Culture

Où il est aussi question de « tu »

L’interrogation Parmi les particularités du français parlé au Québec, la plus remarquée est sans doute celle du tu des questions. Pour en comprendre l’origine, il faut cependant distinguer le tu viens-tu? et le tu’suite, lequel dérive du tout de suite en deux étapes de raccourci. Les sonorités parentes D et T sont en effet souvent confondues quand elles se suivent dans le discours, la force du Tconduit dans ce cas-ci à un toute suite, puis à un tute suite, avec la finale encore plus brève du tu’suite. Notre tu de l’interrogation, quant à lui, vient de plus loin dans le jeu des sonorités. Dans le temps aussi, d’ailleurs, puisque la forme originale du ne voilà-t-il pas (appuyant un fait surprenant) est attestée comme sous la graphie d’un voilà-ti pas depuis bien avant Molière, qui l’utilisait dans ses pièces au XVIIIe siècle. Il dérivait aussi en v’la-ti pas, qu’on retrouve plus tard sous la plume de divers auteur.es français, dont Maupassant, soucieux de faire écho à la langue parlée populaire. Mais on l’utilisait aussi en Picardie et en Normandie, à l’époque où certaines gens sont venus* en Nouvelle-France, et chez nous, c’est entre autres chez Vigneault, dans sa « Danse à Saint- Dilon » qu’on en trouve l’usage dans son « Les mardis puis les jeudis, ça ferait-ti ton bonheur? ». On comprendra ensuite le passage à ça ferait-tu…

La bravoure de Jean de Vauquelin

Une période où l’on se battait avec honneur Daniel Machabée  danielmachabee@journaldescitoyens.ca  – Lors des hostilités pendant la guerre de Sept Ans, il y eut des personnages dont l’Histoire n’a retenu que le nom, et d’autres qui s’illustrèrent de façon héroïque dans cette période où l’on se battait avec honneur. Un de ces personnages est Jean de Vauquelin. Dépêché en Amérique en qualité de lieutenant, il arrive à l’Isle Royale (Cap-Breton) en juin 1758 et malgré le blocus des Anglais, réussit à pénétrer dans Louisbourg et prend une part active à la défense de la forteresse. En juillet, il force de nouveau le blocus pour sortir et réussit à rejoindre la France où il reçoit les félicitations du ministre de la Guerre, le maréchal de Belle-Isle. Revenu en Nouvelle-France comme capitaine l’année suivante, il commande la flotte qui vient prêter main-forte aux Français dans la vallée du Saint-Laurent. Il reçoit comme directive du général Montcalm de bloquer l’accès au fleuve en amont de Québec avec deux frégates, l’Atalante et la Pomone, toutes deux mouillées à l’Anse-des-Mères. Or, le gouverneur Vaudreuil, qui était souvent en conflit avec les officiers militaires, donne l’ordre à Vauquelin d’envoyer ses deux frégates plutôt à Deschambault, afin de protéger les magasins de…