l’aide d’images concrètes, de données scientifiques et d’une approche de vulgarisation rarement portée aussi directement par un élu municipal.
Le 7 mai dernier, cette démarche a pris la forme d’une conférence intitulée 5 concepts mobilisateurs pour l’action climatique, d’abord présentée aux employés de la Ville de Prévost dans le cadre d’une activité interne. En soirée, à la suite d’une invitation lancée au public, le maire a repris sa présentation devant une quarantaine de citoyens réunis autour d’un petit lunch précédant la rencontre. Pendant près de deux heures, les participants ont été invités à réfléchir aux grands mécanismes scientifiques liés au climat et à leurs conséquences concrètes sur les collectivités.
L’exercice allait bien au-delà d’une simple présentation environnementale. Paul Germain a cherché à vulgariser certains mécanismes fondamentaux liés au climat : la persistance des gaz à effet de serre, les effets de rétroaction, les points de bascule climatiques ou encore le rôle des puits de carbone.
Le ton était parfois pédagogique, parfois inquiet, mais rarement partisan. À travers sa présentation, le maire a surtout cherché à combattre ce qu’il considère comme une compréhension trop superficielle des mécanismes climatiques, reprenant d’ailleurs une citation de Stephen Hawking projetée durant la conférence : Le plus grand ennemi de la connaissance n’est pas l’ignorance, c’est l’illusion de la connaissance.
Plusieurs diapositives reposaient sur des images fortes : une baignoire qui déborde pour illustrer l’accumulation du CO2 dans l’atmosphère, le dégel du pergélisol comparé à une « bombe climatique », ou encore cette phrase apparaissant vers la fin de la présentation : « Quand on comprend, on ne peut être que convaincu. »
La conférence débutait toutefois sur une note plus humaine avec la « chaise des générations », inspirée d’une démarche où des jeunes interpellent les adultes sur leur responsabilité envers l’avenir. « Notre futur n’est pas entre nos mains, malheureusement, il est entre les vôtres », pouvait-on lire dans une citation présentée dès le début.
Cette implication du maire dans les enjeux climatiques n’est pas nouvelle. Dans un récent portrait publié par La Presse, le journaliste Éric-Pierre Champagne rappelait le parcours atypique de celui qui se décrit lui-même comme un ancien amateur de gros pick-up devenu l’un des maires « les plus verts au Québec ». Depuis son arrivée à la mairie en 2017, Paul Germain a multiplié les initiatives environnementales : interdiction de certains plastiques, promotion de l’électrification, mesures d’écofiscalité et développement d’un écoquartier.
Dans cette entrevue accordée à La Presse, il expliquait également que sa prise de conscience climatique remonte au documentaire Une vérité qui dérange d’Al Gore, visionné presque par hasard il y a près de vingt ans. Depuis, dit-il, il n’a « jamais arrêté de s’informer » sur ces questions.
Cette dimension transparaissait clairement lors de la conférence du 7 mai. Le maire ne se contentait pas de défendre des politiques municipales; il cherchait surtout à transmettre une compréhension scientifique des phénomènes climatiques, estimant que plusieurs débats publics demeurent prisonniers d’une compréhension « en surface » des enjeux.
À plusieurs reprises, Paul Germain a insisté sur le fait que les changements climatiques ne relèvent pas d’une question idéologique, mais physique et scientifique. Une position qu’il résumait déjà dans La Presse en affirmant que « nos démarches politiques [doivent être] appuyées sur la science ».
Dans un contexte où plusieurs municipalités peinent déjà à absorber les coûts liés aux inondations, aux infrastructures ou aux épisodes météorologiques extrêmes, cette conférence prenait aussi l’allure d’un appel à une prise de conscience collective.
