Culture

Je me souviens

L’origine de notre devise nationale Daniel Machabée – Elle est partout sur nos routes depuis 1978, cette devise nationale résumée en trois mots simples : Je me souviens. Mais à quoi exactement cette devise fait-elle référence ? Après l’adoption de celle-ci sur nos plaques d’immatriculation, un vox pop du journal Montreal Star révéla que les Montréalais avaient des interprétations très variées sur sa signification : la Conquête, l’élection du Parti québécois en 1976, le Rapport Durham. En ne fournissant pas de documents officiels ni d’explications sur ce changement, le gouvernement québécois favorisa nettement l’ambiguïté autour de sa signification. Revenons à la fin du XIXe siècle pour la petite histoire. L’auteur du Je me souviens Tout commença discrètement en 1883. À cette époque, l’hôtel du Parlement à Québec était en pleine construction. Eugène-Étienne Taché, commissaire adjoint des terres de la Couronne et architecte du futur édifice, fit graver dans la pierre, sous les armoiries du Québec offertes par la reine Victoria en 1868 pour son entrée dans la fédération canadienne, la phrase Je me souviens. Au début des années 1960, lors de travaux de rénovation, on sculpta les armoiries du Québec adoptées par le gouvernement en décembre 1939 sous Adélard Godbout, accompagnées de la devise. Cette devise, employée officiellement par le…

Mots et mœurs

Seize? Gleason Théberge -Quand nous vérifions n’importe quelle quantité d’objets, nous ne nous étonnons pas des quelques incohérences des mots que nous avons appris à énumérer machinalement. Les chiffres qui produisent les nombres ne sont intéressants que pour l’usage que nous en faisons, sauf peut-être ceux qui décrivent les très grandes quantités, dont nous sommes incapables de différencier de valeurs comme mille, milliard, million, billions et trillions. Ils sont pourtant issus comme nous de codes génétiques pluriels mais ayant tous comme ancêtre commun le corps humain. Les doigts des deux mains ont ainsi généralement fait dominer une logique de dix chiffres (si le zéro est inclus) prolongés en autant de dizaines : trente, quarante… Certaines pratiques européennes ou d’autres civilisations comme celle des Mayas y ajoutaient les orteils pour des calculs basés sur le nombre vingt. En français, on en retrouve aujourd’hui une trace avec les quatre-vingts et quatre-vingt-dix, que concurrencent, entre autres en Belgique, l’octante (80) et le nonante (90), mais aussi le septante (70).  Mais une autre logique prévaut toujours avec les heures de jour ou de nuit, dont le douze provient de la totalité des trois sections osseuses de chacun des quatre longs doigts d’une main, appelées phalanges, sur lesquelles se reportait le…