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Bruno Montambault

On apprenait le 23 mars dernier que la municipalité pourra enfin avancer dans le dossier des travaux de réfection de l’usine d’épuration Mont-Rolland et des ouvrages de surverse, alors que le ministère des Affaires municipales (MAM) annonçait qu’il lui octroyait une aide financière de 3 969 835 $. Après plusieurs mois de retard sur le précédent échéancier, Sainte-Adèle va ainsi pouvoir commencer la mise aux normes de ses infrastructures municipales.

En plus de cette aide financière gouvernementale, la municipalité prévoit ajouter 1718165$ (représentant un investissement total de 5688000$) afin de réaliser les travaux de réfection les plus urgents, soit 4 projets majeurs : travaux de réfection des infrastructures d’égout, d’aqueduc et de chaussée

sur la rue Dumouchel et sur la rue Blondin; remise à neuf de l’une des plus importantes stations de pompage et de l’usine d’épuration Mont-Rolland; et construction d’un égout pluvial sur les rues Bélec et Notre-Dame. Selon le directeur général de Sainte-Adèle, monsieur Richard Blouin, «d’ici l’automne, les quatre chantiers devraient être en soumission ou en construction.»

Lors d’une entrevue en juillet 2008 avec monsieur Blouin, le Journal avait appris que le montant des travaux pouvait atteindre jusqu’à 12 millions de dollars. Alors, pourquoi le financement actuel des travaux ne représente-t-il que 5688000$? En réponse à cette question, monsieur Blouin affirme que l’enveloppe budgétaire du MAM était insuffisante et que celui-ci ne voulait accorder d’aide financière que pour les travaux les plus urgents, soit « tout ce qui pouvait avoir un impact sur la rivière du Nord ». Ainsi, Sainte-Adèle commencera par les 4 chantiers prioritaires et reformulera ensuite une nouvelle demande de financement auprès du ministère. Selon le dernier échéancier de l’administration municipale, les travaux auraient dû commencer en févriermars de cette année. Cela signifie que le processus a environ sept mois de retard et qu’il faut d’abord procéder à l’adoption du règlement d’emprunt, aux appels d’offres, à la finalisation des plans et devis et à l’octroi des contrats avant de commencer l’exécution des travaux.

Réduire la pollution

Il y a bientôt deux ans, en mai 2007, la ville de Sainte-Adèle et l’organisme Abrinord signaient une entente dont l’objectif était de réduire de 90% les concentrations de coliformes fécaux à la sortie de l’usine (passant de 50000 à 5000 ufc/100 ml). Pour atteindre cet objectif, il s’agira notamment d’installer un système de traitement tertiaire de désinfection à ultraviolet (les rayons ultraviolets pénètrent les cellules des bactéries coliformes ce qui les empêche de se reproduire et entraîne leur mort) et de nouveaux tableaux de contrôle par ordinateur à l’usine Mont-Rolland.

Aussi, l’entente supposait une diminution de près de 50% de rejets dans la rivière du Nord. Pour ce faire, l’usine devrait être en mesure de recevoir l’afflux de boues sanitaires d’environ 2000 maisons supplémentaires et la construction d’un égout pluvial sur les rues Bélec et Notre-Dame permettra de séparer les eaux de surface des eaux sanitaires. Donc, le réseau sera mieux disposé à supporter des périodes de forte pluie et de fonte de neige, diminuant ainsi les rejets inutiles d’eau non traitée et réduisant considérablement la pollution de la rivière du Nord.

Influence de Sainte-Agathe?

Lors de l’entrevue de juillet 2008 avec monsieur Blouin, ce dernier expliquait que la municipalité devait recevoir une réponse du MAM pour leur demande de financement dans le mois qui suivait. La réponse est finalement arrivée… le 23 mars 2009, sept mois plus tard. Sans vouloir sombrer dans la théorie du complot, il est surprenant de voir qu’elle survient environ un mois après le verdict de la cour supérieure Cour Supérieure du Québec d’ordonner à la ville de Sainte-Agathe-des-Monts de «cesser tout déversement à la rivière du nord d’eaux usées non traitées ». Monsieur Blouin ne croit pas qu’il y ait de lien entre cette décision et l’arrivée du financement gouvernemental à Sainte-Adèle. Pourtant la situation nous porte à réfléchir sur l’influence qu’a pu exercer ce précédent juridique, où un tribunal a ouvertement critiqué le «laxisme persistant» des autorités municipales

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