Conférence sur l’Alzheimer

Jacinthe Laliberté
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Une maladie qui dérobe notre mémoire

Jacinthe Laliberté – La conférence sur l’Alzheimer, L’aide d’aujourd’hui, l’espoir de demain, organisée par le comité des aînés de Piedmont, a eu lieu le jeudi 16 novembre à la Salle polyvalente de la Gare. Elle avait pour but de démystifier l’Alzheimer, la maladie dégénérative la plus répandue et qui fait partie du groupe nommé « la démence »¹. Une personne sur cinq en sera atteinte d’ici quelques années. La population étant vieillissante, il faut s’en préoccuper, mais qu’en est-il des autres générations qui pourraient être les prochaines concernées ?

Quelles sont les connaissances que nous avons de cette maladie évolutive du cerveau ? Notre compréhension de cette dernière provient, souvent, de mythes qui nous induisent en erreur. Toutefois, des appréhensions en découlent, à juste titre, puisque cette maladie dérobe nos biens les plus précieux : nos pensées, nos émotions, en définitive, notre mémoire.

Dans le cadre de cette conférence des plus intéressante, plusieurs volets ont été abordés pour mieux aiguiller les personnes présentes. La conférencière, Mme van Hilst, se fit rassurante en exposant les dernières recherches, les interventions offertes pour soutenir autant la personne atteinte que l’aidant naturel ainsi que les ressources indispensables pour briser l’isolement.

La maladie et ses constituants

D’entrée de jeu, Mme van Hilst, travailleuse sociale à la Société Alzheimer Laurentides, a, d’emblée, présenté les signes précurseurs de la maladie. La perte de mémoire affectant les habiletés usuelles, la difficulté à exécuter des tâches; la désorientation dans l’espace et dans le temps n’en sont que quelques-uns.

Les premiers facteurs de risque non modifiables sont, naturellement, l’âge suivi de près des antécédents familiaux. Une autre catégorie de facteurs à risque dite « modifiable » tels l’hypertension, le tabagisme, la mauvaise alimentation, le manque d’exercice et sans oublier le stress, est, sans contredit, la catégorie sur laquelle nous avons le plus d’ascendant.

Le diagnostic ne peut être posé que par un médecin ou un spécialiste. Attention aux tests que l’on retrouve sur différents sites internet ! Oui, ils peuvent être des éléments déclencheurs à l’obtention d’un diagnostic précoce. Mais non, ils ne peuvent nous l’assurer. N’ayant pas de test spécifique, les médecins doivent procéder à une évaluation pouvant éliminer d’autres causes toutes aussi importantes comme la dépression, les interactions médicamenteuses ou les abus d’alcool.

Concernant la médication, le but ultime des chercheurs, selon Mme van Hilst, est de trouver le bon médicament qui arrêterait la maladie, mais ces derniers n’y sont pas encore arrivés quoique rendus à des phases avancées d’expérimentation. Pour l’instant, les médicaments peuvent atténuer les symptômes, mais ne guérissent pas la maladie. L’efficacité du traitement varie d’une personne à l’autre. Alors donc, certaines thérapies comme la musicothérapie, la zoothérapie combinées à des activités cognitives et la médication peuvent améliorer la qualité de vie de la personne atteinte. Incontestablement, la stimulation est grandement recommandée.

La personne atteinte et son aidant naturel

L’aidant naturel est ou sera, lui aussi, victime en quelque sorte de la maladie. Dix signes précurseurs sont à surveiller notamment, l’isolement social, l’épuisement, l’anxiété. Pour Mme van Hilst, l’Alzheimer est une maladie difficile à vivre autant par la personne atteinte que par celle qui en prend soin. Les deux ont ou auront, un jour ou l’autre, besoin d’aide. « La personne atteinte de l’Alzheimer et l’aidant naturel sont indissociables, » dit-elle.

La Société Alzheimer Laurentides préconise l’approche « humaniste » centrée sur la personne atteinte ainsi que sur le proche aidant. Comme cette approche se veut sécurisante, il est assuré que les deux en profiteront. « Les intervenants se concentrent sur les peurs, l’anxiété et les inquiétudes de l’un autant que de l’autre pour les amener à mieux les percevoir et les comprendre, » tient-elle à souligner.   Pour ce faire, les interventions sont organisées selon le besoin : des rencontres mensuelles de groupes pour les aidants naturels ou des rencontres individuelles et même familiales selon la demande.

Des stratégies d’approche sont proposées par l’équipe de cet organisme. L’emphase est mise, par exemple, sur l’humour qui assure un climat moins stressant, sur la valorisation des capacités restantes de la personne atteinte, sur une communication active qui permettra de garder un certain contact malgré la progression de la maladie.

La Société d’Alzheimer Laurentides et ses services

La Société d’Alzheimer Laurentides, organisme à but non lucratif fondé en 1983 se donne comme mission d’informer, de soutenir et d’accompagner les personnes atteintes de la maladie et leurs aidants naturels. Elle a trois points de service : Sainte-Agathe-des-Monts, Sainte-Thérèse et Mont-Laurier où un bon nombre de services sont offerts.

Vous trouverez des informations sur le site Société Alzheimer Laurentides.

Mme van Hilst conclue sur cette note philosophique : « S’il faut tout un village pour élever un enfant, il faut toute une famille pour prendre soin d’une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer ».

  1. Dépliant de la Société de l’Alzheimer des Laurentides « Maladie d’Alzheimer, De quoi s’agit-il? »
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